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4 mars 2024
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L’Algérie n’a pas d’avenir sans révolution dans sa gouvernance

Analyse

L’Algérie n’a pas d’avenir sans révolution dans sa gouvernance

Les tendances sur le niveau des réserves de change contenues dans l’avant-projet de loi de finances complémentaires sont inquiétants et impliquent un sursaut national pour éviter leur épuisement horizon /2022, sauf miracle d’un cours de pétrole de plus de 100 dollars le baril et un cours du gaz qui assurent 33% des recettes actuellement à trois dollars le million de BTU sur le marché libre à plus de 7 dollars.

Etant entendu qu’un cours inférieur à 60 dollars ramènerait le déclin vers 2020 et qu’il faille faire un arbitrage entre la forte consommation énergétique intérieure posant la problématique des subventions généralisées sans ciblage, et la capacité d’exporter face à une concurrence internationale de plus en plus acerbe , tout en rappelant que les accords avec l’Union européenne, principal partenaire de l’Algérie, prévoient un tarif douanier zéro horizon 2020. Cela interpelle les autorités aux plus hauts niveaux pour mettre en place une économie hors rente et donc un changement de gouvernance et une nouvelle réorientation de la politique socio-économique.

En ce début du mois de septembre 2018, Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach et encore pour bien longtemps procurant directement et indirectement 98% des recettes en devises du pays, facteur principal de la dépense publique qui détermine le taux de croissance, le taux de chômage, le niveau des réserves de change et l’audience internationale tant politique qu’économique.

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1.-Les réserves de change non compris l’or, (173 tonnes en janvier 2017, stock stable depuis 2009 d’une valeur au cours actuel d’environ 7 milliards de dollars ), ont évolué en fonction du cours des hydrocarbures: 111 dollars le baril en 2012, 108 dollars en 2013, 100 dollars en 2014, 53 dollars en 2014, 45 dollars en 2015 , 54 dollars en 2017 et une moyenne de 70 dollars en 2018 en n’oubliant pas que 33% des recettes de Sonatrach proviennent du gaz dont le cours est en nette baisse environ 3 dollars le million de BTU entre 2017/2018.. Ce qui nous donne le niveau des réserves de change selon les données officielles de la Banque d’Algérie

-2012 :190,6 milliards de dollars,

-2013 :194,0 milliard de dollars,

-2014 :178,9 milliards de dollars,

-2015 :144,1 milliards de dollars,

-2016 : 114,1 milliards de dollars,

-2017 : 97,3 milliards.

– 2018 entre 82/83 milliards de dollars tenant compte de la valeur des importations de biens (une baisse d’environ seulement d’un milliard de dollars entre 2016/2017) auquel il faut ajouter les transferts légaux de capitaux et le montant des services qui fluctue entre 9/11 milliards de dollars/an entre 2010/2018) et services et des recettes de Sonatrach (avec un montant dérisoire hors hydrocarbures entre un (1) et 1,5 milliards de dollars concentrées sur trois catégories de biens, les engrais minéraux ou chimiques azotés, « les ammoniacs anhydres et les sucres qui représentent à eux seuls près 72 % du total), le solde net serait d’environ 15 milliards de dollars

2019 : 62 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

2020 : 48 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

2021 : 34 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

2022. 12 milliards de dollars (source rapport FMI juillet 2018)

A ce niveau, le réserves de change maintenant la cotation du dinar algérien à plus de 70%, la Banque d’Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200/220 dinars un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctuera en fonction du taux d’inflation entre 300/400 dinars un euro et beaucoup plus si le taux d’inflation dépasse les 20/30%l’investissement. Dans ce cas non souhaitable pour l’Algérie, les promoteurs algériens se réfugieront dans des activités spéculatives comme au Venezuela , les étrangers n’étant pas sur d’ être payés pays risquent de ne pas venir, bloquant l’investissement durable ou tout projet pour être rentable a besoin en Algérie d’un minimum de 5/7 ans ? alors que la spéculation sur la devise ou certains biens à forte demande peut rapport ut taux de profit de plus de 30% par an. Le danger est la le cercle vicieux , spirale inflationniste , demande croissante de devises avec déconnexion croissante entre le marché officiel et le marché parallèle de devises, émission monétaire interne (à travers le financement non conventionnel), sans contreparties productives, inflation, extension de la sphère informelle, tensions sociales et risque d’implosion des caisses de retraite avec la baisse d’activité.

