20 juillet 2024
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Gérer la croissance de la francophonie

La 44e session de la CMF, qui s’est tenue à Yaoundé, montre comment les organismes s’occupant des relations entre francophones dans le monde s’organisent pour faire la gestion d’une langue dont le nombre de locuteurs devrait plus que doubler dans les prochaines décennies, mais qui rencontre certains défis de croissance.  

Les 4 et 5 novembre s’est tenu la 44e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) dans capitale du Cameroun. Les 300 délégués représentant 70 délégations des 88 États membres et gouvernements de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) y ont travaillé sur le thème : bonne gouvernance : gage de stabilité politique, économique et culturelle pour les citoyens francophones.

Le document résultant de cette rencontre, soit la résolution de Yaoundé, montre comment cet organisme entend encadrer la croissance du français au niveau mondial.

Des chiffres et des questions

Au point 9 de la résolution de Yaoundé est mentionnée que la CFM est consciente du poids de la jeunesse « dynamique » de la francophonie. Selon les chiffres de l’OIF, les 321 millions de francophones qui vivent actuellement sur la planète devraient devenir environ 820 millions, dépassés la moitié de ce siècle par le simple fait que la majorité de ceux-ci vivront en Afrique, le continent avec une des populations les plus jeunes et prolifique du monde.

Bien que récemment de nombreux articles aient fait état de décisions politiques de plusieurs pays qui pourraient diminuer le nombre de ces locuteurs, la difficulté de changer la langue parlée d’une population, les avantages économiques d’une structure commune réunissant des centaines de millions de personnes et appartenir à une communauté qui a le Siècle des lumières dans ses bagages, pourraient tout de même pousser le nombre de francophones à au moins doubler dans les 25 prochaines années.

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Prendre soins de l’Afrique francophone

Au point 11, la résolution demande que la mondialisation de l’économie intègre mieux les besoins des pays en développement, notamment ceux francophones d’Afrique et des Caraïbes. L’OIF, compte près de trente pays africains parmi ses membres. La CMF à Yaoundé a montré que l’Afrique était devenue le point central de la francophonie. Actuellement, plus de 160 millions d’Africains parlent le français et plus des deux tiers des francophones devraient être africains en 2050.

Kinshasa avec ses 17 millions d’habitants est maintenant la plus grande métropole francophone du monde. Avec près de 50 millions de francophones, la République démocratique du Congo est devenue le deuxième pays francophone au monde en nombre de locuteurs. C’est plus de 60 % de la population au Gabon, aux iles Maurice et au Congo-Brazzaville qui parle le français. Au Sénégal, en Guinée, en Centrafrique et au Bénin, environ 30 % de la population le parle et 20 % en Mauritanie, au Niger et au Mali.

Éduquer les générations montantes

Le point 35 de la résolution réitère la détermination de la CFM d’éduquer la génération montante et de la préserver de la radicalisation et l’extrémisme. C’est ce à quoi s’attache une foule d’organismes se concentrant sur l’éducation en français tel l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) qui organisait du 30 octobre au 3 novembre, dans la ville de Québec, la 3e édition de la Semaine mondiale de la Francophonie scientifique (SMFS), qui a permis du réseautage autour des sciences, de la jeunesse, de la coopération et de la politique. Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, y a annoncé la création du Réseau de services et de recherche pour la production de revues scientifiques qui bénéficiera d’un budget de cinq millions de dollars sur cinq ans. Une attention particulière a été portée pour rapprocher la Francophonie scientifique et économique.

La place économique grandissante de la Francophonie

La prospérité économique est si importante pour la CFM qu’elle est dans le titre même de la résolution de Yaoundé qui est : « Résolution sur la bonne gouvernance au service de la stabilité politique, de la prospérité économique et sociale et du rayonnement culturel dans l’espace francophone. »

Le doublement du nombre de locuteurs en 25 ans entraine un pouvoir économique grandissant qu’il faut gérer et promouvoir.

Lors de la 3e mission économique et commerciale de l’OIF tenue du 9 au 11 octobre au Liban, plus de 70 entreprises et une dizaine d’institutions venues de 27 pays francophones ont rencontré les représentants de 150 entreprises opérant au Liban. Geoffroy Roux de Béziers de l’Alliance des patronats francophones, était de l’événement qui a offert, parmi les conférences et visites d’entreprises locales, une session de réseautage.

Cette mission suivait deux précédentes de l’OIF, la première au Vietnam et au Cambodge en mars 2022, la seconde au Maroc et en Égypte en février 2023. Un des mandats de l’OIF est de développer la coopération économique au service du développement durable. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et le Conseil du patronat du Québec (CPQ) ont d’ailleurs souligné l’importance croissante de la francophonie pour le milieu des affaires québécois et le potentiel considérable qu’elle représente lors de leur passage à Paris le 17 octobre.

Michel Gourd

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