3 octobre 2022
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Les violences policières contre le Hirak : « Ici, tu n’as aucun droit »

TRIBUNE

Les violences policières contre le Hirak : « Ici, tu n’as aucun droit »

Nous sommes à Jijel, en Kabylie. Le vendredi 14 mai 2021, deux retraités et manifestants réguliers dans les marches hebdomadaires du Hirak ont subi une arrestation arbitraire de la part des forces de l’ordre.

Au centre-ville de Jijel et après la fin de la marche du Hirak, une petite altercation a eu lieu entre quelques policiers et un groupe de jeunes, eux aussi membre de la marche hebdomadaire du Hirak. Voulant calmer cette petite altercation en appelant le groupe de jeune au calme, les deux retraités se sont vite trouvés encerclés par un groupe de policiers, en tenue civile.

L’un d’eux, ancien professeur de lycée, a été brutalement menotté par cinq policiers. Pourquoi ? Pour le simple fait de manifester et de demander plus de droit et de démocratie, et aussi, pour avoir appelé le groupe de jeunes en question au calme et à l’évitement des affrontements avec la police. 

Menotté et embarqué violemment dans la voiture de police, l’ancien professeur de lycée a subi maintes insultes et agressions physiques. Coups sur l’abdomen, perforation du tympan d’une oreille, saignements au niveau des poignets, en plus des atteintes morales à l’honneur de ses défunts parents et de sa famille. Une fois au commissariat de police du centre-ville de Jijel, la pression monte et les insultes s’exacerbent.

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Réclamant qu’on lui retire les menottes qui ensanglantent ses poignets, l’ancien professeur évoque le droit de manifester librement, dans le cadre de la loi et du respect d’autrui.

Le commissaire principale lui réplique l’assertion suivante : « Ici, tu n’as aucun droit ».

On a souvent parlé de l’Algérie de demain à partir du 22 février 2019. Bien sûr, les hommes de bonne volonté, les démocrates, les laïcs et les esprits libres œuvrent, tant bien que mal, pour  que cette Algérie puisse éclore un jour. Par ailleurs, les forces de l’ordre, alias les forces du désordre et de la répression, œuvrent pour un retour à l’avant-Bouteflika. Ils augmentent la répression des manifestants du Hirak chaque semaine, au nom du « droit » et de la « démocratie », bien sûr. 

Dans ce que la TV poubelle appelle « l’Algérie de demain » et le « Hirak béni », violer et agresser des femmes à Bordj Badji Mokhtar est moins grave que le fait de manifester pacifiquement. Le pacifisme est un crime. Les revendications démocratiques sont synonymes de « collaboration avec la France ».

Le viol et la brutalité sont innocence.  Surtout quand les femmes violées et agressées ne portent pas le voile ou la burka. 

 

Auteur
Faris Lounis

 




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