21 février 2024
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En tentant de manipuler la presse, Ould Kaddour pèche par défaut

Après ses accusations contre le DRS

En tentant de manipuler la presse, Ould Kaddour pèche par défaut

Il faut dire que la sortie  médiatique du PDG de Sonatrach qui a mis en avant l’affaire BRC et sa condamnation pour espionnage a mis en veilleuse l’affaire de l’achat de la raffinerie cilicienne et les différents bureaux d’étude qui défilent pour aider Sonatrach à comprendre pourquoi les investisseurs ne viennent pas en Algérie.

Comme par hasard son anecdote sur les 40 millions de d’experts Algériens a été fuitée bien avant dans un de ses relais médiatiques et qui montre incontestablement qu’il n’a plus d’arguments crédibles pour convaincre de sa démarche que de trouver  des parades pour éloigner l’opinion publique des vraies questions de l’heure.

D’abord et sauf ceux qui n’ont pas suivi l’affaire BRC à l’époque, aucune personne sensée n’aurait à l’époque pris Ould Kaddour pour James Bond et tout le monde doutait d’une ramification assez complexes de cette affaire pour pousser le président de la république de dissoudre cette compagnie mixte d’engineering algéro-américaine qui pourrait dans son sillage impliquées plusieurs personnalités du sommet de l’Etat.

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Présenter le problème comme un complot visant Chakib Khelil par l’ex-DRS, c’est tirer sur une ambulance. Pourquoi ? Parce que l’affaire BRC est dans son fond une affaire de surfacturations mise en enquête depuis 2006 par l’Inspection générale des finances et qui, à ce jour, n’a pas été bouclée et pourrait surgir d’un moment à l’autre. Sur cinq ans cette association algéro-américaine dont le patron de la partie étrangère n’est autre que Dick Cheney reconnu pour ses lobbies en Algérie a obtenu 41 gros marchés sous la forme d’ingénierie, approvisionnement et construction (EPC) et plus grave en gré à gré pour un montant global qui dépassait à l’époque les 2 milliards de dollars pour, comme le précise Ould Kaddour, remettre clé en main des hôpitaux militaires, des bases aériennes, des sièges pour le compte de la défense nationale et Sonatrach. Cette affaire n’a pas encore révélée tous ces secrets et explique les deux ans de prison que le patron de BRC a passé et pourrait encore y être impliqué si elle repasserait aux mains de la justice .Donc la mettre en avant de la sorte, c’est viser une manipulation de l’opinion publique qui encore une fois ne croit pas une minute à cette affaire d’espionnage et si c’était le cas notre ami « Abdou » ne serait pas avec nous aujourd’hui.

Pour revenir au fond des questions qui préoccupent plus l’opinion publique c’est le dossier d’achat de la raffinerie Augusta qu’Ould Kaddour justifie par son expertise en génie chimique, son diplôme du MIT et surtout ces 25 années d’étude. Il confirme le prix d’achat de la raffinerie d’un montant de 700 millions de dollars auxquels il faudra ajouter près de 210 millions de dollars de l’engagement ferme de Sonatrach auprès des autorités ciliciennes pour dépolluer prés de 360 hectares en attendant bien entendu de recevoir l’aval de l’organe de concurrence. Ce qu’on peut retenir, et cela éclaire de nombreuses zones d’ombres sur cette acquisition, que l’infrastructure de la raffinerie n’a rien à voir avec les trois terminaux de chargement et confirme les chiffres données par le quotidien français « Les échos » pour une bagatelle de 120 millions d’euros soit 144 millions de dollars en attendant ce qui apparaîtra au cours de son exploitation qui débutera à partir de janvier 2019.

Non seulement nous ne rapprochons des 2 milliards de dollars, mais ce que confirme Ould Kaddour s’éloigne des chiffres donnés par le représentant de l’Etat en l’occurrence le ministre de l’Energie dans un entretien accordé au doyen des quotidiens nationaux El Moudjahid le 12 mai, soit trois jours après la signature de l’accord où il évalue l’ensemble de l’achat à 570 millions de dollars après précise-t-il près d’une année de négociation que le gouvernement algérien a mené avec son homologue Italien. On comprend par là que si la discussion sur cet achat n’a pas été uniquement limitée de société à société, l’aspect assainissement de la situation fiscale d’Esso Italiana et surtout celui écologique devait être le plus important dans cette affaire.

Si l’on se réfère aux chiffres donnés par Ahmed Mezighi, son proche conseiller lors de la conférence dédiée à ce sujet, le chiffre d’affaire attendu durant les 12 années d’exploitation serait de 1,53 milliard de dollars. De ce montant il faudrait déduire  toutes les charges fixes et variables dont le transport aller retour de la cargaison de la matière première envoyée depuis le port de Skikda pour revenir sous forme de carburant pour la consommation interne.

Après paiement des impôts et dans le scénario le plus pessimiste pour arriver à une probabilité élevée, le résultat net ne dépasse pas les 80 millions de dollars ce qui signifie que le délai de récupération des capitaux engagés pourrait dépasser de loin la période d’exploitation. En supposant que les équipes de cette raffinerie coachées par ce dynamique PDG vont raffiner à pleine capacité soit 10 millions de tonnes par an, avec un taux de conversion moyen de 45% en essence et 22% en gasoil, on obtiendra en 2019 une disponibilité de 4,5 millions de tonnes d’essence et 2,2 millions de gasoil. Ceci est un scénario qui tend vers l’impossible parfait car très optimiste, mais prenons-le quand même.

La consommation attendue pour 2019 est de l’ordre de 5 millions de tonnes pour l’essence et 12 millions de tonnes pour le gasoil. Il est fait référence ici au chiffre 2016 publié par l’Agence de Régulation des Hydrocarbures avec une croissance annuelle de 7%. Peut être qu’on aurait résolu le problème de la consommation de l’essence mais en aucun cas celui du gasoil qui non seulement ne change rien à la facture d’importation mais aussi celui qui tire notre industrie vers le haut. Il faut préciser par ailleurs que ce n’est pas le citoyen moyen qui consomme le gasoil mais les gros transporteurs et les industriels.

De l’autre côté, la situation en Europe, « diésélisée » à près de 60%, offre de l’essence bon prix à l’exportation et en importe du gasoil dont les prix flambent et pour lequel Augusta ou pas, l’Algérie aura à en importer inévitablement. Donc, ce n’est malheureusement pas les 25 années d’étude ou un diplôme de génie chimique qui vont convaincre mais incontestablement ces chiffres-là.  

Auteur
Rabah Reghis

 




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