20 avril 2024
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Les noces de Vénus et de Jupiter dans le ciel

Batifolages des dieux

Les noces de Vénus et de Jupiter dans le ciel

Ce lundi 13 novembre, il aurait fallu se lever très tôt pour apercevoir les planètes Jupiter et Vénus, très proches dans le ciel. Un phénomène céleste rare puisque la dernière image connue dans le monde est cette rencontre photographiée au dessus du pont de Brooklyn.

Je pourrais m’épancher des heures sur deux passions que ma curiosité sélectionne souvent, entre autres sujets. Nous voilà dans la parfaite concordance entre la passion du ciel et celle de la mythologie.

Ah, vous êtes devenu croyant, Monsieur Sid Lakhdar, au dernier tiers de votre vie ! Absolument pas car le ciel est pour moi une passion parfaitement ancrée dans la raison scientifique, en plus d’être un rêve de l’humanité.

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Quant à la mythologie, cela me pousse à une analyse récurrente. Comment des hommes ont pu croire à des sornettes aussi grossières que nous acceptons aujourd’hui comme de la poésie et de l’enchantement ?

En fait, il y a plusieurs millénaires, lorsque le Grec Hésiode écrivit sa célèbre Théogonie, d’où est tirée la mythologie grecque, il n’y avait pas Internet, l’humanité ne savait même pas que la terre était ronde et la lunette de Galilée, encore un fantasme très lointain.

Et lorsque le temps fait son effet, on ne retient que le rêve des hommes. En fait, la mythologie était une tentative d’explication du monde et de ses phénomènes. En cela, la mythologie nous paraît absolument pédagogique car on peut, aujourd’hui encore et à tout raisonnement, lier une parabole à nos tentatives d’explication philosophique. La guerre, l’amour, les cataclysmes, la trahison et tous les ressentis de l’humanité peuvent s’y retrouver.

L’histoire, lue au premier degré, est tout ce qu’il y a de plus fantasmagorique et, à moins d’être pris de démence, chacun sait que ce ne fut que les croyances des êtres humains non encore au fait des vérités scientifiques. En cela, la mythologie nous permet d’accrocher des références et des images symboliques à des points de développement, sans tomber dans le ridicule. Et pourtant, comme toutes les croyances, cette histoire inventée de l’imagination des hommes, colportée à travers les siècles, aura été d’une férocité sanglante pour les pauvres terriens qui se battaient au nom de ces divinités.

Dans le même temps, il y avait des savants dont nous appliquons encore aujourd’hui les démonstrations mathématiques et philosophiques. Comment cela se peut-il ?

Eh bien, de la même manière que dans deux ou trois millénaires, nos descendants se demanderont comment l’humanité a pu croire à un invisible dans le ciel, à un prophète qui marche sur l’eau, un autre qui entrouvre les eaux de la mer rouge et le dernier à se faire protéger par une araignée qui tisse une toile.

Eux aussi, ils se diront : pourtant à cette époque, l’homme a exploré l’espace, a inventé le miracle des télécommunications et de la médecine et ainsi de suite.

C’est ainsi que va l’humanité, marchant sur deux jambes, l’une voulant aller de l’avant, l’autre voulant la retenir. Parfois c’est l’une qui l’emporte, dans d’autres cas, c’est l’autre. Mais comme le chemin de l’humanité n’est pas prévu dans deux sens, elle finira par avancer.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir à voir ce magnifique spectacle dans le ciel qui ne nous tombera pas sur notre tête ni ne nous punira de son courroux.

Mais, dans ce rapprochement vu de la terre, Vénus prendra bien garde de rester à une distance astronomique de Jupiter, le grand maître de l’Olympe.

C’est que ce grand coquin de Jupiter (l’équivalent de Zeus chez les Grecs) a eu des relations amoureuses avec tout ce qui bougeait autour de lui, les dieux ascendants, descendants, cousins et plus éloignés. A cette époque, l’Olympe était le lieu de tous les batifolages. Il devait y avoir une sacrée explosion dans la tête des concepteurs de cette folle histoire.

Quant à Vénus, déesse de l’amour et de la beauté, Jupiter sait qu’il faut s’en méfier. Elle est l’équivalente d’Aphrodite chez les Grecs, née du sang de son père tombé à l’eau, émasculé par son fils (donc le frère d’Aphrodite) pour punition de tromperie permanente vis à vis de leur mère.

C’est dire si l’esprit des êtres humains est focalisé sur certains points bizarres lorsqu’il s’agit « d’expliquer le monde ». Finalement, c’est une projection fidèle de leurs fantasmes sexuels et morbides.

Alors, regardons le ciel, rêvons mais gardons notre raison.

S. L. B.

Enseignant (mais pas de physique)

 

Auteur
Sid Lakhdar Boumediene

 




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