29 septembre 2022
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En Algérie, « les décisions se prennent en dehors des institutions », dénonce Ali Benflis

Déclaration lors de la 5e session de son parti

En Algérie, « les décisions se prennent en dehors des institutions », dénonce Ali Benflis

Nous publions des extraits du discours d’Al Benflis à la session du comité central de son parti.

(…) Ce n’est pas une clause de style, ni une volonté délibérée de noircir le tableau pour des desseins de politique politicienne, si, à chacune de nos rencontres, nous établissons le constat, que notre pays s’enfonce davantage dans la crise globale, que l’impasse politique se complique, que la crise économique s’aggrave, que la situation sociale se détériore. C’est malheureusement le constat, sans appel, d’une triste réalité que nous vivons.

Cela fait-il de nous des agents de l’ennemi intérieur ? Ou alors, des agents manipulés par des forces extérieures qui veulent déstabiliser le pays ? Non, à Talaie El Hourriyet, nous sommes des Patriotes,  des Patriotes, terriblement, jaloux de voir leur pays, qui ne manque ni de ressources, ni de moyens, faire « du sur place » alors que les autres pays avancent.

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Bien sûr, nous aurions voulu voir notre pays s’engager sur la voie de la démocratie, la règle  de droit régner sur notre quotidien et la souveraineté populaire sous-tendre toutes les légitimités (…)

Voilà ce que nous voulons pour notre pays. Hélas, nos désirs sont vite rattrapés par la triste réalité.

Notre pays s’englue dans l’autoritarisme, le champ de l’activité politique, associative et syndicale se restreint, l’étau se resserre sur les droits et les libertés publiques.

Notre pays stagne quand il ne recule pas. Il n’est pas gouverné au sens moderne du terme. Il est rentré dans une phase de « gestion des affaires courantes » qui risque de durer au-delà de 2019.

Notre pays subit une crise économique et sociale sans précédent. Une grande partie de la population est condamnée à la paupérisation. Les plus vulnérables vont s’enfoncer dans la pauvreté.

Notre pays  voit son image de marque se détériorer, de jour en jour, dans le concert des Nations. Il est perçu comme un pays qui matraque ses enseignants et ses médecins, qui ne respectent pas les droits et libertés de ses citoyens, qui maltraite les migrants, qui fait fuir sa jeunesse, qui étouffe toutes les voix dissidentes, un pays inhospitalier où il ne fait pas bon vivre.

Voilà ce que, malheureusement, le pouvoir politique en place a fait de notre pays !

Mesdames et Messieurs,

C’est un fait que notre pays vit, depuis de longues  années, une crise globale. Le vide au Sommet de l’Etat a eu, et continue d’avoir, des conséquences handicapantes pour l’ensemble de la vie politique, institutionnelle, économique, sociale  et culturelle et le positionnement de notre pays dans notre région et dans le concert des nations.

Notre pays est dans une impasse politique totale. Les décisions se prennent en dehors des institutions.

Les forces extraconstitutionnelles agissent « sans visage ». Les prérogatives présidentielles sont détournées, usurpées. Les lobbies squattent les arcanes du pouvoir et veillent sur leurs intérêts. Le Premier ministre se fait souvent rappeler à l’ordre alors qu’il déclare appliquer le Programme du Président. Les décisions et les contre-décisions, les revirements du gouvernement désorientent les opérateurs économiques nationaux et étrangers. L’absence de cohésion gouvernementale sur des dossiers importants est manifeste. Les ministres, abandonnés à leur solitude face à la dégradation de leurs secteurs de responsabilité respectifs font leur aveu d’impuissance en attendant que l’oracle se prononce et apporte les solutions. Cette situation a provoqué immanquablement l’inertie et l’immobilisme.

Et malheureusement, ce qui préoccupe le plus le pouvoir, ce n’est pas la recherche de solutions à la crise globale, c’est le statu quo, garant de  sa pérennité.

L’approche de l’échéance présidentielle a, en effet, réveillé les ambitions et aiguisé les appétits au sein du sérail. Elle a exacerbé les rivalités entre les cercles du pouvoir qui s’activent à s’affaiblir les uns les autres en s’affrontant par médias et clientèles  interposés, pour se positionner dans le cas où la succession est ouverte. Tout cela alimente l’impasse politique qui gagne en complexité, et qui, conjuguée à la crise économique et à la montée des tensions sociales, présente un facteur d’aggravation de la crise globale qui affecte notre pays.

