9 décembre 2022
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 Le désastre noologique vu par Amin Zaoui

DEBAT

 Le désastre noologique vu par Amin Zaoui

Dans son billet publié dans le journal Liberté du 04 juin 2020, l’écrivain algérien Amin Zaoui avoue ne pas comprendre les plus illustres des penseurs et autres écrivains nord-africains.

Le ton de l’article montre une certaine perplexité de l’écrivain envers le désastre noologique engendré par l’universalité des auteurs cités.

En omettant les enjeux noologiques de l’entreprise universelle, il cite des noms contemporains qui ont défendu la cause berbère tout en oubliant le cas de ces résistants dont l’histoire fait écho.

Nous voulons parler de l’auteur des « Maffakhir al Barbar » qu’un jeune anthropologue considère comme le digne représentant du nationalisme berbère des temps médiévaux. En effet, le désamour affiché par l’auteur envers un certain nombre de penseurs peut être considéré comme un désaveu de l’éducation inculquée à la jeunesse algérienne ou maghrébine et au pire un volte-face « résistantiel » envers une aliénation culturelle.

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Dans nos recherches amazighologiques, nous avons depuis fort longtemps pointé du doigt notre désapointement envers le mépris des Barbares par Saint Augustin, l’hautanéité affichée par Apulée face à Emilianus le Punique et le paravent autobiographique d’Ibn Khaldoun pour se donner une illustre origine arabe.

Alors s’il n’y a que ça comme problème pour définir l’identité des Nord-Africains, on ne se méprendrait de la sorte pour dénoncer les convoitises universelles d’un Ibn Rochd et de tant d’autres alors que les « chefs » se sont fourvoyés dans des considérations dithyrambiques pour instaurer un régime étatique à la mesure de leur ambition politique.

Pire que les écrivains, les chefs d’Etat : de Massinissa à Boumédiene, ont tous aliéné une part d’eux-mêmes pour promouvoir la langue de l’autre au détriment de leur langue maternelle. 

Le mal est si profond qu’il faut remonter aux premiers temps de l’histoire pour déceler les causes « adunatives » d’un tel ressort historique.

Autant dire que cela remonte aux premières déterminations géopolitiques qui ont obligé les chefs de la Tribu-Etat soit à adopter la langue de l’autre soit carrément changer leur identité. Si ces phénomène sont connus par les historiens, on ne peut que se réjouir de la prise de conscience du problème identitaire par de plus en plus d’intellectuels maghrébins.

On s’en réjouit même plus mais au mieux le chemin est encore long pour saisir historiquement, l’incapacité de la culture des Amazighs pour forger sa propre universalité.
                                                             

Auteur
Fatah Hamitouche, ethnologue

 




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