9 décembre 2022
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Iran : grève générale en solidarité avec les morts à Zahedan

Manifestations en Iran

La contestation de l’ordre des ayatollahs et leurs sbires continue malgré la terrible répression menée par les pasdarans. Des grèves ont été organisées dans plusieurs villes d’Iran mercredi pour marquer la mort il y a 40 jours de dizaines de manifestants dans la répression à Zahedan, a rapporté une ONG.

Le 30 septembre, après le viol d’une fille imputé à un policier, des Iraniens sont descendus dans la rue à Zahedan, chef-lieu de la province du Sistan-Baloutchistan (ouest), où les forces de sécurité ont ouvert le feu, ont affirmé les ONG.

Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, 93 personnes ont été tuées à Zahedan le 30 septembre et 25 autres les jours suivants dans cette ville et ailleurs dans la province.

Les violences à Zahedan sont survenues deux semaines après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict pour les femmes.

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Selon le groupe de défense des droits des Kurdes d’Iran Hengaw, basé en Norvège, les magasins ont fermé leurs portes mercredi dans des villes kurdes de l’ouest du pays -Baneh, Kermanshah, Marivan, Sanandaj et Saqez, la ville natale de Mahsa Amini.

Ces grèves ont été menées « en solidarité avec les personnes tuées à Zahedan (le 30 septembre), à l’occasion des cérémonies de deuil organisées le 40e jour après leur mort », a rapporté Hengaw.

Les violences dans cette ville ont été déclenchées par des accusations selon lesquelles un chef de la police d’une autre ville de la province, Chabahar, aurait violé une adolescente baloutche de 15 ans.

« Ce qui s’est passé (le 30 septembre) à Zahedan est, selon le droit international, un exemple clair de massacre de civils », a déclaré Hengaw sur Twitter. « Il doit être reconnu par les organisations internationales et les gouvernements occidentaux. »

Les autorités iraniennes ont fait état d’au moins six membres des forces de sécurité tués dans les troubles au Sistan-Baloutchistan.

Cette province abrite la minorité baloutche, qui adhère majoritairement à l’islam sunnite et non au chiisme dominant en Iran.

Frappée par la pauvreté, elle a souvent été le théâtre d’affrontements entre forces de sécurité et rebelles de la minorité baloutche, des groupes extrémistes musulmans sunnites ou des trafiquants de drogue.

Militants et ONG déplorent que la région soit victime de discrimination de la part du pouvoir, avec un nombre disproportionné de Baloutches tués dans des heurts avec les forces de l’ordre chaque année ou condamnés et exécutés.

Avec AFP

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