2 octobre 2022
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Faute de réformes, l’Algérie menacée d’une grave crise économique

CRISE

Faute de réformes, l’Algérie menacée d’une grave crise économique

« Avec un produit intérieur brut estimé à, à peine 156,1 milliards de dollars en 2016, l’Algérie est à l’évidence un pays qui crée peu de richesses. Trop de richesses que dizaines de nations et des centaines de firmes étrangères ayant un potentiel beaucoup moins importants que le nôtre dépassent allégrement », estime l’économiste Nourdine Grim.

Alors ? Des réformes sont urgentes en Algérie pour diversifier une économie dépendante aux hydrocarbures et éviter une crise économique dès 2019, a averti, lundi 19 novembre, le centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

Mais le feu est dans la demeure depuis déjà pas mal d’années. « Durant ces quinze  dernières années le trésor public aurait effet déboursé pas moins de 850 milliards de dollars pour réaliser des équipements publics, des dizaines de milliers de logements et diverses infrastructures de base pour n’obtenir au bout du compte qu’une croissance annuelle moyenne de 3% », constate Nourdine Grim. Ajoutant : « Durant ces quinze  dernières années le trésor public aurait en effet déboursé pas moins de 850 milliards de dollars pour réaliser des équipements publics, des dizaines de milliers de logements et diverses infrastructures de base pour n’obtenir au bout du compte qu’une croissance annuelle moyenne de 3% ».

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Puis à l’économiste d’enfoncer le clou avec ce terrible rappel : Pour prendre conscience de l’énormité des capitaux que l’Etat a dépensé sans être parvenu à changer grand-chose à l’état général de l’économie, il faut effectivement savoir que le plan Marshal de 1947 destiné à la reconstruction de tous les pays Europe affectés par les destructions allemandes, ne dépasse guère 17 milliards de dollars de l’époque, soit environ 200 milliards, à la valeur actuelle. Comparée à celles qui ont servi à la reconstruction de de pratiquement toute l’Europe d’après guerre, l’efficience des dépenses algériennes est à l’évidence dérisoire, pour ne pas dire, négligeable !!!

L’Algérie, qui tire l’essentiel de ses revenus du pétrole, a subi de plein fouet la dégringolade des cours entre 2014 et 2017. Or « les nouvelles réalités financières ne permettent plus de maintenir le niveau élevé de dépenses publiques des dix dernières années, qui vide rapidement les caisses de l’Etat », indique l’ICG dans un rapport intitulé « Surmonter la paralysie économique de l’Algérie ».

Un modèle « à bout de souffle »

« Malgré les promesses des gouvernements successifs de faire des réformes et de rééquilibrer les finances publiques, la paralysie politique a fait obstacle à toute mesure décisive », s’inquiète le centre. Cette paralysie est renforcée par l’incertitude autour d’une candidature du président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, à un cinquième mandat en avril prochain. En dépit du « rétablissement du cours du pétrole, la crise économique pourrait frapper le pays dès 2019 » et « se greffer aux tensions entourant la présidentielle », avertit l’ICG.

« Les autorités reconnaissent que le modèle actuel est à bout de souffle mais peinent à le corriger », souligne le rapport, regrettant que les réformes économiques « ont eu tendance à être reportées ». Selon l’ICG, deux facteurs paralysent celles-ci : « des groupes d’intérêt » influents qui « défendent le statu quo » et le souvenir de la guerre civile (1992-2002) née des troubles politico-sociaux ayant suivi les mesures d’austérité des années 1980 et 1990.

Le centre estime insuffisantes les coupes budgétaires et la «politique monétaire expansionniste, qui alimente l’inflation et permet seulement au gouvernement de gagner du temps sans s’attaquer aux problèmes de fond»« A terme, l’Algérie ne pourra pas se contenter d’apporter de petits ajustements techniques à sa politique économique », ajoute-t-il, jugeant inévitable une renégociation du « contrat social implicite » dans le pays, « à savoir que l’Etat pourvoit aux besoins d’une population tenue de s’exécuter ».

Forte intervention étatique

L’économie algérienne reste marquée par une forte intervention étatique. Avec d’importants marchés publiques offerts, par exemple, à toute une pléthore de nouveaux magnats réputés pour leur proximité avec le régime.

La rente pétrolière subventionne notamment le carburant, l’eau, l’énergie, la santé, les logements et les produits de base, ce qui fait que de larges pans de la société dépendent des aides de l’Etat et autres subventions.

«Toute renégociation doit être envisagée avec prudence », souligne l’ICG. Les moins de 30 ans (55 % de la population selon les statistiques officielles) « entrent aujourd’hui sur le marché du travail avec de sombres perspectives d’avenir et une capacité considérablement réduite de l’Etat à les soutenir ».

L’Algérie peut néanmoins compter sur une dette extérieure inférieure à 2 % du PIB et sur des partenaires, européens notamment, « prêts à apporter leur soutien », argue le centre. Les analystes ont appelé Alger à plus de transparence sur l’état des finances publiques, les difficultés économiques, les réformes nécessaires et leurs résultats attendus, et à « mettre l’accent sur les jeunes dans l’élaboration du programme de réformes ». Il l’a aussi invité à élargir son « éventail » d’interlocuteurs, limités à l’ex-syndicat unique UGTA et au Forum des chefs d’entreprises, organisation patronale proche du pouvoir.

Auteur
La rédaction/AFP

 




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