30 septembre 2022
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Le misérabilisme de l’impuissance et la politique

Souveraineté populaire et élections

Le misérabilisme de l’impuissance et la politique

« Dans l’optique de la psychologie béhavioriste, le conditionnement est le mécanisme de base de l’apprentissage. Il consiste à créer une association systématique entre un  »stimulus » et un  »comportement » ». 

Ce principe du conditionnement est appliqué en politique mais d’une manière travestie, c’est-à-dire, au lieu d’enseigner les principes démocratiques au peuple pour lui apprendre à prendre son destin en main, (parce que le citoyen est l’élément fondamental de cette démocratie, il y va de sa souveraineté, par conséquent de sa liberté), on lui a appris à voter, le stimulus étant tous les programmes qu’on lui présente pour lui faire miroiter un avenir meilleur, ce qui conduit à ce comportement qui est l’élection.

« Je ne crains pas le suffrage universel: les gens voteront comme on leur dira », disait Tocqueville. L’élection est la dernière trouvaille des riches pour se maintenir au pouvoir, amasser des fortunes, fuir le fisc, contrôler la justice par la corruption des magistrats, instaurer des politiques d’austérité pour terroriser le peuple afin de le maintenir dans le « misérabilisme de l’impuissance. »

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Étienne Chouard, militant politique français avait suscité un grand débat en posant la question sur les moyens de désigner nos représentants autre que l’élection. Il écrivait ceci: « L’élection ressemble à un mythe religieux, avec un dogme, un catéchisme enseigné très tôt aux enfants, des interdits de douter, des prêtres, des blasphèmes et des excommunications… tout ça au service d’un pouvoir bien réel, pas idéal du tout.

Depuis 200 ans, l’élection permet aux riches d’acheter le pouvoir, (et donc de ne plus payer d’impôts, de mener durablement une politique de chômage, de bas salaires et de gros profits) et ils appellent ça le « gouvernement représentatif »

Mais l’élection est-elle vraiment le seul moyen de désigner nos représentants ?

Ne serait-il pas possible d’instituer un autre type de gouvernement représentatif, moins corruptible, mieux contrôlé à tout moment?

C’est une question qu’aucun élu (ou candidat à l’élection), évidemment, ne voudra débattre, pas plus que ceux qui financent leurs campagnes électorales pour défendre ensuite leurs intérêts.

C’est donc une question à débattre entre citoyens qui n’aspirent pas au pouvoir mais qui espèrent bien interdire les abus de pouvoir. »

À la veille de l’indépendance, les putschistes qui étaient, pour la plupart, des ignares de la philosophie politique, avaient  calqué le modèle jacobin français, un modèle unitaire centralisé qui consacre la primauté du désigné sur l’élu, trahissant ainsi un principe fondamental consigné dans la proclamation du congrès de la Soummam qui prévoyait l’inverse, c’est-à-dire la primauté de l’élu sur le désigné.

Aujourd’hui, les assemblées locales ; APC ou APW, sont handicapées en matière de prérogatives, elles sont à la merci du wali qui,  a le droit de vie et de mort sur tout ce qui engage le destin de la wilaya ; développement économique, activités culturelles et sportives…

C’était la première et la plus dramatique des spoliations de la souveraineté  populaire.

Or, un modèle d’organisation sociale, politique et juridique très efficace et qui ne coûte absolument rien à la cité, existait déjà en Kabylie, il aurait suffit de le moderniser et le mettre au diapason du nouveau monde.

Albert Camus, dans son opus « Misère de Kabylie » a avancé le concept « Douar-commune » », mode d’organisation qui s’inspire du courant philosophique « l’anarchisme » cher à Proudhon, selon lequel la décision doit être immanente et non transcendante, c’est-à-dire, les décisions partent de la base, des douar-communes et non pas en provenance de l’Etat central qui ne connaît rien aux spécificités des différentes communes   

Les moyens dont parlait Étienne Chouard, avaient,  non seulement, existé mais ils ont merveilleusement bien fonctionné chez nous. Cela devrait inspirer nos politiques pour revivifier cette organisation ancestrale. On aura au moins le mérite d’avoir consommé un produit local dans un pays qui importe tout.

 

Auteur
Salim Chait

 




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