6 octobre 2022
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La dialectique du pouvoir et les défis à relever

Contrairement aux idées répandues ici et là, ce ne sont pas les urnes qui légitiment le pouvoir en Occident mais la production des biens et services c’est-à-dire de la croissance économique suivant une logique purement économique en vertu de la valeur travail largement développée par les grands classiques de l’économie politique Ricardo, Smith, Marx.

Par contre ce qui légitime le pouvoir en Algérie, ce n’est pas l’armée et les services de sécurité, c’est la redistribution de la rente sous forme de biens et services provenant pour l’essentiel des importations financées par la rente pétrolière et gazière suivant une logique essentiellement politique en vertu du principe sacrosaint que « tout peut s’acheter », il suffit d’y mettre le prix (le pouvoir, la sécurité, la paix sociale etc…).

Dans une économie de marché, les rapports de production sont dominants et de nature conflictuelle parce qu’il s’agit d’exploitation de la force de travail c’est-à-dire une ressource à mobiliser. Le résultat de cette exploitation se traduit par l’existence de deux classes sociales antagonistes : la classe ouvrière détentrice de la force de travail et la classe bourgeoise détentrice des moyens de production.

En fait, la dialectique du pouvoir, on la trouve en général dans la lutte entre patrons et ouvriers, entre capital et travail, profit et salaires relayée sur la scène politique par les partis de droite et de gauche. Dans une économie rentière.

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Les rapports dominants sont des rapports d’aliénation de nature non conflictuels mais clientélistes parce que reposant sur la dilapidation des ressources énergiques et non sur l’exploitation productive des populations.

Ces rapports se traduisent par une double aliénation : aliénation du pouvoir vis-à-vis des puissances étrangères et aliénation de la population vis-à-vis du pouvoir. Il est utile de parler d’aliénation que d’exploitation car le premier terme définit un rapport politique et le second un rapport économique.

Le résultat de cette double aliénation, c’est que la société se trouve divisée en deux classes sociales distinctes : la classe des rentiers du système c’est-à-dire la classe qui est au pouvoir ou dans sa périphérie y compris l’opposition. Cette classe bénéficie à un titre ou à un autre, à un degré ou à un autre, d’une cote part de la rente relayée par l’endettement ou du moins de leurs contrepartie en biens et services importés.

C’est la tranche d’âge des plus de cinquante ans. Pour cette couche sociale, la richesse distribuée est proportionnelle à l’âge et la position de chacun dans la hiérarchie du pouvoir ou sa place dans le réseau des relations clientélistes tissé par le pouvoir.

Il s’agit de la génération de novembre. La classe des laisser pour compte, c’est la classe sociale qui est exclue ou marginalisée par le pouvoir. Elle ne bénéficie qu’indirectement des retombées de la redistribution de la rente perçue par les chefs de famille. Il s’agit principalement de la génération de l’indépendance C’est la catégorie sociale la plus décidée à affronter le système de domination en place parce qu’elle n’a rien à perdre.

C’est cette catégorie de jeunes marginalisés par l’appareil de formation, de distribution, vivants d’expédients, soumis à l’autorité tatillonne de leurs aînés et représentant près des deux tiers de la population. Elle est aussi la moins apte à prendre la direction du changement qu’elle contribue o provoqué. Ce qui explique qu’elle soit courtisée par les uns et par les autres.

Deux défis à relever : l’argent sale doit se transformer en argent propre par l’investissement productif et la création d’emplois massifs (conversion de la rente en capital). La population doit cesser d’être une charge à supporter pour devenir une ressource à mobiliser. Le recouvrement de la dignité, la légitimation des fortunes sont à ce prix.

La fin de la violence signifie la fin de la répression, l’émergence d’une société civile passe par la lutte contre l’argent sale (corruption) en investissant (capital) et en produisant (emplois). Pour passer d’une rive mal ensoleillée à une rive ensoleillée, il faut pays le prix à l’avance.

Le développement se construit, la production crée des emplois, le profit est l’aiguillon, la perte le risque, l’investissement une opportunité, l’épargne un financement, la croissance économique une légitimation du pouvoir. Mais tout cela ne peut se faire que dans la paix, le respect mutuel, la sécurité et la liberté.

« Plus de sécurité pour plus de confiance, donc plus de croissance et donc plus d’emplois. C’est cette dynamique vertueuse qu’il faut stimuler » Ségolène Royal. Pour ce faire, il faut plus d’entrepreneurs pour avoir plus d’emplois et moins de fonctionnaires pour avoir moins de bureaucratie. C’est facile à dire qu’à faire, alors tentons cette opération : « exportons les fonctionnaires et importons des entrepreneurs.

Les uns sont excédentaires au sud parce que financés par la rente pétrolière et gazière, les autres sont nombreux à vouloir saisir les opportunités d’investissements et de financement qui se présentent. Les investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain.

Les fortunes privées oisives seront les capitaux des entreprises mixtes algéro-françaises. L’Etat cessera d’être actionnaire public majoritaire pour se consacrer à son rôle classique de régulateur des forces du marché.

Dr A. Boumezrag

(*) « En France, tu perçois ton salaire en contrepartie d’un travail fourni, tu es un lion parmi les lions ; en Algérie ; tu reçois ton salaire en échange d’une allégeance, tu es un renard parmi les renards. L’Etat fait semblant de te payer et toi je fais semblant de travailler. Tu me tiens par le ventre je te tiens par la barbichette » rhétorique d’un jeune algérien candidat à l’émigration clandestine la mort dans l’âme, le corps plein de désirs. Des désirs basiques interdits en Algérie. Ils ont pour nom liberté, égalité, fraternité.

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