25 mai 2024
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Dialogue virtuel dans les arcanes du pouvoir

OPINION

Dialogue virtuel dans les arcanes du pouvoir

Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tant de bruit ? Pourquoi la rue grouille de monde ? Pourtant il n’y a eu aucun match de football ces jours-ci.

– Mon Général, les citoyens sont sortis dans la rue pour dénoncer…

– Dénoncer-quoi ? Que veulent-ils encore ? Sont-ils manipulés et par qui ? Par cette opposition de pacotille peut-être!!

– Non mon Général, Ce n’est pas l’opposition qui les manipule. Ce sont les problèmes qui les font réagir.

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– Qui sont-ils donc et qui les a appelés pour protester ainsi ?

– C’est le Peuple profond qui veut siffler la fin de la partie qui se joue depuis 1962. Après avoir bu l’amertume jusqu’à la lie et supporter l’indignité jusqu’à l’avilissement, le Peuple sort dans la rue pour dénoncer tout le système politique de gouvernance et compte ainsi recouvrer sa dignité, longtemps bafouée. Toutes les déclarations/pétitions comportent un vocable : Dégagez. Avec ce mot considéré par eux comme magique, ils veulent en finir avec la nomenklatura du système et tous les affiliés.

Cela a commencé à Kherrata, petite ville coincée entre Béjaia et Sétif, comme pour rééditer l’historique protestation du 8 mai 1945.  Les citoyens dénoncent la mise en branle du processus électoral biaisé, contrôle par les larbins du système et par une administration inféodée, pour généraliser la demande de départ/déguerpissement de tous ceux qui sont impliqués dans les affaires scabreuses au nom d’un nouvel ordre auquel aspire Sa majesté le peuple. C’est ainsi que sont signées les décisions prises en assemblées générales… dans la rue.

Le peuple a décidé de surseoir à toutes les décisions engagées jusqu’à la mise en place de nouvelles institutions commandées par les hommes et des femmes qui auront son aval. Pour toutes les autres décisions qui ne le confortent pas, il y a répétition du terme magique : Dégagez. Le peuple veut redorer le blason des institutions qui sont jusque-là clochardisées car squattées par les hommes et des femmes qui ne défendent que les clans qui les rétribuent.

– Le peuple réclame la liberté d’expression et celle d’entreprendre, la dignité, la démocratie, l’indépendance de la justice, etc. il réclame une nouvelle autorité qui satisfasse toutes ces doléances mais avec des citoyens non impliqués dans le système qui a géré les affaires de l’Etat depuis 1962 et qui a quasiment privatisé l’Etat mis entre les griffes d’une maffia qui a siphonné tous les revenus de l’Etat. Il rejette aussi la ‘’justice’’ qui travaille la nuit et qui reste aveugle durant le jour : cette justice virtuelle qui agit sur téléphone pendant que les Codes et les corpus juridiques sont emprisonnés sous les tonnes de poussière et la main lourde des tenants du système.

– Mais cela est insensé ! ils ne peuvent pas demander ça. Les lois de la république sont claires et sont une ligne rouge à ne pas transgresser.

– Justement, ils réclament l’application des lois en vigueur. Ils sont soutenus aussi par les magistrats qui se sont sentis floués jusque-là et qui demandent à être libres et désignés par leurs Pairs et non par la chancellerie qui courbe l’échine devant les forces extraconstitutionnelles.

– On doit mettre en œuvre la constitution en vigueur dans laquelle on peut toujours trouver des recettes à toutes ces questions afin de contrecarrer cette dynamique, chaque vendredi un peu plus forte et soutenue.

– Le peuple refuse cette éventualité car cette Loi des Lois n’a pas été votée par Lui et fait remarquer le nombre de fois qu’elle a été violée dans le seul but de sauver le système. Le peuple dénonce la légalité et la légitimité de façade entachées par la fraude organisée, dans le seul but de se constituer une majorité de façade qui ne sert que les intérêts des clans et non du pays.

– C’est quoi ça ? Si ce n’est un comportement ‘’bourgeois’’ inconnu dans nos mœurs et auquel on n’est pas habitués. On se rend compte que ce peuple s’est instruit en marge du Pouvoir malgré la mise en place d’un système éducatif qui ne produit que des idéologues au lieu de former des Citoyens.

– Justement, ce comportement nouveau a été forgé par la violence mise en place par le système qui a souvent réprimé dans le sang chaque tentative de revendication de la démocratie ou de liberté à l’exemple de quelques événements majeurs réprimés en 1963, 1988, 2001, etc.  Les manières fortes ne payent plus car les réseaux sociaux sont là pour porter à la connaissance de communauté internationale toutes les dérives. Devant tant de violence, sa majesté le peuple a décidé de contrecarrer les méthodes du système par la sérénité citoyenne et un civisme hors pair. Après avoir bu le calice jusqu’à la lie, les peuple engage une nouvelle façon de lutter pacifiquement par des protestations hebdomadaires dans un esprit de stoïque fierté qui fait de Lui un modèle envié et jalousé par d’autre peuples.

Les citoyens sont en phase dans toutes les régions du pays malgré les tentatives de divisions employées par les caciques du système. Dans toutes les régions, on emploie un mot d’ordre majeur : ‘’ Dégagez’’. Ce mot d’ordre est répété chaque vendredi, lors des Congrès hebdomadaires durant lesquels sont votées ses décisions et revendications : Représentants légitimes, intègres, non impliqués dans le Système en place et qui croient en le génie du peuple et à l’unité du pays meurtri. Il est impératif de ‘’Dégager’’ la place et mettre en hors-jeu les quelques remparts, affiliés aux loges maffieuses qui se réfugient encore dans les institutions afin de ne pas gâcher la sérénité du Peuple qui refuse la violence et qui la dénonce et qui veut aussi que la justice soit rendue en son nom, sans aucune interférence.

Le travail est ardu mais pas impossible. On ne doit pas se réfugier dans une légalité de façade. Le problème est politique. Il n’y a pas plus légitime et légal que les votes, grandeur nature, organisés tous les vendredis sur les places des 48 wilayas. A toi mon général, au boulot pour se mettre au diapason du Peuple et pour l’Histoire qui s’écrit aujourd’hui.    

 

Auteur
Arezki Zerrouki

 




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