La perspective des élections présidentielles, vue par le pouvoir politique comme un rendez-vous pour proroger sa « fausse légitimité » par la méthode habituelle du détournement de la volonté populaire, a amené le pouvoir politique à adopter une démarche qui consiste à gérer le « statu quo » et à gagner du temps.

Il  joue sur la diversion pour détourner l’attention des acteurs politiques et du citoyen, d’une situation politique économique et sociale délétère et dévier le débat politique sur l’échéance présidentielle, un hypothétique 5éme mandat, et d’autres questions périphériques.

A Talaie El Hourriyet, nous ne nous laisserons pas dévier de notre trajectoire. La priorité des priorités, c’est la solution de la crise ! C’est la raison pour laquelle je ne m’étendrai ni sur les élections présidentielles, ni sur l’hypothétique « cinquième mandat ».Je le ferai le moment venu. Le pouvoir a son agenda. Nous avons le nôtre !

Le pouvoir politique s’affaire à baliser le chemin qui mène à 2019 en réduisant au silence toutes les voix discordantes, tous les avis divergents, en tentant de mettre au pas tout ce qui est perçu comme un obstacle potentiel. Il y a une volonté politique de restreindre les espaces d’expression et d’organisation de la société civile. La situation des droits et libertés se dégrade. Les associations qui refusent de faire acte d’allégeance au pouvoir politique en place subissent le harcèlement administratif et judiciaire. Les défenseurs des droits de l’homme, notamment les avocats, qui défendent les droits et libertés du citoyen devant les tribunaux sont exposés aux menaces et représailles quand ils ne font pas l’objet, eux-mêmes, de poursuites judiciaires.

Il y a, par ailleurs, une volonté de mise au pas de la presse. Les tracasseries administratives, financières et judiciaires, les pressions, l’intimidation, le chantage à l’octroi de la publicité, s’exercent sur les organes et les journalistes des médias de la presse indépendante, écrite, audiovisuelle et électronique, qui refusent de s’inscrire dans les limites étroites que le pouvoir trace à la liberté d’expression.

Les  activités syndicales sont réprimées en violation de la liberté et du pluralisme  syndicaux .De nouvelles conditions de représentativité sont imposées aux syndicaux autonomes  qui ont pourtant reçu des agréments.

Le régime en place s’efforce d’imposer son hégémonie à tous les segments de la vie politique, médiatique, économique et sociale et à étouffer toutes les voix qui s’écartent de la ligne officielle.

Mesdames et Messieurs ;

Le recouvrement de l’identité pleine et entière de la Nation est une cause nationale qui ne peut être confinée ni à la seule question de la langue amazighe ni à des régions spécifiques de notre vaste pays. La volonté du peuple algérien de recouvrer totalement une dimension essentielle de sa personnalité est partie intégrante et non séparable de la lutte pour la démocratie et les libertés. Elle n’est pas séparable non plus de la lutte visant à imposer la reconnaissance de la citoyenneté pleine et entière de tous les Algériens comme le premier des fondements du système politique national.

C’est toute l’Algérie qui doit se réconcilier avec elle-même, avec sa culture et son patrimoine.

Le peuple algérien est amazigh arabisé par l’islam. Le recouvrement de l’identité de notre Nation est un combat commun à tous les algériens. 

Mesdames et Messieurs,

Si l’impasse politique est totale. Qu’en est-il maintenant de la situation économique ? Avons-nous des raisons de nous satisfaire ?

Faute d’un plan anti-crise adopté à temps dès 2014 et après avoir essayé plusieurs formules qui étaient vouées à l’échec ,je veux parler de la mise en conformité fiscale qui n’est que le nom d’emprunt d’une amnistie fiscale déguisée, de l’emprunt obligataire national dont la portée s’est réduite à une ponction sur les ressources des institutions bancaires et des entreprise publiques, du Nouveau Modèle de Croissance, qu’on a vite fait d’oublier, le pouvoir politique en place a cédé à la facilité du renforcement de la pression fiscale sur les catégories sociales les plus défavorisées .

Au même moment, la sphère économique informelle prospérait. La fraude au commerce extérieur, l’évasion fiscale des gros contribuables,  la fuite des capitaux et la grande criminalité financière prenaient de l’ampleur face, à la fois, à l’incapacité et à l’incurie, conjuguées à l’absence de  volonté politique, et au déficit de légitimité des pouvoirs publics, pour lutter contre ces fléaux. Le recul du gouvernement concernant l’impôt sur la fortune en est la parfaite illustration.

