Jamais mérite ne sera plus grand que celui des professeurs qui précédent le niveau du lycée. Non pas que ceux qui suivent n’en n’ont pas mais nous parlons de la formation des bases. Au lycée, c’est une autre étape, celle de la construction de l’édifice que soutiennent les fondations.
Il s’agit pour cette chronique de leur rendre hommage à travers le phénomène de l’éclipse solaire qui était survenue le 29 mars 2025. Bien que la chronique ait été rédigée le jour de l’événement, sa publication sera forcément ultérieure.
Un magnifique spectacle du ciel. Comme tout ce qui est exceptionnel le moment est court et rare. La prochaine est prévue pour le 12 aout 2026.
Nous aurons eu droit à deux éclipses dans le mois puisque pour la première, le 14 mars, ce fut l’ombre de la terre qui avait assombri la Lune. Ce 29 mars, l’éclipse du soleil sera partielle car la dissimulation ne dépassera pas le tiers. Etant seulement au matin du 29, je ne peux encore vous dire la proportion précise.
Hélas, l’éclipse ne pouvait pas se voir depuis l’Algérie mais seulement depuis l’Europe et la partie sibérienne de la Russie. Peut-être que je serais contredit ce soir. Cela m’étonnerait vu la précision astronomique des scientifiques (c’est l’adjectif qui convient). Mais non, je plaisante, c’est une certitude pour l’Algérie car l’éclipse est totale, tout le temps.
C’est fabuleux comment la lune peut dissimuler un astre qui est 110 fois plus gros que la terre. Pour le chiffre exact, j’ai dû vérifier.
On apprenait au collège le phénomène de l’agrandissement de l’ouverture croissante des angles en fonction de la distance. Alors, dans la cour, le prof nous avait dit de découper un petit rond de papier (les pièces de monnaie n’étaient pas autorisées à sortir de la poche).
Et nous devions placer le rond de plus en plus loin jusqu’à la limite d’extension des bras.
On s’apercevait que plus le rond était loin moins grande était la surface cachée.
Ce qui veut dire que la lune étant relativement proche, elle dissimule, partiellement ou totalement, l’énormité du soleil.
Même si cette connaissance était directement liée au cours de géométrie sur les angles, tous les profs n’hésitaient pas à nous rappeler d’autres phénomènes liés aux savoirs de cet âge. La rotation des astres autour du soleil, l’exception de la Lune dont la rotation se fait autour de la terre, leur éloignement et ainsi de suite.
Rien n’est plus fondamental pour la formation des futurs adultes que les savoirs qui sont apportés par ces profs merveilleux qui savaient associer des connaissances théoriques avec le maximum de pédagogie par leur observation dans leur réalité. J’emploie le passé car c’est objectivement ce que ma génération avait connu.
Je ne crois pas que le présent existe en Algérie pour ce genre d’instruction. Les ténèbres sont la seule leçon possible pour les pauvres élèves qui n’ont pas choisi de naître en ce moment et en ce lieu. Ils n’ont jamais connu la lumière du soleil, l’éclipse leur est donc une abstraction.
Boumediene Sid Lakhdar