24 avril 2024
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Le panel, un coup de poignard dans le dos du Hirak

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Le panel, un coup de poignard dans le dos du Hirak

Ce qui devait arriver est arrivé, confirmant mes articles réitérés. Le Panel, sorti des rangs des experts du pouvoir, négocie avec le régime militaire. Négocier avec les généraux, c’est déjà se compromettre et s’agenouiller devant la force. Mais négocier en étant les experts du régime, c’est tout simplement une farce.

Et qui je repère dans la liste des représentants de ce Panel ? Fatiha Benabbou, la professeure de droit constitutionnel, au service du régime militaire, contre laquelle j’ai eu des mots très durs dans l’une de mes réponses à ses affirmations.

Il faut dire que le mouvement de dissidence populaire a fourni l’arme par laquelle il sera inévitablement assassiné. Depuis des mois il refuse de s’organiser en comités, de rédiger des textes de résolution et d’élire des représentants.

Il ne fallait pas être madame Irma pour prévoir ce qui allait se passer dans une boule de cristal. La seule affirmation que je partage avec les constitutionnalistes du régime militaire, comme Fatiha Benabbou, c’est que les institutions ont horreur du vide. 

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Et lorsque le vide apparaît trop longtemps ce sont ceux qui garantissent la stabilité ou qui sont dotés d’un opportunisme redoutable qui le comblent. Les généraux comme les experts du régime ont investi ce terrain et il sera très difficile de les déloger.

Je ne fais aucune fixation personnelle sur Madame Benabbou mais c’est celle qui représente la spécialité qui m’est la plus proche et envers laquelle j’ai la plus forte opposition, le mot est un euphémisme.

Négocier avec le pouvoir militaire c’est comme si vous vous attaquiez aux divisions de Staline avec une armée en bicyclettes. Et si les conducteurs de bicyclette sont salariés par Staline, on atteint le sommet de la supercherie politique.

Les généraux ne connaissent que le langage de la force. Le Hirak avait pourtant admirablement trouvé la voie d’une puissance redoutable sans en arriver à la guerre civile. Ces représentants élus auraient eu la légitimité incontestable des mouvements révolutionnaires. En plus, cela aurait été sans effusion de violence, la force la plus solide qu’il soit pour une seconde république.

De toute part sortent aujourd’hui des pactes, des comités de ceci et de cela. Voilà aujourd’hui le Panel qui propose de négocier avec les généraux. Si ce n’était pas aussi grave j’éclaterai d’une apoplexie de rire en lisant le nom de la grande constitutionnaliste du pays qui en fait partie.

Le nom de «panel » est éloquent autant que comique. Dans sa définition par le dictionnaire c’est la représentation, par un échantillon, de toutes les opinions d’une population donnée. Bensalah est dans la continuité du régime militaire algérien, il décide qui est représentatif des courants politiques. Il existe bien des parlementaires « nommés » prévus par la constitution algérienne, nous avons donc l’habitude des bouffonneries de ce genre.I

Il est temps que le mouvement de dissidence populaire réagisse, le plus vite possible, car il est dans un état de très grand danger. Le processus des compromissions est évolué dans son organisation. On le connaît depuis plus d’un demi-siècle, c’est la police d’assurance la plus solide du régime militaire. 

 

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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