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Le racisme sans honte, même face à des nouveau-nés en France

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Le 1er janvier 2026, La Provence publiait ses traditionnels articles sur les premiers bébés de l’année, à Avignon et à Arles. Rien de spectaculaire : quelques photos, les prénoms des enfants, un geste symbolique pour célébrer la vie et la continuité. Quelques heures plus tard, ces articles étaient devenus le point de départ d’une vague de commentaires haineux sur les réseaux sociaux.

Le constat est brutal : des centaines de messages visaient les prénoms à consonance arabe des nouveau-nés. Très vite, la critique cède la place à la haine. Des insultes, du racisme assumé, des attaques décomplexées. Ce n’est pas un débat sur la culture ou la langue, ce n’est pas une critique journalistique : c’est de la violence verbale, gratuite, dirigée contre l’innocence même. Face à cela, la rédaction de La Provence n’a eu d’autre choix que de fermer les commentaires, après avoir tenté de les modérer.

Cette décision, expliquée par le directeur de la rédaction Olivier Biscaye dans un éditorial publié le 6 janvier, ne relève pas d’un simple réflexe technique. Elle traduit un dilemme qui se pose à tous les médias : céder au flux haineux, ou affirmer que certaines limites doivent être respectées. Supprimer l’article aurait été simple. Cela aurait mis fin à la polémique et réduit la visibilité des attaques. Mais c’aurait été aussi un aveu : l’extrémisme dicte ce qui peut exister ou non dans l’espace public. Maintenir l’article, en revanche, c’est envoyer un message clair : la haine ne décide pas du contenu éditorial.

Au-delà de la réaction d’un quotidien régional, ce phénomène révèle une réalité inquiétante : le racisme n’est plus marginal, il est décomplexé. Sur les réseaux sociaux, il s’affiche sans filtre, sans honte. Il ne se limite plus aux débats politiques ou aux sujets sensibles. Il s’attaque à ce qu’il y a de plus élémentaire : la naissance, l’innocence, l’avenir des enfants. Quand des bébés deviennent des cibles, ce n’est plus un simple dérapage : c’est un indicateur d’une société qui vacille, d’une population qui normalise l’intolérance et la violence verbale.

L’éditorial de La Provence ne se contente pas de relater les faits. Il affirme une ligne politique et morale. La liberté d’expression ne peut être instrumentalisée pour insulter ou déshumaniser. Refuser de supprimer les articles, c’est refuser que l’extrémisme impose ses règles. C’est rappeler que certains principes — respect, humanité, ouverture — sont non négociables, même quand le flux numérique devient incontrôlable.

Cette affaire est aussi un avertissement pour tous les médias, nationaux et régionaux. Les réseaux sociaux ne sont pas neutres. Ils peuvent devenir des chambres d’écho pour la haine. Les journalistes doivent choisir : céder, se taire, fermer, ou tenir fermement leur rôle. La Provence a choisi de tenir. C’est une position courageuse, mais nécessaire.

Quand des prénoms deviennent des cibles, ce n’est pas seulement la presse qui est attaquée. C’est toute la société qui est interpellée. Et face à cette banalisation de la haine, le silence, l’indifférence ou la complaisance ne sont plus des options.

Djamal Guettala 

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3 Commentaires

  1. DU PAREIL AU MÊME….

    Et vous de signaler des prénoms à consonances.  » arabes  ». Le plus approprié est de signaler des prénoms à consonnance maghrébine.
    Voyez-vous, tant et aussi longtemps que vous assimilez constamment les Nords Africains à des  » arabes  » , vous aurez toujours en face de vous des personnes comme moi qui se désolidarisent de vos dénonciations  » arabiques ou arabesques  ».
    Nier l’origine ethnique d’une population autochtone en lui imposant une identité de rechange, ça a aussi c’est racisme pour ne pas dire une participation à un ethnocide. Critiquer toujours les autres en cachant et passant au silence ce qui se passe chez soi.

    AKKA IG XEDDEM ULƔEM
    ITT WALI KAN TAƐRURT N ULƔEM NNIḌEN
    LLAN KRAYI N IMDANEN YIFITEN UƔYUL,NETTA MEQAṚ INFAƐ IMALEN IS.

  2. Cela présage malheureusement ce qui risque de se passer si le RN gagne la présidentielle Française car réduire la haine de certains Francais à la perte de l’Algérie est simpliste et stupide ,la très grande majorité des Francais n’ont pas connu ce temps là mais ils ont eu à supporter les incivilités , le manque de respect ,la délinquance ,les revendications d’une religion qui n’est pas la leur et le dernier exemple en date les débordements des supporteurs Algériens pour une compétition qui ne concerne en rien les Francais .Malheureusement les haineux ne feront aucune différence entre les délinquants et ceux qui ne demandent qu’à vivre paisiblement dans le respect du pays ou ils vivent

  3. Monsieur Guetalla, vous et vos semblables êtes les maîtres en la matière avec votre politique de curée : faites ce que je dis et pas ce que je fais!
    Voyons voir votre malhonnêteté intellectuelle et celle de vos semblables en condamnant ailleurs ce que vous défendez toute honte bue ce que vous faites chez vos et à ce titre je vous renvoie à ce qu’a dit Appatie pour l’Algerie: ´ Le nazisme est le disciple du colonialisme ´.
    En clair, à ce jour; les prénoms Berbères sont interdis dans certaines contrées d’Algerie et il faut bien passer par la justice et encore !
    Sinon, remontez le temps aux années 70 pour comprendre que les prénoms Berbères sont simplement et uniquement interdits dans leur propre terre et … jusqu’à vous dire d’aller en Israël pour d’éclater votre naissance.
    Monsieur Guetalla, il est probable que la déchéance de nationalité soit appliquée pour juste nommer une naissance par un prénom Berbère car VOUS et vos maîtres qui crient au loup invoquerez l’atteinte à l’unité nationale car cette loi est à appeler 87 ter et ne cible que … .
    Monsieur Guetalla, balayer devant chez vous d’abord et cessez le moralisme donneur de leçons.

    Monsieur Guetalla, qu’est qu’elle a d’Arabe l’Afrique du Nord pour la dénommer comme tel alors qu’historiquement, culturellement, linguistiquement, ethnologiquement … elle est elle et bien Berbère à que vous assumez votre ignorance à assimiler religion et identité.
    La religion n’est nullement identité et je vous renvoie à l’Iran, Turquie, Indonésie … .
    Cachez moi ces seins que je ne saurais voir est votre devise Monsieur Guetalla toute honte alors que vous glorifier l’ethnocide d’Affique du Nord qui vit le syndrome Kanak!
    Monsieur Guetala, quelqu’un à dit:’ quand un Arabe proclame son Arabité, il est dit de lui Nationaliste et quand je proclame ma Berberité, je suis traité de réactionnaire, de séparatiste, de mécréant, d’anti Algerianité ! Prenez exemple de la critique de cet écrivain monument que je ne vous citerai pas.
    Arrêtez votre hypocrisie pseudo-humaniste et remettez vous en cause en premier lieu car ces gens là ne sont que vos propres disciples dans le domaines.
    Bon vent

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