Les gouvernements se sont succédé alors que la crise s’est aggravée. Le gouvernement actuel n’a pas innové. Comme ses prédécesseurs il a, une fois de plus, emprunté le chemin de la facilité, la voie de la fuite en avant, en adoptant comme solution miracle, le recours à la planche à billets, faisant un pari hautement risqué ,hasardeux et dangereux, sur la stabilité et la sécurité du pays.

Et, comme à son habitude, le gouvernement a fait fi de la levée de bouclier de l’opposition, des mises en garde des experts, quant aux risques d’un tel choix générateur potentiel de l’hyperinflation, de la hausse du chômage et de la pauvreté, de la fonte des réserves de change et d’une accélération de la dévaluation de la monnaie nationale.

Le gâchis économique continue. Le gouvernement navigue à vue, opérant volte-face et revirements déroutants en matière de choix et de décisions économiques, qui laissent perplexes les opérateurs économiques nationaux et les partenaires étrangers, au moment où l’amélioration du climat des affaires s’impose pour la mobilisation d’investissements pour la diversification de l’économie

Les déclarations contradictoires des membres du Gouvernement en charge du secteur économique, qu’il s’agisse des finances publiques, du commerce extérieur, du montage automobile, de la question des subventions, l’instabilité juridique, l’opacité, du processus de décision économique, illustrent une gouvernance chaotique de ce qui reste de l’économie nationale.

Le manque d’anticipation du gouvernement dans ses prises de décision et la légèreté avec laquelle il change de démarche illustre cette mauvaise gouvernance, encouragée par l’absence de contre-pouvoirs politiques et l’inefficience des organes de contrôle. N’est-ce pas le Parlement qui a donné son aval à deux plans d’action diamétralement opposés en l’espace de quatre mois ? N’est-ce pas le Parlement qui a donné  un « blanc seing » au gouvernement pour le recours à la planche à billets sans limite des montants, ni les modalités de remboursement de la Banque d’Algérie par le Trésor et surtout à quelle échéance, ni de contrôle indépendant.

A propos, qu’est devenu le Conseil national économique et social qui produisait rapports périodiques et attirait l’attention du gouvernement sur des problématiques économiques et sociales ?

Mesdames, Messieurs,

L’impasse politique et les choix économiques inappropriés ne pouvaient générer une situation sociale apaisée. La situation sociale est marquée par une montée spectaculaire des conflits sociaux .Une montée des tensions sociales, au demeurant, tout à fait prévisible, du fait des politiques d’austérité menées par le gouvernement.

La chute vertigineuse du pouvoir d’achat et  la paupérisation rampante de pans entiers de la population du fait d’une augmentation inconsidérée des prix des biens et services et de la dépréciation accélérée de la monnaie nationale, sans un ajustement conséquent des salaires des travailleurs, ont provoqué un mécontentement légitime de la population. Le contrôle de l’importation, de la distribution et de la  commercialisation des produits par des lobbies et des monopoles qui se livrent à la spéculation et aux pratiques illégales, au mépris de toute éthique commerciale et tiennent le citoyen en otage, en l’absence de l’Etat, ont plongé le consommateur dans la solitude face aux puissances de l’argent.

Comment s’étonner, dés lors, que la fronde fasse tache d’huile et que, syndicats, chômeurs, souscripteurs AADL, demandeurs de logements, habitants de bidonvilles, citoyens de villages et hameaux oubliés, étudiants et enseignants, médecins et paramédicaux , retraités, patriotes et gardes communaux, fonctionnaires des collectivités locales, employés de l’électricité et du gaz ,postiers, personnels d’Air Algérie,  observent des grèves , investissent la rue, tiennent des rassemblements, des sit-in, manifestent, pour faire valoir leurs droits bafoués, avancer leurs revendications socioprofessionnelles ignorées ou demander l’accès à des services sociaux au nom de la justice sociale et de la citoyenneté ?

Plutôt que d’être  l’écoute des citoyens, le pouvoir politique en place n’a pas hésité à recourir aux méthodes et aux instruments de la répression, propres aux régimes autoritaires : usage inconsidéré de la force , menaces  de représailles, instrumentalisation de la Justice, répression administrative notamment les licenciements et les retenues sur salaires, discrédit des syndicats en dressant les parents d’élèves contre les enseignants, les familles des malades contre les médecins résidents et les paramédicaux, les voyageurs contre les personnels d’Air Algérie .

