16 avril 2024
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L’étau se resserre sur les milliardaires offshore algériens ?

REGARD

L’étau se resserre sur les milliardaires offshore algériens ?

Le tribunal fédéral de Lausanne vient de rappeler aux banques suisses leur obligation à fournir des informations sur les comptes détenus par des citoyens français. Je sais que nombreux de nos nationalistes offshore sont allés ailleurs et plus loin, depuis longtemps. Mais, petit à petit, les outils juridiques mondiaux encerclent nos délinquants de grande envergure.

Délinquance est bien le terme qui qualifie cette gigantesque ponction de milliards en devises sur le dos de la peine et de la sueur des Algériens. Mais dans l’état où se trouve l’indigence d’une grande partie de la population, la qualification juridique serait criminelle s’y on y ajoutait le sordide de l’acte.

De plus en plus, des décisions au niveau international resserrent l’étau sur les grands délinquants financiers. La raison de cette nouvelle approche mondiale, dans un domaine où les États étaient incapables jusqu’alors de lutter contre l’argent sale et les évasions fiscales, est la montée de la grogne des peuples.

La crise mondiale a fait durcir les gouvernements car les peuples n’en peuvent plus d’être spoliés alors que leurs charges fiscales et sociales n’en finissent pas de s’alourdir, au prix d’une dette d’État qui pèse sur les épaules des générations futures. Nous mêmes, nous n’en pouvons plus de voir l’argent public, payé de notre travail en France, revenir entre les mains de milliardaires Algériens et de leurs familles dans une proportion insultante et vulgaire (car les contrats publics sont le fait de nos impôts).

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Ces dernières années des portes sont enfin ouvertes pour une investigation internationale plus sérieuse même si nous sommes encore loin de l’objectif final, celui de l’impunité zéro pour tout centime dérobé et dissimulé.

En 2010, nous avons vu apparaître pour la première fois un accord international sur l’échange automatique des données bancaires. Une convention signée par de très nombreux pays dans le monde.

Ce qui change par rapport à la situation précédente est le terme « automatique ». N’importe quel État peut connaître les avoirs bancaires à l’étranger d’un résident (national ou étranger) sans passer par des circonvolutions administratives et juridiques qui rendaient auparavant le processus quasiment impossible pour arriver au bout de l’objectif des investigations.

Il s’agit des avoirs bancaires mais les biens immobiliers peuvent être détectés par le jeu des comptes. Et cette richesse immobilière est insultante, il suffit de se promener en Espagne pour le découvrir. 

Bien entendu, l’Algérie des généraux n’a pas signé cette convention mais voilà un outil immédiatement disponible en cas de proclamation de la seconde république. Cette disposition se rajoute aux avancées précédentes qui voient de plus en plus des investigations aboutir lorsque les  États veulent absolument y mettre de la volonté.

Nous nous souvenons de l’affaire des Panama Papers où ce pays a peut-être enfin compris qu’il ne pouvait plus se comporter en blanchisseur d’argent sale venu du monde entier. Beaucoup ont compris ce qu’une simple clé USB, un employé indélicat ou une fuite informatique, pouvaient ébranler les systèmes d’État de blanchiment d’argent.

Pour la Suisse, ce sont les États-Unis qui ont frappé un grand coup sur la table et ont fait fissurer le célèbre secret bancaire Suisse dont nos dirigeants nationalistes et hommes d’affaires ont tellement profité. La Suisse, cette terre si connue des comptes à numéro et des stations de ski pour nos dirigeants, depuis la grande période socialiste du FLN et des colonels. 

 

Ce n’est pas la première fois que la banque UBS est épinglée par la justice internationale mais c’est aujourd’hui le tour des autorités gouvernementales et bancaires suisses de comprendre que ce temps est fini où l’argent de nos dictateurs corrompus trouvait refuge dans ce pays « neutre ».

Le tribunal fédéral de Lausanne vient donc de rappeler avec force la fin du secret pour tous les délinquants. Ce pays n’est dorénavant plus l’Eldorado pour ceux qui tiennent de main de fer leurs populations et les saignent au prix d’une terreur abominable. C’est le cas de nos généraux et de nombreux milliardaires du régime algérien.

 

    On sent que d’autres citadelles sont en train de se préparer au coup de buttoir qui finira par faire tomber les murs épais et opaques des paradis fiscaux. Même Singapour y viendra.

 

    Ce n’est plus tolérable que les peuples se fassent piller par des dictatures militaires et des systèmes d’affaires corrompus jusqu’à la moelle. L’Algérie doit récupérer tous les biens mal acquis, où qu’ils soient, sur le territoire national aussi bien qu’offshore.

 

    Les handicapés algériens, les femmes isolées, les écoliers qui ont faim, les hôpitaux indigents, tous devront bénéficier du retour de cette immense fortune qui leur a été spoliée par la violence d’État et par une délinquance d’affaires insultante tant elle a été ostentatoire et sans morale.

Cela, c’est une question de temps, ils n’auront aucun répit ni aucun lieu sur la terre pour y échapper. La vengeance n’a rien à avoir dans cette hargne de recouvrer ce qui a été spolié mais c’est une affaire de justice et de morale humaniste.

 

La seconde république sera le temps de la justice pénale et de la récupération des biens mal acquis ou ne sera pas.

 

Le rédacteur de cet article n’est pas un rêveur, la délinquance financière trouvera toujours un moyen de se régénérer sous d’autres formes. Mais en attendant, les délinquants actuels doivent avoir peur et la justice passer. Les généraux et milliardaires offshore doivent maintenant mal dormir, à leur tour, car en même temps que la perte du pouvoir, ce qui les ferait trembler davantage est de perdre leurs fortunes. 

Ils savent de longue date que le pouvoir crée et protège les fortunes, raison pour laquelle ils ne lâcheront pas de si tôt et certainement pas avec un Hirak qui refuse obstinément de s’organiser dans ses résolutions et votes de représentants légitimes.

 

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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