3 octobre 2022
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Généralisation de tamazight : les propos convenus de Hachemi Assad

Hachemi AssadLors de son intervention, mercredi dernier, au Forum  de la radio nationale à Alger, El Hachemi Assad, secrétaire générale du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) a est revenu sur le dossier de l’enseignement de tamazight, qui, a en croire l’APS qui lui prête ces termes, connaît «une évolution remarquable grâce aux efforts consentis par l’Etat ».

Le Haut-Commissariat à l’amazighité est au milieu du gué avec le gouvernement en place. Rien ne se déroule comme prévu avec le courant arabo-islamiste qui a pris le volant de l’Algérie.

Hachemi Assad a eu des propos convenus pour aborder l’épineuse question de la généralisation de son enseignement. « Nous allons vers la généralisation de l’enseignement de tamazight, mais pas dans la précipitation », soutiendra-t-il, non sans avertir sur les risques inhérents à la persistance du statut facultatif dévolu à l’enseignement de cette langue. «L’enseignement facultatif de tamazight est une entrave importante à sa généralisation», a prévenu H. Assad qui est revenu sur la revendication plusieurs fois faite par l’instance qu’il préside, et qui a trait à la révision et de l’actualisation de la loi d’orientation sur l’éducation nationale. Une  qui stipule clairement que l’enseignement de tamazight est facultatif.

Décidément Hachemi Assad marche sur un terrain de mines. Dans une dépêche de l’APS datant du  22 février 2022, il est rapporté que « le premier responsable du HCA a préconisé la mise sur pied d’un groupe de travail, qui doit plancher sur certains des articles de la loi 08/04 du 23 janvier 2008 d’orientation sur l’éducation nationale, qui stipule que  l’enseignement de tamazight est facultatif. Nous y voilà. Avance vers l’arrière !!!

C’est suivant le préambule et l’article 4 de la Constitution qui consacre tamazight en tant que langue nationale et officielle, et considérant l’existence de déséquilibres fondamentaux dans la même loi d’orientation scolaire, que le HCA a saisi les autorités et responsables ayant des prérogatives de saisir la Cour constitutionnelle, à savoir les présidents du Conseil de la Nation et de l’APN et le Premier ministre.

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Le HCA a signalé l’inconstitutionnalité de certains articles de cette loi, en application du paragraphe 2 de l’article 192 de la Constitution » .

Visiblement, la réponse à la demande du Haut-Commissariat à l’amazighité  ne semble pas être la priorité  du ministère de  l’éducation nationale à qui incombe la responsabilité de saisir le législateurs pour apporter les amendements à la loi d’orientation sur l’éducation nationale réclamés par le HCA qui, rappellera H. Assad, lors du Forum de la radio nationale de mercredi  dernier, « a proposé un mémorandum aux pouvoirs publics, mais aussi à tous ses partenaires  (…)  Mais la prise en charge de ce dossier relève directement du ministère de l’éducation nationale ».

Au sujet de la formation des enseignants, il rappellera que quatre promotions de professeurs de langue tamazight sont sorties de l’Ecole normale supérieure de Bouzaréah depuis 2019. 123 enseignants sont en poste dans 39 wilayas et 181 autres sont actuellement en formation à l’ENS.

La nouveauté, se plaît-il à dire, est la numérisation du manuel scolaire en langue tamazight. L’élaboration de 4 applications numériques, pour l’apprentissage de tamazight est une proposition du HCA qui annonce l’édition huit nouveaux ouvrages en partenariat avec la maison d’édition El Amel.

Outre l’ouverture d’une section de formation des enseignants du cycle moyen, à l’ENS de Bouzareah, il est fait part de l’ouverture d’un nouveau département de traduction de et vers tamazight, à l’université de Bejaia et celle de Tizi-Ouzou.

En projet, l’ouverture d’un département de langue et culture amazigh à l’université Hassiba Ben Bouali de Chlef qui se fera en  partenariat avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ce qui portera à cinq le nombre de structures pédagogiques qui sont déjà opérationnelles  à Tizi-Ouzou, Bouira, Batna, Bejaia et Tamanrasset.

