26 septembre 2022
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AccueilIdéeLa vache agonise au sud, le lait manque au nord ! 

La vache agonise au sud, le lait manque au nord ! 

Vaches

Si la vache à traire ne donne plus de lait, si l’entreprise ne dégage plus de bénéfices c’est au propriétaire qu’incombe la responsabilité ou il n’a pas su choisir le berger devant en prendre soin ou bien il n’a pas été assez prévenant pour s’assurer de la continuité de la production par l’élevage de nouvelles vaches.

L’Algérie n’échappe pas au cours de l’histoire. Avec son immense ciel bleu et ses espaces désertiques infinis, elle était méconnue jusqu’à ce que surgissent de ce sable stérile le pétrole en 1956. Il va être le pot de miel de l’Algérie indépendante. Il est intarissable, du moins pour la génération de novembre 54. 

Les générations futures n’ont pas participé à la guerre de libération nationale Elles sont out. Pour le gouvernement algérien, après le pétrole, c’est toujours du pétrole. Il ne peut pas faire autrement. Il scie la branche sur laquelle il est assis. Le pétrole est le carburant du régime, le ciment de l’Etat, l’opium du peuple.

L’Algérie vit de la rente, au rythme du marché pétrolier et gazier. Un marché de dupes conclu entre les Etats Unis et les Etats arabes (pétrole à profusion contre une assurance vie). 

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D’une main, ils signent un pacte avec le diable et de l’autre ils prient Dieu de leur venir en aide ? Ils vivent une double réalité : la richesse matérielle et la pauvreté spirituelle. Ils considèrent le pétrole comme un butin de guerre à partager et non comme une chance à saisir. Au lieu d’en faire un levier de développement économique, il sera un instrument de pouvoir redoutable et un facteur de régression économique et social. La rente pétrolière et gazière rend pratiquement inutile la production agricole et la facilité à payer les importations croissantes joue un rôle dissuasif non négligeable vis-à-vis de l’urgence du développement agricole. 

Alors que pour notre voisin de l’ouest, « gouverner c’est pleuvoir »  pour les algériens, « gouverner c’est importer ». L’ajustement du niveau de consommation aux ressources alimentaires a entraîné un processus d’importation de biens alimentaires de plus en plus chers sur le marché mondial. L’insuffisance de l’offre agricole locale est due essentiellement à la médiocrité des rendements qui n’enregistrent aucun progrès appréciables.

Les superficies consacrées à la céréaliculture n’ont connu aucune augmentation sensible ont au contraire régressé par rapport à la période coloniale. Le facteur explicatif est l’eau car disent les experts au-dessous de 400 mm de pluie la céréaliculture est impraticable et les rendements dérisoires. Si la pluie était un produit fabriqué par les usines occidentales, on n’aurait pas hésité à l’importer pour peu qu’on touche sa commission au passage. Heureusement que l’eau est un don de Dieu et non un produit marchand, que Dieu soit loué. Il est miséricordieux. 

La moyenne des rendements se situe autour de neuf quintaux à l’hectare comparée aux rendements céréaliers obtenus dans d’autres pays qui sont de l’ordre de quarante quintaux soit à peine le quart, l’un des derniers rangs au monde.

La crise qui affecte la production a des origines lointaines : elle découle de la spécialisation à laquelle a été soumise l’agriculture durant la période coloniale vers la satisfaction des besoins de la métropole et donc déconnectée des besoins de la population locale et des causes plus récentes se rapportant à la politique « socialisante » menée aux pas de charge au lendemain de l’indépendance par les pouvoirs publics. 

Les difficultés du secteur agricole ainsi que la faiblesse de la production céréalière sont à l’origine de la persistance et de l’approfondissement d’un vaste mouvement d’importations massives et coûteuses. Ces importations jouent le rôle  de soupape de sécurité pour le pouvoir parce que empêchant que la crise du secteur agricole ne traduise la faillite totale d’une économie largement dépendante de l’extérieur pour sa survie.

« Et le cargo diabolique nous enchaîna à tout jamais » tant pour l’exportation de notre seule richesse naturelle exportable (les hydrocarbures) que pour l’importation de notre nourriture et de nos médicaments». Mais l’horrible vérité, c’est peut-être que les gouvernants qui se sont succédé ont besoin des importations pour asservir leur population.

 Un peuple de paysans indépendants vivant de ses récoltes pourrait devenir têtu et fier pour demander l’aumône à ses dirigeants. C’est pourquoi les premières victimes des politiques agricoles sont les paysans indépendants et ce, à commencer par la révolution agraire. La révolution agraire a donné l’illusion que la justice sociale est rétablie alors qu’en réalité c’est le travail de la terre qu’on enterre.

La rente pétrolière rend dérisoire le surplus agricole potentiel et la facilité de payer les importations croissantes joue un rôle dissuasif vis-à-vis de l’urgence du développement agricole. Les importations sont un instrument imparable d’aliénation très efficace qui permet aux élites dirigeantes d’accumuler plus de pouvoir et plus de richesses. 

Mais cela peut également les mener à leurs pertes. La flambée des prix de produits alimentaires sur le marché international a été un des facteurs déclenchant de la chute des dictatures arabes et africaines.

L’Algérie se trouve dépendante du marché international pour son approvisionnement en produits céréaliers dans la mesure où elle est satisfaite par un groupe limité de pays dont la France d’où l’extrême vulnérabilité économique et la fragilité de son équilibre alimentaire.

Face à cette situation contraignante où le taux de dépendance croît rapidement et d’une manière alarmante, est-il possible de renverser la vapeur ? C’est-à-dire d’augmenter l’offre locale. Pour augmenter l’offre alimentaire, on peut, soit étendre la superficie cultivée soit améliorer les rendements. 

L’agriculture saharienne offre des perspectives rassurantes pour peu que la volonté politique soit manifeste.

Les pays développés soutiennent la production, les pays rentiers soutiennent les importations c’est-à-dire financent la dépendance du pays aux variations des prix vers la hausse sur les marchés internationaux rendant vulnérables leurs populations. 

L’Algérie est le seul pays au monde à négliger ses paysans, ses artisans, ses travailleurs qualifiés, ses fonctionnaires honnêtes, ses penseurs, ses créateurs alors qu’aujourd’hui en Europe, aux Etats Unis, le revenu des paysans est protégé et subventionné et la terre prend de la valeur. 

La revalorisation de la terre serait un moyen de redonner à l’algérien le goût du travail et non l’envie de fuir le pays ou de mettre sa vie en péril dans des embarcations de fortune. « La terre est comme la femme, plus on la laboure, et plus elle donne du blé ». 

Dr A. Boumezrag

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