En mois d’importation, nous avons 36 mois en 2012, 35 mois en 2013, 30 mois en 2014, 27 mois en 2015, 22 mois en 2016 et 20 mois en 2017. Dans son rapport de juillet 2018, en 2022, où les réserves de change permettront moins de 5 mois d’importation et en 2023 moins de 3 mois d’importation. Les rapports de la Banque d’Algérie, organe qui dépend de la présidence de la république et non de l’exécutif prennent en compte cette situation. Je cite le rapport de 2018 : «Le niveau des réserves de change, bien qu’en baisse demeure, cependant, appréciable. Cependant, la persistance du choc externe pourrait rapidement éroder la résilience de la position extérieure de l’Algérie, d’autant que le niveau des importations demeure élevé et constitue un risque additionnel pour la balance des paiements sur le moyen terme, niveau, insoutenable des importations de biens et services milite pour une maîtrise du niveau de l’absorption »

2.- Selon les données officielles du gouvernement, cela est la résultante des tensions au niveau de la balance commerciale et de la balance des paiements seul document de référence valable. Les exportations ont évolué ainsi.

2012 : 71,7 milliards de dollars dont 70,5 constituées d’hydrocarbures (H).

-2013 : 64,8 milliards de dollars dont 63,8 (H),

-2014 : 60,1 milliards de dollars dont 58,4 milliards de dollars (H),

-2015 : 34,5 milliards de dollars dont 33,1(H) ;

-2016 : 29,3 milliards de dollars dont 27,9 milliards de dollars (H),

-2017 : 32,9 milliards USD dont 31,6 provenant des hydrocarbures (H)

-2018 : les exportations selon le bilan des douanes ont été de 19,82 milliards de dollars (mds usd) durant le premier semestre 2018 ce qui donnerait en tendance fin 2018 environ 39 milliards de dollars

-2019 :33,2 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances

-2020 :34,5 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances

-2021 :35,2 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances

Les importations évoluent ainsi :

-2012 : 51,5 milliards de dollars en 2012,

-2013 : 54,9 milliards de dollars en 2013,

-2014 : 59,6 milliards de dollars en 2014,

-2015 : 52,6 milliards de dollars en 2015,

-2016 : 49,7 milliards de dollars en 2016,

-2017 : 48,7 milliards de dollars en 2017-

-2018 : Pour les importations, durant le premier semestre 2018 selon le bilan des douanes premier semestre 2018, elles ont été de 22,78 milliards de dollars ce qui donnerait en tendance 45,6 milliards de dollars.

-2019 : 44 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

-2020 :42,9 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

2021 :41,8 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

Le solde de la balance des paiements entre 2012 et 2017

-2012 : positif 12,05 milliards de dollars,

-2013 : positif 0,1 milliard de dollars,

-2014 : négatif(-) 5,8 milliards de dollars,

-2015 : négatif (-) 27,5 milliards de dollars,

-2016 : négatif (-) 26,3 milliard de dollars,

-2017 négatif (-) à 23,3 milliards de dollars

-2018 (bilan non clôturé)

-2019 : négatif (-) à 17,2 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

-2020 : négatif (-) à 14,2 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

2021 : négatif (-) à 14 milliards de dollars (source avant-projet de loi de finances)

3.- Sans une réorientation de la politique socio-économique, cela renvoie à l’urgence d’une mobilisation générale, au vu de l’avant-projet de loi de finances 2019, il y a risque de retour au FMI 2021/2022 avec des incidences dramatiques à la fois économiques, sociales, politiques, voire sécuritaires, sauf miracle d’un cours de baril de 100 dollars et d’un redressement du cours du gaz naturel en baisse sur le marché libre, qui est totalement déconnecté du cours du pétrole, la majorité des contrats à terme arrivant à expiration en 2019. Il faut voir la réalité en face, loin des discours démagogiques.

La question doit être traitée avec objectivité : le taux moyen de croissance de 3% entre 2000/2018 a-t-il été proportionnel aux dépenses ? Cela selon le document officiel présenté par le premier ministre à l’APN fin 2017, les programmes de développent ont nécessité durant la période allant de 2001 à 2017, une enveloppe de 531,8 milliards de dollars dont une grande partie en devises et le budget de fonctionnement et de gestion pour la même période une dépense de l’ordre de 649,9 milliards de dollars, soit au total 1187,7 milliards de dollars.