Samia Nait Iqbal

 

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6 Commentaires

  1. Un pouvoir qui se revendique arabe ne peut tolérer une deuxième langue issue des profondeurs de notre pays, celle du peuple authentique qui pourrait remettre en question la substance idéologique du système.
    Ce monsieur parle dans le vide et son discours ne sert qu’à occuper ceux qui croient à leurs charabia.
    C’est un opportuniste et un rentier qui travaille pour ce même système qui participe indirectement l’arabisation progressive des populations berbérophones.
    Tous le monde est conscient que le problème est politique , le combat doit se concentrer sur la lutte contre l’idéologie baathiste hégémonique , étrangère à notre pays , imposée aux peuples berbères à l’origine d’un génocide identitaire.
    A mon avis, Combattre cette idéologie doit être une priorité et non la généralisation de l’enseignement de cette langue dans un environnement les plus hostile.
    L’enseignement de cette langue ne sera qu’un aboutissement du changement idéologique et du système.
    Toute autre discours n’est autre que de la poudre aux yeux pour gagner du temps.

  2. «L’enseignement facultatif de tamazight est une entrave importante à sa généralisation». Comme lapalissade on ne fait pas mieux. Et c’est à ce constat bidon que ce monsieur arrive après tant d’années à la tête de cette chose (HCA)? Si au moins la montagne avait accouché d’une souris!

  3. Traiter tamazight en 2022 dans les termes des années 1949, 80, … du 20e siècle, c’est ne rien comprendre à la question.
    Au XXe siècle, les sociétés amazighes étaient encore souveraines; pas officiellement mais dans les faits. Elles l’étaient dans un certain nombre de domaines : économie, autorité locale, justice, religion; dans des domaines immatériels tels que la cosmologie – conception du monde, le présent et l’avenir envisagé, … Ce sont des domaines que l’Algérie française en sont, temps n’a pas jugé utile d’affaiblir. A cela il faudrait ajouter la non généralisation de l’enseignement à l’époque; le français par conséquent ne constituait pas une menace pour les langues amazighes et dardjies mais un acquis. Bref, les sociétés amazighes se voyaient encore intègres et ne se sentaient pas menacées dans leur existence.
    L’Algérie algérienne, une fois qu’elle a admis les islamistes en son sein en 1957, s’est presque faite la continuatrice des agressions arabo-musulmanes du 7e, 8e siècle – avec les agents locaux il faut le préciser, ce qui est pire. De 1962 jusqu’à la fin de la guerre civile, l’école était le seul outil du crime qu’est l’arabisation et islamisation. Tant que les entités amazighes gardaient encore une certaine souveraineté économique et dans le affaires internes y compris la prise en charge des imams, le crime est circonscrit à l’école et, à un degrés moindre, aux médias qui, à l’époque n’avaient pas encore une grande diffusion et un grand impact.
    Au XXIe siècle, avec Boutefliqa, les kidnapping des opérateurs économiques en Kabylie par exemple, les destructions régulières de la nature, les obstacles à l’initiative privée, la place du fonctionnariat dans l’emploi (et le clientélisme qui va avec), la mainmise sur les associations, sur la religion, la fliquisation de la société, … la question amazighe ne se pose plus uniquement en termes de présence de cette langue à l’école. Cela va bien au dela; c’est de l’existence même de ces sociétés qui est remise en cause.
    Que M. Assad soit encore scotché sur le postulat de « tamazight à l’école » d’avril 1980, c’est dans son rôle de fonctionnaire. C’est aussi une preuve que la fonctionnarisation de de la vie est entrain d’anesthésier toute la société.

  4. M. Assad si vous avez encore un brin de dignité et de clairvoyance, admettez que vous êtes en train de jouer le rôle de l’idiot utile. Près de 30 ans après la Grève du Cartable qui a coûté une année scolaire blanche à des dizaines de milliers de Kabyles, l’enseignement de Tamazight est toujours facultatif et mise sur un strapontin dans les emplois du temps des élèves. Quelle preuve attendez-vous du pouvoir maffieux pour comprendre que la pseudo officialisation de Tamazight est tout simplement une ruse pour faire taire la revendication amazighe. Dire que Tamazight est langue officielle en Algérie est un gros mensonge ! Dire qu’il y a un enseignement de Tamazight en Algérie c’est se rendre complice des pratiques négationnistes du pouvoir algérien. REVEILLEZ-VOUS !!

  5. Demissionez si vous avez du courage et de dignité. Mais vous etes payé pour nous raconter des stupidités. La lutte pour notre langue le KABYLE est ailleurs. Nous n’avons pas besoin du HCA. Tout ce que controle la junte est voué volontairement à l’echec.

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