19 août 2022
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Les détenus d’opinion privés de leurs couffins

Détenus d'opinion

Le régime ne se contente plus de mettre arbitrairement en détention des Algériens qui se dressent contre lui. Il les prive aussi de ce précieux couffin que leurs proches leur amènent à chacune de leur visite. Les détenus d’opinion subissent l’innommable au quotidien.

Le détenu d’opinion doit se contenter de l’inqualifiable repas que sert les garde-chiourmes. Pas de repas chaud qui sentent bon l’extérieur et la famille.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Me Haddouche Nacéra attire l’attention de l’opinion publique sur cette énième dérive : la suspension de panier de détenu. Celle-ci « est une double détention ».
Dans son message, l’avocate écrit :
« Le prisonnier est censé payer une dette envers la société en le privant de sa liberté, mais pas à lui infliger une double peine visant à sa désocialisation et à sa déshumanisation. À travers le monde, on profite de la période des fêtes, surtout celles de la fin d’année, pour nouer des liens entre les prisonniers et la société en leur permettant de recevoir des colis et chaque détenu en a droit, même celui qui n’a pas de famille, des associations se mobilisent et se chargent de confectionner des cadeaux et les acheminer aux prisons afin de faire rentrer le sourire au sein de la population carcérale et montrer qu’il existe encore une société humaine à l’extérieur prête à accueillir à son sein tout prisonnier ayant purgé sa peine.
Le panier représente cela pour le détenu, mais aussi de la nourriture pour survivre car celle de nos prisons est infecte.
Ce panier reste suspendu malgré l’autorisation de nouveau des visites familiales. Et ce qu’il est considéré par les détenus comme une double détention et démoralisant. En demandant au détenu Cherifi Ahcène, âgé de 70 ans, son avis, de l’angle de comparaison, entre les conditions de détention à la prison de Lambèse durant les années 1970 et celle d’aujourd’hui Koléa, sa réponse était mitigée, mais il est catégorique quant à l’alimentation, qui était nettement meilleure en 1976. Et l’apport du coffin de la famille était un plus. »
Le témoignage de cette avocate qui a recueilli les avis de certains détenus est édifiant. Les autorités se font affranchies de toutes les lois qui protègent les citoyens. Elles foulent royalement au pied toutes les conventions des droits de l’homme signées et mis sous le coude la Constitution.
Plus de 310 détenus d’opinion, dont plus de deux tiers sont originaires de Kabylie, croupissent dans les prisons. Sans assise populaire, honni, le régime a instauré un climat de terreur dans la société. Toutes les lois qui protègent les citoyens sont bafouées.
Sofiane Ayache
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