Comment couvrir les besoins croissants de la population algérienne qui est passée au 1er janvier 2018 à 42,4 millions d’habitants et les chiffres donnés par l’ONS (Office national des Statistiques) sur les prévisions de l’évolution de la population algérienne d’ici 2030 serait de 51,026 millions ? Comment réaliser la transition numérique et énergétique afin d ‘éviter notre marginalisation posant la problématique de l’urgence d’une nouvelle régulation de l’économie algérienne, loin de la léthargie actuelle, un sursaut gouvernemental et une mobilisation citoyenne.

4.- Des actions concrètes de redressement national s’impose du fait que la situation pourrait prendre une autre dimension et s’aggraver sans un changement sérieux dans le système de gouvernance s’adaptant tant aux nouvelles mutations internes et mondiales. Le monde avance, l’intelligence artificielle et le digital révolutionnant tant les relations internationales, la gestion des Etats, des institutions, des entreprises que les relations que personnelles La majorité des organisations doit s’éloigner des schémas utopiques du passé des années 1970/1980/1990, étant à l’aube d’une véritable révolution planétaire 2020/2030. L’Algérie n’a pas d’avenir si elle ne favorise pas la bonne gouvernance et l’économie du savoir, devant s’adapter à ces nouvelles mutations, qui sont les deux piliers fondamentaux du développement du XXIème siècle.

L’Algérie, selon le bilan 2018 du World Economic Forum, est très loin des potentialités du pays et elles sont énormes. Dans son rapport 2017/2018, l’étude du WEF, réalisée auprès de 14.000 chefs d’entreprises de 137 pays, fournit un classement mondial des pays les plus compétitifs. Pour établir le classement de compétitivité de l’Algérie, le Forum s’est basé sur 114 indicateurs regroupés dans les 12 catégories suivantes. L’Algérie est classé 88e Quant au niveau de corruption, (85ème place) l’Algérie est très mal classée, la corruption étant le deuxième plus grand écueil qui se dresse sur le chemin des investisseurs. Pour la performance du secteur public le pays arrive au 81e rang et en matière de sécurité, (54e place).L’indice de l’ouverture de l’économie algérienne à l’investissement privé, le classement est la 128e place, l’économie étant jugée trop peu diversifiée et l’initiative privée et l’une des moins compétitives du monde arabe. Concernant les infrastructures, malgré d’importantes dépenses l’Algérie est classée à la 93e place. Brièvement, nous avons le classement suivant : Institutions : 88ème rang -Infrastructures : 93ème rang- Environnement macroéconomique : 71ème rang- Sante/Education : 71ème rang- Enseignement Supérieur et Formation : 92ème rang- Marchandises et Efficacité du marché : 129ème rang- Efficacité du marché du travail : 133ème rang- Développement du marché financier : 125ème rang- Etat de préparation technologique : 98ème rang- Taille du marché : 36ème rang – Sophistication des affaires : 122ème rang- Innovation : 104ème rang. S’agissant des mesures incitatives à l’investissement, le pays se situe à la 98ème position sur les 137 pays évalués.

5.- Ainsi, sans prendre en compte les rapports internationaux, et toujours de voir l’ennemi de l’extérieur, discours démodé auquel la population algérienne parabolée ne croit plus , certains vivant du rêve du passé du communisme intégral, la Russie et la Chine les fondateurs l’ayant abandonné, n’ayant aucun impact sur la population , alors que le mal est en nous, il y a une unanimité des experts nationaux que le gouvernement doit se rendre à l’évidence, sa léthargie actuelle étant suicidaire pour le pays : l’Algérie a besoin d’une vision stratégique et éviter de naviguer à vue. C’est que la croissance pourrait ralentir très fortement dès 2020 en provoquant une augmentation du taux de chômage, se traduisant par la persistance des déficits budgétaires et surtout des déficits externes qui vont éliminer progressivement toutes les marges de manœuvre dont dispose l’Algérie. Les slogans politiques sont insensibles aux lois économiques applicables dans tous les pays et l’Algérie ne fait pas exception. Le recours à la planche à billets pour financer le déficit budgétaire risque d’entraîner l’économie dans une spirale inflationniste, qui certes n’est pas encore perceptible en 2018 mais les mesures conjoncturelles sans vision stratégique, et de profondes réformes structurelles est de conduire le pays à la dérive à la vénézuélienne, ce qu’aucun patriote ne souhaite. Comme j’ai à le démontrer dans l’interview que j’ai donnée récemment le 11 août 2018 à l’American Herald Tribune, les politiques actuelles du gouvernement algérien affaiblissent la résilience de l’économie, risquent de nuire à la croissance et aggraver les risques pour la stabilité financière, sociale et politique du pays.