Le pouvoir politique a tenté, en vain, de monter la population contre les mouvements de contestation en usant de la stratégie de la peur et du chantage à la stabilité, en désignant des boucs émissaires qu’il croit trouver tantôt dans la « main étrangère  » qui voudrait provoquer « un printemps algérien », tantôt dans des « forces de déstabilisation internes » qui noircissent le tableau et sèment le trouble à l’approche des élections présidentielles.

Le pouvoir politique n’a pas compris que ce n’est pas aux agents de l’ordre public, au demeurant des fils du peuple, des citoyens comme les autres, de régler les conflits sociaux, dont la responsabilité est de son ressort.

Le pouvoir politique aurait mieux fait de s’interroger sur les raisons de cette fronde sociale qui sont à rechercher dans cette injustice sociale où l’on demande aux couches populaires de serrer la ceinture alors que les médias déroulent quotidiennement, une actualité faite de corruption, de malversations de deniers de l’Etat, d’évasion fiscale, lorsque l’Etat et ses serviteurs étalent aux yeux du citoyen un train de vie dont le faste est indécent dans une situation de crise économique, lorsque, les uns n’arrivent pas à joindre les deux bouts alors que d’autres amassent des fortunes à l’étranger ou se font construire des chambres fortes dans leurs domiciles pour entreposer  des sommes colossales qui ont emprunté les arcanes de l’informel. (…)

En recourant à la répression des mouvements sociaux le pouvoir politique viole tout à la fois, le droit de manifester pacifiquement, le principe de la liberté syndicale,  le droit de grève, et la liberté d’expression, consacrés par la constitution et pousse ces mouvements à la radicalisation.

Comment ne pas s’inquiéter, à cet égard, de l’enlisement qu’ont connu, ou connaissent encore, les mouvements de contestation dans deux secteurs névralgiques de la société, l’éducation et la santé.  Comment qualifier l’attitude des pouvoirs publics dans la gestion des conflits dans ces deux secteurs sinon d’inconscience, d’irresponsabilité et de mépris vis-à-vis de ceux qui diffusent la connaissance à nos enfants et forment le citoyen de demain et ceux qui nous soignent et veillent sur la santé du citoyen, dans des conditions souvent difficiles. La poursuite du mouvement de contestation des médecins résidents qui dure depuis plus de quatre mois et le risque de reprise de la contestation des enseignants  dénotent une incapacité des pouvoirs publics à résoudre les conflits sociaux par le dialogue, habitués à alterner répression et achat de la paix sociale, deux méthodes qui ne sont plus opérantes. La première parce que le citoyen a surmonté la peur. La seconde parce que le pouvoir n’en a plus les moyens.

Je ne saurais clôturer l’inventaire des éléments de cette situation sociale ,que j’aurais voulu plus encourageant, sans évoquer le phénomène de l’émigration illégale par voie maritime avec ses conséquences dramatiques et regretter que les autorités continuent à privilégier l’approche répressive qui a montré ses limites et à s’inquiéter du seul impact du phénomène sur l’image du pays à l’extérieur, au lieu de s’interroger sur les véritables raisons de ce phénomène pour y remédier .L’ampleur prise par ces départs périlleux de nos jeunes est révélatrice d’une détérioration des conditions de vie dans notre pays et, plus grave , d’une perception de l’absence de perspectives pour les jeunes. Le discours officiel sur les « opportunités » offertes à cette frange de la population ne porte plus, car derrière ce discours, il y a la dureté du système pour un jeune de la génération de l’internet, qui supporte mal l’étroitesse du champs des libertés individuelles, l’inégalité des chances pour l’accès au bien- être social, les frustrations de tous ordres, les maux sociaux bien présents dans les institutions et les administrations que sont le régionalisme, le népotisme, le favoritisme, les passe droits, la hogra. Les Harraga sont, à cet égard, les lanceurs d’alerte sur le marasme vécu par une grande frange de notre jeunesse faute d’une prise en charge de ses préoccupations, et d’une réponse adéquate à ses attentes.

