26 septembre 2022
spot_img
AccueilCultureEl-Djida Tamectuḥt : dans la "soupe" des studios à… six ans !

El-Djida Tamectuḥt : dans la « soupe » des studios à… six ans !

Impérieuse culture du terroir 

El-Djida Tamectuḥt : dans la « soupe » des studios à… six ans !

Tout comme Obélix et sa potion magique, El-Djida Tamectuḥt est tombée dans la soupe radiophonique dès sa tendre enfance. Elle a commencé à fréquenter les studios de la radio à l’âge de six ans. Entrainée par sa tante qui n’était autre que l’imposante Lla Yamina, celle qui fut la doyenne de la radio kabyle dans les années 1930 (*).

Il est à regretter, encore une fois, le manque d’informations sur ces statures de la chanson qui ont marqué leur temps. 

Concernant El-Djida Tamectuḥt, la seule référence que nous ayons trouvée est un entretien accordé à L’est Républicain en date du 02 avril 2014 (**).

On y apprend que notre Tamectuḥt, de son vrai nom Djida Arab, serait née en 1944 (déduction, par simple extrapolation des quelques renseignements qu’elle donne d’elle-même) à Ighil Ali, wilaya de Bejaïa.

- Advertisement -

Dans cet article, El-Djida s’étend plus sur la carrière de sa tante que sur son propre parcours. Concernant ses débuts à la radio, on retiendra ces quelques éléments de réponses aux questions posées lors d’un entretien accordé au journal de l’est : 

« Pour moi, au début de l’enfance, c’était un jeu. J’étais la plus jeune. Je chantais, je tenais même des rôles dans de petits sketchs. La radio, ce n’était pas nouveau parce que, par le biais de ma tante, je savais déjà qu’il y avait la chanson mais c’était magique. Je chantais, je participais à des spectacles, tenais des rôles dans des sketchs, j’ai fait de la danse classique. 

Mme Lafarge m’avait inscrite dans une école de danse classique au Télemly, et grâce à elle je me retrouvais à l’opéra. Tout cela, pour une enfant, c’était un véritable conte de fées, surtout que ce n’était pas du tout commun à l’époque pour une enfant algérienne. J’ai eu des professeurs de chant, de vocalistes, M. Ginot et Mme Lionetti qui venaient à la radio.

Dans la chorale, on avait des sopranos, des altos, des voix aussi parfaites les unes que les autres car elles étaient toutes travaillées et avaient de bonnes bases. Mais parallèlement, j’étais à l’école primaire de la Redoute, derrière le Monoprix, école de la Placette jusqu’en 1962. Cela étant, cela devenait difficile. Il fallait faire des tournées artistiques…

Pour la chorale féminine, chacune composait sa chanson. Elle répétait juste une demi-heure avant le direct. C’était en quelque sorte du spontané. Jusqu’aux années 1950, les choristes n’avaient ni auteur ni compositeur. 

Cheikh Noureddine, dans les années 40, avait formé un orchestre qu’on appelait l’Orchestre de la radio avec lequel Lla Yamina et son groupe se produisaient mais elles ne chantaient que ce qu’elles avaient elles-mêmes créé. Les auteurs compositeurs sont venus bien plus tard. Il y eut alors Malek Ahmed qui composait des musiques pour l’enfantine comme « Sbah zik i tafrara » (dans le genre des chansons de Ourida), mais les paroles étaient toujours de Lla Yamina, ou de Mme Lafarge même. »

El-Djida a arrêté la chanson à la fin des années 1960 pour mieux s’occuper de ses enfants qui avaient grandi.

Parmi les titres phares de son répertoire, on retiendra « Ajeǧig », « Tiqcicin n’Leqbayel », « A tamurt iw », « A takatemt » et « Win aɛzizen ». Cette dernière est sans doute la chanson la plus connue car elle constitue la rampe de lancement de sa carrière, avec un passage télé très remarqué à l’époque. Nous vous en proposons la piste audio ainsi qu’une traduction qui démontre toute l’innocence de la relation qu’entretiennent nos jeunes filles avec leurs prétendants, et ce passage obligé par la case paternelle pour valider tout émoi secret. Les paroles originales sont simples à comprendre car l’articulation y est très fluide.

« Win aɛzizen », celui qui m’est cher

Celui qui m’est cher

Est venu voir mon père

Nos regards se sont croisés

L’amour en mon cœur est né

 

Joyeuse et enchantée

C’est le grand jour, place aux festivités

C’est l’être aimé

Qui dans le préau vient de rentrer

 

Joyeuse et enchantée

Mes voisines sont invitées

C’est l’être aimé

Qui vient d’arriver demoiselles

 

Joyeuse et enchantée

J’invite les filles de ma contrée

Voilà l’être aimé

De céans je le vois arriver

 

Joyeuse et enchantée

Avec moi toutes mes amies

C’est l’être aimé

Ce sera bientôt mon mari.

(*)https://lematindalgerie.comlla-yamina-la-doyenne-de-la-chanson-kabyle-du-xxe-siecle

(**) http://lestrepublicain.com/index.php?option=com_k2&view=item&id=9708:djida-arab—gr%C3%A2ce-%C3%A0-ma-tante-lla-yamina-cherifa-a-rejoint-la-radio-vers-1945&Itemid=684

Auteur
Kacem Madani

 




ARTICLES SIMILAIRES

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus lus

Denis Martinez, chaînon médian de la peinture algérienne et de sa trame historico-mnésique (2)

Dix-sept années après avoir surmonté les souffrances psychologiques du renoncement subi, le septième témoin Denis Martinez racontait à Pierre Baum l’imbroglio du contrôle...

Les plus populaires

Commentaires récents