L’Algérie reste confrontée à des défis importants, posés de la baisse des prix du pétrole, impliquant de profondes réformes afin d‘éviter de conduire le pays dans l’impasse horizon 2020/2022. Pour relever les défis futurs, étant à l’aube de la quatrième révolution économique mondiale, nécessitant une mise à niveau culturelle de certains dirigeants politiques et économiques, se projeter sur l’avenir, loin de tout populisme dévastateur, une nouvelle gouvernance, un langage de vérité et la moralité des gouvernants s’imposent.

L’Algérie a besoin d’un retour d’une vision claire de sa politique socio-économique (visibilité et cohérence), le retour à la confiance Etat-citoyens, sans laquelle aucun gouvernement ne peut réussir. A l’aube de la révolution par l’intelligence artificielle et du digital, pour rétablir la confiance, tant dans le domaine politique que social et qu’économique, les responsables algériens s’éloigner de la vision autoritaire, dialoguer étant l’élément cardinal. Ils doivent dépasser la gestion traditionnelle, où le pouvoir résidait principalement dans sa capacité à distribuer ou à conserver de l’information où l’autorité verticale était basée sur l’organisation hiérarchique.

Aujourd’hui où le monde qui fonctionne en réseaux décentralisés, l’organisation politique, économique et militaire laisse progressivement place à une autorité horizontale basée sur le savoir, la compétence et la réputation de chacun. Toute bonne gouvernance ou management stratégique des grands de ce monde, tire aujourd’hui sa légitimité de sa capacité à créer des liens de confiance et à interconnecter la société et de son aptitude à synthétiser les informations stratégiques, de donner la priorité au partage et à la transparence, recherchant avant tout à responsabiliser la société et ses collaborateurs en les guidant dans la bonne direction, ce qu’on appelle le management collaboratif. Aussi, l’Algérie a besoin pour sécuriser son avenir, de s’éloigner des aléas de la mentalité rentière, de réhabiliter le travail et l’intelligence , de rassembler tous ses enfants et toutes les forces politiques, économiques et sociales, évitant la division sur des sujets secondaires, d’apprendre à respecter nos différentes sensibilités et donc les opinions d’autrui, par la culture de la tolérance.

Sur les mutations géostratégiques  militaires, politiques sociales et économiques au niveau de la Méditerranée, du  Maghreb et du Sahel voir l’ouvrage collectif sous ma direction du professeur Abderrahmane Mebtoul et du docteur Camille Sari auxquels ont contribué 36 experts européens et maghrébins(algériens-tunisiens-marocains-mauritaniens- Libyens ( officiers- politologues, juristes, historiens  sociologues-économistes )» le Maghreb face aux enjeux géostratégiques ( (2 volumes 1050 pages) Editions Harmattan Paris France 2015 -Ouvrage collectif  – -Revue  IEMed 2017 -Barcelone -Espagne, un important collectif analysant  la sécurité, le politique, l’économique, le social et le culturel  de la région méditerranéenne auquel a contribué  le professeur  Abderrahmane Mebtoul  sur le thème  » impact de la baisse du cours des hydrocarbures sur les équilibres macro-financiers et macro-sociaux  de l’économie algérienne : urgence  d’une nouvelle politique économique  », est paru (2017)  sous la direction du professeur Senen Florensa, ancien diplomate et ministre espagnol,  Président de l’Annuaire  IEMed  (516 pages), préfacé  par Johannes Hahn Commissaire  européen  à la politique de voisinage aux négociations  d’élargissement. Ont contribué 51 personnalités  internationales (ministres-  diplomates- politiques, militaires, économistes, sociologues, historiens-écrivains) des deux rives  de la Méditerranée  en huit  chapitres.

 

Auteur
Dr Abderrahmane Mebtoul

 




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