Je ne voudrais pas clore ce chapitre de la situation sociale sans évoquer le cri d’alarme des citoyens de certaines régions frontalières du grand sud qui interpellent les autorités publiques sur, entre autres, le retard de ces régions en matière de développement socio-économique et  d’infrastructures de base. On ne peux qu’être admiratif de l’esprit de responsabilité et de la sagesse qui ont prévalu lors du rassemblement  pacifique organisé, récemment, à Tamanrasset, pour exprimer le malaise économique et social qui prévaut dans le grand sud .Il est de la responsabilité des autorités publiques d’ouvrir un dialogue avec les représentants légitimes des citoyens de ces régions sensibles et d’être à l’écoute de leurs préoccupations. Il y va de la consolidation de la cohésion nationale. (…)

Force est de constater, malheureusement, que tous les ingrédients d’un dérapage dangereux sont réunis : le rétrécissement de l’espace des libertés, des conditions de vie rendues plus difficiles avec les mesures d’austérité imposées aux couches populaires depuis le début de la crise économique et financière, la hausse des prix et du coût de la vie, l’érosion de la monnaie nationale, l’augmentation du chômage. Il est de la plus haute responsabilité du pouvoir en place d’éviter un tel dérapage. Comment ? En ouvrant un dialogue sincère pour une solution consensuelle de la crise globale que nous vivons.

Mesdames et Messieurs,

La recherche d’une solution consensuelle à la crise globale qui affecte notre pays est d’une urgence indiscutable  .Et ce ne sont pas les initiatives d’acteurs politiques allant dans ce sens qui ont manqué. Le pouvoir devrait saisir la chance d’être en face d’une opposition responsable qui a opté pour une démarche pacifique, consensuelle, pour la sortie de crise.

Malheureusement, il nous faut constater, que le pouvoir politique s’est enfermé, jusqu’à présent, dans une attitude autiste face aux appels répétés de partis politiques  de l’opposition et de personnalités politiques nationales, en vue de l’ouverture d’un dialogue national salutaire pour le pays.

Nous avons affaire à un pouvoir politique qui ne s’écoute que lui-même, qui ne parle qu’avec lui-même, partisan du monologue, qui ne pense qu’à sa survie, qui ne tolère ni l’opposition, ni les contre- pouvoirs, ni les experts. (…)

Je ne voudrais pas terminer mon intervention sans dire un mot sur les élections locales du 23 novembre dernier. En fait il n’y a pas beaucoup à dire, de nouveau, ce scrutin n’ayant en rien dérogé au mode d’organisation et de déroulement des scrutins précédents caractérisés par la fraude et l’abstention, sauf que cette fois-ci,  la fraude s’est manifestée plutôt que d’habitude, durant la phase de la collecte des parrainages et de la présentation des listes de candidats, alors même que l’opération de vote n’avait pas commencé. L’Administration qui  devait se contenter de vérifier si les candidats remplissaient les conditions exigées par la loi électorale  a dépassé ses prérogatives, en dressant un barrage infranchissable pour les listes de certaines formations politiques dont la nôtre.

Comme on s’y attendait, les élections locales ont permis au pouvoir en place de consolider son emprise sur les institutions du pays en détournant la volonté populaire. Le pouvoir en place persiste dans ses pratiques frauduleuses pour assurer sa survie, et n’est pas disposé à rendre la parole au peuple.

Mesdames et Messieurs,

On peut affirmer, sans risque d’exagérer, que notre parti qui, avait pris la décision souveraine de participer aux élections locales,  lors de la quatrième session du Comité Central, a été pratiquement empêché de prendre part à ce scrutin, par un appareil politico-administratif, qui lui a réservé un traitement spécial.

Le rejet massif de dossiers de candidatures de notre Parti pour des motifs «fallacieux», rejets souvent confirmés par les juridictions de recours « aux ordres », les intimidations des citoyens pour les dissuader d’accorder leur parrainage à ces listes, les abus de pouvoir et l’arbitraire ont constitué une  barrière administrative quasiment infranchissable dans la plupart des wilayas du pays.

Personnellement je ne regrette pas cette participation qui m’a permis de tenir seize meetings à travers tout le pays pour rencontrer les militants et les citoyens , expliciter le projet politique de notre parti  et partager les vues et positions du parti sur les grandes problématiques de la vie politique économiques et sociale de la Nation. Ce que je n’aurais pas pu faire en dehors de la campagne électorale compte tenu des restrictions imposées à l’activité des partis politiques dans notre pays. (…)

 

 




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