21 février 2024
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ISTN : rendez-vous avec la mort (1)

Aéroport

Après avoir minutieusement scanné son passeport, tout en le dévisageant avec circonspection pour comparer ses traits avec la photo du document, le policier aux frontières ne le lui rend pas.

– Mettez-vous de côté Monsieur ! Vous n’êtes pas autorisé à quitter le pays. Vous allez vous expliquer avec l’officier supérieur.

Stupéfait, Ibrahim le regarde avec des yeux prêts à sortir de leurs orbites. Il bredouille :

– Mais…mais… je ne comprends pas, c’est quoi ce délire ? Je rentre chez moi, là ! Je ne réside pas en Algérie !

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– Vous êtes sous le coup d’une ISTN, (Interdiction de sortie du territoire national) monsieur!

– Ça veut dire quoi, bon sang ?

– Ça veut dire ce que ça veut dire, répond le policier qui se lève et sort de sa cabine, le passeport entre les mains, sous le regard craintif et dubitatif des autres voyageurs qui s’amoncellent devant les guichets.

– Arouah m’3aya ! (Suis-moi !) lui intime-t-il, avant de s’adresser à ceux qui attendaient leur tour :

– Je ferme mon guichet pour un moment, répartissez-vous sur les autres files d’attente, en attendant mon retour.

Cet ordre ne manque pas de déclencher la déception et l’agacement général. Déjà que ce policier fait son travail comme une marmotte, il ne manquait plus qu’il s’absente pour ralentir le contrôle. Mais personne ne dit mot. Tout le monde se renferme dans ses peurs. Personne ne sait comment ces fameuses interdictions de sortie sont distribuées. Autant ne pas provoquer la Police aux frontières (PAF).

Ibrahim ne tient plus sur ses jambes. Le sol semble se dérober sous ses pieds. C’est clopin-clopant qu’il suit l’officier de la PAF qui le mène le long des couloirs de l’aéroport d’Alger. Il est sur le point de s’évanouir quand on l’introduit dans un bureau où ça rigole à pleins poumons autour d’un café. L’officier tend le passeport à son supérieur et lui annonce la couleur :

– ISTN !

Quatre lettres qui tombent comme un verdict. Elles s’alignent sous forme de ballet sinistre qui vous annonce que le pire est à venir… (à suivre)

Kacem Madani

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