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Les concessions sans contrepartie de Ségolène Royal au pouvoir algérien

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Opposée aux dérégulations arbitraires du capitalisme financier, l’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle française formulait le 23 mars 2007 à Marseille des règles du jeu axées sur la valeur du travail et le dialogue social, soumettait à son auditoire le pacte donnant-donnant ou gagnant-gagnant à faire prévaloir « dans tous les domaines de l’intervention publique ».

Presque deux décennies plus tard, la désormais présidente de l’Association France- Algérie (nommée à ce poste le 18 décembre 2025) ne reconduit pas ce même principe ou mantra synonyme de compromis modéré et raisonné. Elle le délaisse sous couvert d’une urgence l’incitant à colmater les brèches du schisme né entre les deux pays depuis qu’Emmanuel Macron ait décidé d’entériner, en octobre 2024, la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Seulement, vouloir à tout prix réduire le faussé existant, planter les balises de la réconciliation, acclimater des points de vue contraires, ce n’est pas d’une part outrepasser des prérogatives lui attribuant uniquement le soin de « renforcer le développement des relations amicales et de coopération », d’autre part conforter le régime autocratique en place de l’autre côté de la Méditerranée.

Pour déminer les tensions franco-algériennes, renouer les fils rompus du dialogue ou de l’entente cordiale, rétablir les canaux de la normalisation, atténuer la présente et durable crise diplomatique, l’ancienne ministre de l’Environnement dévoila le 17 janvier 2026, lors de la rencontre « Demain, la France et l’Algérie » (organisée à l’İnstitut des relations internationales et stratégiques, la réunion était consacrée au patrimoine culturel et aux enjeux économiques) un plan d’action, non plus donc fondé sur l’équilibre des échanges et transactions, c’est-à-dire le donnant-donnant ou gagnant-gagnant, mais la loi criminalisant le colonialisme français.

En arguant d’emblée que « La mémoire des violences coloniales n’est ni un calcul ni un intérêt politique, mais un droit fondamental de reconnaissance » ou que « La première réparation, la première excuse, c’est la restitution des biens culturels et des archives », Ségolène Royal répliquait la matrice d’une ordonnance votée le 24 décembre 2025 à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Ce jour-là, les députés algériens adoptaient un texte dénombrant une trentaine de crimes contre l’humanité (massacres de masse, exécutions sommaires, déplacements forcés, pillages des terres et ressources, tentatives de détournement identitaire et d’aliénation culturelle, privatisation et viole des droits humains élémentaires etc…), imputant à la France sa complète responsabilité juridique et exigeant aveux moraux, contritions, indemnisations ou réparations. Agissant au nom de la justice historique, les parlementaires algériens réclament la fin d’une impunité de près de deux siècles, la stricte application de conventions devant aboutir à responsabiliser l’État français. Or, mis au pied du mur, celui-ci n’est aucunement disposé à endosser les forfaits ou méfaits du passé colonial, surtout quand le Rassemblement national (RN), déjà crédité, en prévision du premier tour du scrutin présidentiel de 2027, de plus de 36% des voix, se trouve aux portes de l’Élysée. Avec lui, pas question de confesser les exactions commises aux cours des 132 ans de domination, de prononcer une quelconque repentance, de confier les biens culturels spoliés, de remettre les cartes susceptibles d’identifier le déploiement des mines ou les essais nucléaires du Sahara, de faciliter l’accession aux documents permettant d’informer les Algériens sur les menaces sécuritaires, le coût des dépollutions, les conséquences des dépravations environnementales ou les rétroactives séquelles psychologiques.

