20 février 2024
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Harraga 2033 (6) : Alger-Amsterdam, aller simple pour l’enfer

Image par Steve Buissinne de Pixabay

Cependant, avec tous les efforts du monde, elle avait beau la tourner de gauche à droite et de droite à gauche, le loquet refuse obstinément de céder.  

Le doute fait place à la panique. Que pouvait bien contenir cette valoche lourde comme dix sacs de ciment ? Des armes ? De la drogue ? Et pourquoi pas des parties d’un corps démembré ? Plongée dans ses pensées, elle n’entend même pas le contrôleur lui réclamer son billet.

– Mademoiselle ! Mademoiselle ! Votre billet s’il vous plaît ! insiste-t-il.

– Oh, excusez-moi, j’étais ailleurs !

– Non, vous êtes dans un train, Mademoiselle ! réplique le contrôleur, un brin taquin.

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– Oui, oui ! bredouille-t-elle, tout en farfouillant fébrilement dans son sac.

Le contrôleur s’impatiente. Elle finit par trouver son ticket de transport et le lui tend. Mais son esprit est toujours ailleurs, dans cette valise qui ne s’ouvre pas. Elle veut s’oublier et essaie de somnoler. D’autant que la nuit, elle n’avait pas assez dormi, redoutant les retrouvailles avec son amoureux parisien. Mais Morphée refuse de se laisser séduire. Elle décide de retenter de débloquer le récalcitrant cadenas. Et encore une fois, rien à faire. Au cours du trajet, elle a dû faire quatre essais.

Elle se demande si elle ne devrait pas solliciter un homme costaud. Elle décide de faire appel au contrôleur qui passait par là pour une dernière tentative. Rien n’y fit.

– Ce n’est pas la bonne clef ! lui dit-il, avant de la rassurer : ne vous inquiétez donc pas mademoiselle, vous trouverez un bon serrurier à Paris. Il y en a un à quelques encablures de la gare sur votre droite en sortant, c’est juste en face d’une pharmacie. Même un aveugle ne peut pas le rater.

Harraga 2033 (5) : Alger-Amsterdam, aller simple pour l’enfer

« Une fois à Paris, je la remettrai au client du commercial », se dit-elle, pressée de s’en débarrasser.

À 10h30, notre hollandaise débarque à Paris, Gare de l’Est. Elle se dirige rapidement vers un coin discret pour être à l’aise et forme le numéro du client. À l’autre bout, une opératrice l’informe : le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué. Elle insiste à plusieurs reprises. Le message est le même.

La panique s’installe. Allait-elle abandonner ce bagage encombrant au risque de déclencher le plan Vigipirate et de faire évacuer la gare ? Après réflexion, c’est ce qu’elle décide de faire. Elle n’a pas le temps d’effectuer quelques pas que, derrière elle, une voix l’arrête :

– Mademoiselle ! Ne laissez pas vos bagage sans surveillance, ils risquent d’être détruits par le service de sécurité.

– Non, ne vous inquiétez pas, j’allais juste prendre un café en face… (à suivre)

Kacem Madani

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