10 décembre 2022
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Le « monde arabe » : des fantômes parmi les vivants ? 

Ligue arabe

« Vivants ! Vous êtes des fantômes ; c’est nous qui sommes les vivants » ! Victor Hugo

Après des siècles d’engourdissement, les peuples arabes reprennent conscience de leur passé glorieux, de leur aliénation présente, et de leurs forces potentielles futures. Les difficultés économiques, le malaise social, l’impasse politique, le règne de l’immoralité ne sont pas étrangers à ce réveil des peuples arabes et musulmans. Ce qui frappe d’emblée l’observateur, c’est la jeunesse des mouvements contestataires dans la quasi-totalité des pays où l’islam est majoritaire.

Partout dans le monde les jeunes aspirent à participer plus activement à la gestion des  affaires politiques et économiques. Cependant dans la plupart des pays arabes les systèmes sont sclérosés empêchant le renouvellement des élites et la renaissance des idées. La jeunesse arabe et musulmane ne veut plus d’un Etat comme un legs du colonialisme ou comme un instrument hégémonique occidental.

Ce qu’elle désire par-dessus tout c’est d’un Etat de droit ouvert sur le monde fondé sur une morale et animé par des dirigeants honnêtes et compétents élus en toute liberté sur la base d’un programme clair et d’un échéancier précis et sur lequel ils seront appelés à être jugés. Le phénomène contestataire contemporain est le produit de toutes les tensions, les traumatismes et les frustrations accumulées durant ces dernières décennies. Les mouvements de protestation traduisent le désarroi d’une population privée d’idéal et de perspectives d’avenir dans un contexte de crise sociale  et de contradictions économiques.

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Quand l’Occident parle de droits de l’homme, il faut comprendre les droits de l’homme occidental. Les autres n’ont pas de droits, du moins dans la pratique, ce sont des sous hommes, des attardés mentaux qui polluent le bonheur terrestre éphémère des sociétés évoluées.

Pour s’en convaincre, il suffit d’entendre le vacarme étourdissant des médias européens, quand un des soldats meurt au champ de bataille en terre étrangère et le silence assourdissant des gouvernants occidentaux devant les milliers de morts en Afrique ou en Asie pour une guerre qui n’est la leur. 

La comptabilité macabre médiatique est précise et le palmarès revient à celui qui compte le plus de morts. Un monde occidental sans état d’âme gouverné par l’argent dans lequel le profit est devenu un dieu universel pour l’adoration duquel l’être humain est prêt à n’importe quel crime et à n’importe quel mensonge. 

Un monde dans lequel les ressources naturelles sont pillées tandis que les habitants qui vivent sur le sol et le sous-sol qui les renferment croupissent dans une misère organisée par des tyrans qui les maintiennent dans l’ignorance des véritables enjeux. Dire que la forme étatique moderne ne peut avoir de légitimité aux yeux du monde arabe et musulman revient à reconnaître l’incapacité des dirigeants à répondre aux problèmes et aux aspirations des populations dans un cadre étatique.

L’Etat se trouve désigné du doigt comme étant responsable de la misère croissante qui frappe la majorité de la population et son incapacité à faire une place à la jeunesse dans le système politique et économique. L’Etat national repose sur des intérêts particuliers, sources d’accumulation personnelle par le biais des commissions et de prédation qu’autorise la détention du pouvoir.

C’est la raison pour laquelle les pays arabes veillent jalousement sur leurs frontières et ce, soit disant pour des raisons de « souveraineté nationale ». Pourtant, toutes les frontières sont aberrantes et artificielles mais aucun chef d’Etat arabe ne veut remettre en cause les frontières héritées de la colonisation, chacun tient à sa petite épicerie qu’il veut protéger des supermarchés.

Les régimes arabes, qu’ils soient monarchiques ou militaires, progressistes ou conservateurs, islamiques ou laïcs, connaissent tous sans exception le problème de la contestation au nom de la liberté.

Or dans ces pays où la croissance de la population progresse souvent à un rythme vertigineux, l’élan démographique nourrit la dynamique islamique. Ce que recherchent les populations à travers le nationalisme, le socialisme, l’islamisme et la démocratie, c’est une certaine dignité face à leurs gouvernants et face au monde extérieur : une soif de dignité, de liberté et de justice.

Mais n’est-ce pas là les valeurs de l’homme moderne prônées par la culture occidentale contemporaine dominante ? Ces valeurs ne sont-elles pas comparables à celles développées par l’islam ancestral et éternel des peuples arabes et musulmans qui rayonnèrent au moment où l’Europe du moyen âge était plongée dans les ténèbres ?  

Dr A. Boumezrag

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4 Commentaires

  1. Votre islam ancestral et éternel des peuples arabes et musulmans, n’est que supercherie, mythe et totalitarisme. Le jour ou ses peuples dits, arabes s’affranchirons de cette idéologie des ténèbres, ils verront le bout du tunnel. Il faut d’abord qu’ils acceptent de critiquer l’Islam. Pour cela je vous recommande le travail de fond initié par Madjid Oukacha sur la critique de l’Islam. Il faut briser le tabou pour avancer.

  2. Toutes les religions sont des supercheries avec des prophètes auto-proclamés qui endorment les peuples aveugles…
    Quelles conneries !!!

  3. je ne pense pas qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain! il faut réformer l’Islam et ça commence par chacun de ses pratiquants, qui doivent abandonner l’absolutisme religieux, accepter l’autre non-pratiquant, athée, adepte d’une autre foi, accepter l’idée qu’on ne détient pas à nous seul la Vérité! je ne partage pas les commentaires précédents mais je me garderai de porter un jugement réprobateur à leur endroit et encore moins lancer le moindre anathème!

  4. Ayant abandonné toute croyance religieuse (ex musulman), je rejoins le commentaire de husseyn. Ma propre réforme de ma croyance m’a conduit à ne plus croire. J’en connais d’autres qui n’ont pas abandonné leur culte, mais dont la foi à évoluée et qui ont relativisé certaines « certitudes » religieuses.

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