Puisque le parti de Marine Le Pen ne transigera jamais, mettra toujours en exergue les bienfaits de la colonisation, entre autres les infrastructures et industries léguées à l’Algérie, ne faudra-t-il pas un jour, si il arrive à fortiori à se hisser au plus haut niveau décisionnel, admettre que « la prégnante présence gauloise en zone barbaresque » ne fut pas totalement négative ? Lui accorder cette réalité factuelle, n’est-ce pas là le premier pas de la véritable concorde via laquelle les descendants des colons pieds-noirs concéderont que les dépréciations sociales et déculturations propres à l’indigénat structurel, les tueries collectives et déstabilisations géographiques ou la privatisation des terres par la violence induisaient la négation de l’autre musulman, de son être-là ? Ce type de donnant-donnant demeure à notre sens le prolégomènes de l’arrangement acceptable. Plutôt que de l’envisager sereinement et équitablement, la nouvelle responsable protocolaire estime que « c’est à la France que revient le devoir de faire un effort », de se précipiter en somme chez de pseudos-interlocuteurs dont l’objectif stratégique est de capitaliser à outrance la légitimité historique, de surcroît la rente mémorielle. La promulgation de la loi incriminant l’impérialisme français alimente les braises d’un dossier brûlant, ouvre la boîte de pandore, intensifie et focalise les reproches en direction de l’adversaire symbolique, ennemi sans lequel la récipiendaire « Famille révolutionnaire » n’a plus de retour identificatoire, l’opportunité d’engranger les mécanismes repoussoirs de la sociologie des conflits, d’exploiter avantageusement les relents archétypaux de la victimisation. De nature anti-démocratique, le régime militaire a trop à perdre pour délaisser la source hagiographique de ses immuables constantes et la démarche minorative de Ségolène mènera assurément au cul de sac de la compromission tant elle consiste à « tout rendre », à tout céder sans retour compensatoire, sans par exemple de garanties sur la pérennité du français en Algérie alors que la langue de Shakespeare y gagne du terrain.

C’est le cas dans le champ économique mais également artistique où les espaces de l’expression du sensible ont tendance a adopté les dénominations anglophiles de Seen Art Gallery, Ayn Gallery, Art Weka Gallery, Ahlem Gallery, Aida Gallery et Landon Gallery, où s’est substitué à l’acronyme FİAC (Foire internationale d’art contemporain) celui d’İFCA (İnternational festival of contemporary art), où son curateur principal, Hamza Bounoua, le gérant épisodique de « Diwaniya art Gallery », proroge ou parodie les éléments de langage des donneurs d’ordre, penche, par pur zèle et mimétisme, du côté d’une économie culturelle incubatrice de start-up, et, eu égard à ce vocable, évidemment de l’anglais.

Or, l’historiographie artistique se bonifiera en Algérie grâce à l’impulsion cognitive du français, idiome-viatique devenu le bréviaire privilégié de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts d’Alger (ENSBA) L’institution du parc Ziryab (ex-Gatlif) souffre aujourd’hui d’incohérences pédagogiques que pourraient d’ailleurs combler des plasticiens franco-algériens à inviter par intermittences.

Leurs séjours répétés ou cumulés au sein de la capitale algérienne garantiraient une plus-value technico-didactique tout autant profitable au Musée d’art moderne (MAMA), à condition bien sûr que, fermé en octobre 2019, il reprenne au plus tôt du service.

À ce sujet, l’un des accommodements à convenir avec les autorités algériennes (dans le cadre du processus de rapprochement objectif) est l’obtention d’une concession de longue durée. Assurant la scénographie de monstrations contemporaines libérées des injonctions ou coercitions des ministères des Moudjahidine et Affaires religieuses, le contrat culturel deviendrait par là-même le donnant-donnant et gagnant-gagnant d’une expérimentation transversale, la « projection vers des projets communs joyeux et enthousiasmants », pour reprendre ici l’ultime perspective opérante de Ségolène Royal (1).

Saâdi-Leray Farid, sociologue de l’Art et de la Culture

(1) L’intervention du 17 janvier de la présidente de l’association France-Algérie n’a eu aucune incidence sur les modifications apportées six jours après (vote en plénière du 22 janvier) à la loi sur la criminalisation du colonialisme français. Chargés d’examiner la cohérence et validité de ses articles, les membres du Conseil de la nation (le Sénat algérien) en rejetteront treize, parmi lesquels ceux relatifs aux réparations financières et excuses officielles, ces dispositions ne correspondant pas à la ligne politique jusque-là déterminée par le président Abdelmadjid Tebboune. Les réserves et contestations de la chambre haute du Parlement sur la mouture initiale obligent à revoir lesdites dispositions, à modifier ou améliorer leur formulation afin de « renforcer la cohérence et la précision du texte et d’assurer sa conformité avec les objectifs souverains pour lesquels il a été élaboré », prévenait déjà le 19 janvier Fayçal Bousdaria, le rapporteur de la commission de la défense nationale.

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