2 octobre 2022
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Des anciens appelés du service national doublement pénalisés

POLEMIQUE

Des anciens appelés du service national doublement pénalisés

Les anciens appelés du service national âgés de 60 ans qui ont cotisé moins de treize ans, bénéficient non seulement d’une pension de retraite des plus insignifiantes, mais sont en plus privés des deux ans qu’ils avaient passés dans les rangs de l’ANP.

Si quelqu’un d’entre eux cherche à savoir pourquoi, on lui dirait que « c’est la loi » et que « le législateur en a décidé ainsi ». Drôle de législateur qui enlève deux ans de service national au  zaouali et les ajoute au mieux loti.

Le législateur n’imagine certainement pas le degré de frustration qu’il a dû provoquer chez quelqu’un qui a passé deux ans de service national, mais qui en a été privé, sous prétexte qu’il a cotisé moins de treize ans, ou qu’il a demandé et obtenu une retraite anticipée. Ainsi donc, les Algériens sont égaux devant les obstacles du parcours du combattant et sur le champ de tir, mais inégaux dans la comptabilisation des deux ans de service national dans leur retraite.

A titre de comparaison, les Algériens qui ont passé le service militaire dans les rangs de l’armée française durant la colonisation bénéficient tous, sans exception, d’une pension en dinars qu’ils peuvent changer en euros dans une banque algérienne. Et ceux qui, pour une raison ou une autre, se trouvent dans le besoin, le service des anciens combattants leur offre une aide régulière de 50 000,00 DA, et prend en charge tous leurs soins médicaux.

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C’est la politique du deux poids deux mesures qui a incontestablement perverti le goût d’aller accomplir son service national en Algérie. Les Algériens sont inégaux devant le service national. Les uns ont en tiré un immense profit, d’autres l’ont évité par piston, d’autres encore ont tout simplement gâché deux ans de leur vie pour rien.

Pour l’anecdote, en janvier 1981, le neveu d’un ministre en poste s’est présenté au CFS de Khenchela pour passer son service national. Ses camarades de la 2ème compagnie étaient ravis de côtoyer le neveu d’un ministre, très sympathique du reste. Après la formation commune de base (FCB) et les six jours de permission qui ont suivi, le neveu du ministre n’est pas revenu, il s’est contenté d’envoyer par colis postal sa tenue de sortie au CFS avec un seul mot : Merci.

« Il aurait dû revenir terminer la formation de quatre mois et repartir avec le grade de sergent en nous disant au revoir », a commenté à l’époque un émigré venu de Paris accomplir son service national à Khenchela.

« Le service national, un devoir, un honneur, une formation », telle est la chute d’un communiqué qui passe en boucle ces jours-ci dans les médias publics algériens.

Oui, le service national pourrait être tout cela, mais à condition qu’il soit obligatoire pour tout le monde, et qu’il soit comptabilisé dans toutes les retraites, fussent-elles minimes ou anticipées.

Auteur
Ahcène Bettahar    

 




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