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Le RN face à la justice : le « système Le Pen » scruté de près

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Le procès en appel du Rassemblement national (RN) – ex-Front national – et de plusieurs de ses responsables, dont Marine Le Pen, se poursuit dans une atmosphère tendue. Au cœur des débats : l’usage présumé frauduleux de fonds européens destinés à des assistants parlementaires, accusés d’avoir en réalité travaillé pour le parti. Le Parlement européen, partie civile, estime son préjudice à 4,4 millions d’euros.

Le parti d’extrême droite et 24 de ses membres sont accusés d’avoir utilisé  » les enveloppes destinées au paiement des frais d’assistance parlementaires  » pour « rémunérer sous couvert de contrats fictifs d’assistant parlementaire des personnes qui travaillent en réalité pour le parti ou pour ses dirigeants ».
Avec un enjeu tout particulier pour Marine Le Pen, condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité immédiate avec exécution provisoire, jugement qui l’empêche en l’état de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

« Le Parlement européen est victime d’un système », a lancé Didier Klethi, directeur général des finances de l’institution, une phrase lourde de sens face à un parti souvent prompt à dénoncer « Bruxelles » tout en profitant, selon la justice, de son argent. Les juges de première instance avaient déjà évoqué un « système organisé » au sein du RN, un mode de fonctionnement méthodique visant à détourner des ressources publiques pour alléger les dépenses du parti.

Face à ces accusations, Marine Le Pen campe sur la ligne de défense devenue classique du RN : l’innocence revendiquée, la victimisation politique et la dénonciation des institutions européennes. Dès l’ouverture du procès, elle avait assuré n’avoir « jamais eu le sentiment de commettre un délit » tout en reprochant au Parlement européen de ne pas avoir tiré la sonnette d’alarme plus tôt — un argument qui sonne ironiquement comme une tentative de blâmer l’arbitre plutôt que le joueur.

Didier Klethi a répondu sans détour : les règles étaient « claires et parfaitement connues » des élus. Un assistant parlementaire, at-il rappelé, peut être engagé politiquement, mais il n’a pas le droit de travailler pour un parti avec des fonds européens. Comparaison simple : « Un salarié ne peut pas travailler pour une autre entreprise sur son temps de travail », at-il illustré. Autrement dit, le RN savait parfaitement ce qu’il faisait — et a compté sur l’opacité et la complaisance pour passer entre les mailles du filet.

Lorsque les magistrats ont demandé si le Parlement avait manqué de vigilance, Klethi a souligné que le système reposait sur la confiance envers les élus. Mais ce même principe est devenu, dans les faits, une opportunité dont certains ont abusé. Avec plus de 6 500 contrats et peu de moyens de contrôle, le Parlement européen s’est retrouvé démuni face à ce qu’il décrit désormais comme une manipulation organisée.

Un parti dit antisystème mais profitant du système

Ironie du sort : le RN, qui se présente depuis des décennies comme le pourfendeur des institutions européennes, a profité plus que tout autre des mécanismes de financement de l’UE. Ces procès rappellent que, derrière la rhétorique « patriote » et le discours sur la probité nationale, s’est parfois construit un modèle politique fondé sur la captation d’argent public.

À l’heure où Marine Le Pen se prépare à une nouvelle campagne présidentielle, cette affaire ravive une question de fond : peut-on incarner la probité et la rupture avec le « système » quand on en tire ainsi parti ?

Rabah Aït Abache avec agences

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