2 décembre 2022
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Iran : des manifestations contre le pouvoir malgré la répression

Iran

Des centaines Iraniens sont de nouveau descendus dans la rue samedi 15 octobre pour manifester contre le pouvoir, un mois après le début du mouvement de contestation déclenché par la mort de Mahsa Amini, et réprimé dans le sang, selon des médias et des ONG.

Le 16 septembre dernier, Mahsa Amini, cette jeune Iranienne de 22 ans, était décédée trois jours après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes prévoyant notamment le port du voile.

Les autorités iraniennes affirment que la jeune femme est morte des suites d’une maladie et non de « coups », d’après un rapport médical rejeté par son père. Son cousin a affirmé qu’elle était décédée après « un violent coup à la tête ». La contestation a suscité des rassemblements de solidarité à l’étranger et la répression, qui a fait plus de 100 morts selon des ONG, a été condamnée par la communauté internationale.

Malgré les fortes perturbations du réseau Internet et le blocage par les autorités de l’accès aux applications Instagram et WhatsApp, des Iraniens, à l’appel en ligne de militants, se sont rassemblés samedi dans les rues de la ville d’Ardabil (nord-ouest) selon des vidéos partagées sur Twitter.

Des commerçants se sont mis en grève à Saghez, la ville natale de Mahsa Amini dans la province du Kurdistan (nord-ouest), et à Mahabad (nord), d’après le média en ligne 1500tasvir, qui recense les violations des droits humains.

Dans les rues, des chants antigouvernementaux

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« Des écolières dans le village de Ney à Marivan (ouest) ont provoqué des feux dans la rue et crié des chants antigouvernementaux », a indiqué Hengaw, un groupe de défense des droits des Kurdes d’Iran basé en Norvège. Des jeunes ont également manifesté dans les universités de Téhéran, d’Ispahan (sud) et de Kermanshah (nord-ouest), selon des images partagées en ligne.

Les manifestants répondaient à un appel de militants à des protestations massives sous le slogan « Le début de la fin ! » (du pouvoir, ndlr). Ces militants ont encouragé les Iraniens à manifester dans des endroits où les forces de sécurité ne sont pas présentes et à scander « Mort au dictateur », en référence au guide suprême Ali Khamenei.

D’après les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, les manifestants n’étaient pas aussi nombreux que les semaines précédentes, explique notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Selon des témoins, il n’y a eu aucune manifestation dans plusieurs places et quartiers de Téhéran qui avaient pourtant connu des rassemblements importants ces dernières semaines.

De nombreuses vidéos d’arrestation de manifestants de manière violente ont également été publiées sur les réseaux sociaux. Sur certaines vidéos, l’on peut voir des membres des forces de l’ordre en civil arrêter violemment des manifestantes et les pousser de force dans des voitures.

Le pouvoir semble plus que jamais déterminé à mettre fin au mouvement de contestation. Un responsable de la milice islamique, les fameux bassidjis, a ainsi affirmé que des dizaines de milliers de volontaires étaient mobilisés pour faire face à tout mouvement de trouble dans la capitale.

Et face à ces manifestations, le Conseil islamique de coordination du développement, un organisme officiel, a appelé les Iraniens à dire dans les mosquées, après la prière du soir samedi, « leur colère contre les émeutiers et la sédition ».

Au moins 108 personnes tuées par les forces de sécurité

Depuis le 16 septembre, des jeunes femmes, étudiantes et écolières, sont le fer de lance des manifestations : elles scandent des slogans antigouvernementaux, enlèvent leur foulard et affrontent les policiers.

Au moins 108 personnes ont été tuées dans la répression, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo. Amnesty International a affirmé qu’au moins 23 enfants de 11 à 17 ans avaient été « tués par les forces de sécurité ». Et des centaines de personnes ont été arrêtées.

Dénonçant la politique de deux poids, deux mesures, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a affirmé vendredi : « Qui aurait cru que la mort d’une seule fille serait aussi importante pour les Occidentaux ? Qu’ont-ils fait concernant les centaines de milliers de martyrs et de morts en Irak, en Afghanistan, en Syrie et au Liban ? »

RFI

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