18 août 2022
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Le village de Mesloub se remémore ses martyrs de la tragédie nationale

Mesloub en souvenir des victimes du terrorisme

En cette période estivale que les citoyens du village Mesloub, commune de Mekla (wilaya de Tizi-Ouzou) ont décidé de rendre hommage à leurs trois enfants qui ont perdu la vie contre le terrorisme pendant la décennie noire.

À leur honneur, le collectif associatif du village organise un tournoi de football qui va débuter ce samedi 23 juillet au nouveau stade situé au lieu-dit El-Qula inauguré récemment.

Pour l’Histoire et la mémoire, il est de notre devoir de ne pas les oublier, affirme Sadi Akmoussi, l’un des organisateurs de l’événement au moment de l’ouverture de la cérémonie d’ouverture du tournoi qui s’est déroulée le jeudi 21 juillet. Il dit : « Nous sommes ici ce soir pour honorer la mémoire de nos valeureux martyrs qui, au prix de leurs vies ont défendu notre droit de vivre librement sur cette terre aussi chère que prospère. Mais croyez-moi que si nous ne nous limitions qu’à des festivités folkloriques pour se faire, leurs combats, leurs sacrifices seraient vains. »

La nouvelle génération doit prendre connaissance que Mesloub figure parmi les villages à l’instar des autres régions du pays qui ont subi durement la décennie noire. Malheureusement, à l’échelle locale, il n’y a pas un village de la daïra de Mekla qui n’a pas perdu un de ses enfants pendant cette triste période.

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Malheureusement, celle-ci a fait l’objet d’une manipulation politique à grande échelle et qui a poussé certains jeunes à ignorer que trois personnes de leur village ont perdu la vie contre le terrorisme, notamment Mecili Saïd, policier, le cousin d’Ali Mecili, assassiné le 15 octobre 1990 à Bologhine (Alger), Boussad Amireche, gendarme, a été assassiné le 2 mars 1994 à Blida et Maddi Idir, un appelé sous les drapeaux, lui aussi assassiné le 9 juillet 1997.

Les citoyens du village et leurs familles immédiates vivent encore dans la douleur à cause du dénie, une forme d’injustice non rétablie.

D’ailleurs, au moment de faire les tirages des équipes engagées dans le tournoi, une prise de parole a été donnée aux familles des trois victimes. À commencer par l’épouse de Boussad Amireche; c’est avec courage et sanglots qu’elle a pu remercier les organisateurs. Pour Na-Titem, la mère d’Idir Maddi, la forte émotion qui a pris le dessus l’a empêchée de s’exprimer, sauf demander à Sadi Akmoussi de le faire à sa place. Emouvant moment d’une mère dont la douleur étreint la parole, malgré les années.

L’assistance est très émue, il est difficile de retenir les larmes devant les réactions des parents. Invraisemblablement, ces familles des victimes de la tragédie nationale souffrent en silence.

La triste réalité, certaines décisions politiques prises par le gouvernement de Bouteflika comme la loi pour « la réconciliation nationale » et « consolidation de la paix » – Une loi absurde pour effacer dans nos mémoires les raisons et les causes de leur disparition – ont créé des sentiments de reniement. Les formules de pardon faites sur mesure au détriment des victimes du terrorisme sont comme un coup de poignard derrière le dos : une trahison.

Paradoxalement, parler de la décennie noire est devenu un tabou pour ceux qui ont perdu un proche. En revanche, pour ceux qui ont franchi le pas en investissant dans la violence et en mettant le pays à feu et à sang, c’est une autre Histoire. Les fondamentalistes religieux avec ceux qui les soutiennent et ceux qui ceux qu’ils entretiennent, à qui on essaie de les absoudre de leurs crimes avec le motif « d’une erreur de jeunesse », sont devenus des personnalités de grande importance qui fréquentent les salons d’El-Mouradia. Rappelant qu’un certain Madani Mezreg a été reçu par Ouyahia pour une consultation politique.

La situation est encore pire lorsqu’une certaine classe politique populiste a semé la confusion dans un but de noyer les aspirations d’un projet de société pour une Algérie démocratique et laïque.

Justement, en dépit de la volonté de maintenir la société dans une forme d’amnésie, le but de cette commémoration décidée par les jeunes de Mesloub est de rappeler à la nouvelle génération que si la nation algérienne est encore debout de la menace intégriste et de ceux qui l’entretiennent, c’est grâce aux sacrifices des hommes et des femmes qui étaient en fonction pour sauver le pays.

Malheureusement, depuis l’indépendance qu’on essaie d’entretenir l’oubli en emberlificotant la société afin de garder le pouvoir. Chaque crise est réglée avec une procédure propre des régimes autoritaires : en fixant les règles avec des injonctions judiciaires pour éviter toute solution allant vers un processus démocratique tout en protégeant les responsables des crimes.

En pensant notamment à la rébellion du FFS en 1963, les assassinats politiques, la décennie noire, le printemps noir de 2001 et en dernier les incendies de la Kabylie de l’été 2021. Pour chacun de ces tristes événements, aucune justice n’a été rendue, il reste beaucoup de questions sans réponses.

Pour conclure, il est impossible de parler de Mesloub sans évoquer Saïd Dirami et Ali Mecili, deux personnalités issues du village, qui ont disparu dans de tristes circonstances. Pour le premier, il a été emporté par une maladie le 21 janvier 1993 dans un moment où les Algériens se battent pour une Algérie démocratique, et pour le second, il a été assassiné le 7 avril 1987 à Paris par les services à cause de son engagement politique en faveur d’une Algérie libre et démocratique également. Sans oublier les 23 martyrs tombés au champ d’honneur pendant la révolution contre la colonisation française.

Mahfoudh Messaoudene

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2 Commentaires

  1. Mono;

    La vie est plus forte que la mort; Oui, j’ai vu ma génération tuée par les fachos qui n’ont rien compris à la vie ni à notre pays.

    Rendez nous notre pays des années 70.
    Qui connaît Houari Boumediene avant 1965? Laisser les historiens écrire la vérité sur ce pays meurtri, dévalorisé par des incompétents.

    Merci à toutes les personnes qui s’investissent dans cette jeunesse abandonnée.(Saadi Akmoussi, Mesloub Rabah et Arab Ramdane qui a fui le pays depuis plus de 40 ans et tous les autres qui œuvrent pour que ce pays, cette région et Mesloub s’en sortent.

  2. Les Kabyles sont et resterons toujours des naïfs .Oulid bakhta n’a jamais dénoncé les affres que subi cette région . Nommer au centre culturel algérien n’est donner à n’importe qui ; je veux dire par là c’est grâce à l’aval du systéme mafieux . Mesloub en Kabyle veut dire : fou . Alors se Mr ne reviens jamais à la raison , il restera pour toujours dans son aveuglement ; il ne sera jamais du côté du plus faible . Le jour ou il dénoncera le régime par l’assassina des 130 Kabyles ; on peut dire qu’il est revenu à la raison . Je ne veux pas remplir son compte en banque tant qu’il ne se repentira pas .Azoul

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