20 juin 2024
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Libertés en Algérie : le désaveu du Parlement européen

Parlement européen

Le Parlement européen vient de voter une résolution appelant l’Algérie à libérer les journalistes emprisonnés et à modifier le code pénal qui criminalise la liberté d’expression.

Sacré camouflet pour Tebboune et ses relais. A quelques semaines d’une visite d’Etat en France d’Abdelmadjid Tebboune, prévue en juin, les eurodéputés invitent les institutions de l’Union européenne ainsi que les Etats membres à aborder l’affaire El-Kadi Ihsane avec les autorités algériennes et à condamner ouvertement la répression exercée contre la liberté des médias. Ils les prient d’exhorter Alger à garantir l’octroi de visas et d’accréditations aux journalistes étrangers et de laisser ceux-ci travailler librement.

Une énième pierre dans le jardin de Tebboune

Le Parlement européen vient rappeler au chef de l’Etat que ses discours sur les libertés sont du pipeau. Personne n’y croit.

La résolution du Parlement européen vient le lui rappeler. Elle demande « aux autorités algériennes la libération immédiate et inconditionnelle d’Ihsane El-Kadi et de toutes les personnes détenues et inculpées arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression; engage les autorités algériennes à respecter et à promouvoir les libertés fondamentales, en particulier la liberté des médias, consacrée à l’article 54 de la constitution algérienne, à autoriser de nouveau les médias qu’elles ont interdits et à mettre un terme aux arrestations et aux détentions d’activistes politiques, de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et de syndicalistes; témoigne sa solidarité aux citoyens algériens qui manifestent pacifiquement depuis 2019 ; prie instamment les autorités algériennes de modifier les dispositions du code pénal algérien, notamment les articles 95 bis et 196 bis, qui ont trait à la sécurité et qui sont utilisées pour criminaliser la liberté d’expression, ainsi que d’aligner les lois restreignant la liberté d’expression sur les normes internationales en matière de droits de l’homme, en particulier sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que l’Algérie a ratifié et rappelle, comme convenu conjointement dans les priorités du partenariat UE-Algérie, qu’une presse pluraliste est essentielle pour consolider l’état de droit et les libertés fondamentales, notamment la liberté des médias et la liberté d’expression …» peut-on lire en résumé dans le texte de la résolution.

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Reporters sans frontières (RSF) s’est félicité de l’adoption de cette résolution qui montre selon l’ONG que le Parlement européen « n’entend pas rester silencieux face à la répression menée par les autorités algériennes contre les derniers médias indépendants du pays, quand bien même il s’agit d’un partenaire économique important. Alors que le procès en appel du journaliste El-Kadi est attendu dans les jours qui viennent, RSF demande à la Commission européenne et aux Etats membres de tout faire pour que le journaliste retrouve sa liberté ».

Les eurodéputés ont demandé jeudi 11 mai la « libération immédiate et inconditionnelle » du patron de presse algérien Ihsane El-Kadi et appelé les autorités algériennes à respecter la liberté des médias.

L’arrestation d’Ihsane El-Kadi a suscité une vague de solidarité parmi ses collègues et les militants des droits humains. Poursuivi pour « financement étranger de son entreprise », le patron de presse a été condamné le 2 avril à cinq années de prison dont deux avec sursis. Le tribunal de Sidi M’hamed à Alger a également prononcé la dissolution de sa société Interface Médias et la confiscation de tous ses biens saisis.

Cependant la situation globale du pays est des plus insoutenables. Les oukases européens sur les violations des libertés en Algérie se multiplient. Il s’agit là de la quatrième résolution du genre, après celle du 28 novembre 2019 sur la situation des libertés en Algérie, celle du 26 novembre 2020 sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Algérie, en particulier le cas du journaliste Khaled Drareni, et celle du 3 mai 2022 sur la persécution des minorités fondée sur les convictions ou la religion.

Emprisonnement, censure, pressions…

Cette résolution vient dénoncer la mise sous cloche des libertés en général et celle de la presse en particulier. Il faut rappeler ici que la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) et l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ) ont été dissoutes par le régime. Que de nombreux des médias sont poussés à la fermeture suite à des pressions multiples, la censure. Radio M et Maghreb Emergent que dirige Ihsane El Kadi sont les derniers en date à être fermés par le régime. Deux journalistes sont en prison : El Kadi Ihsane et Mustapha Bendjama.

Des centaines de citoyens sont également condamnés à la prison. Les défenseurs des droits humains parlent de 300 prisonniers d’opinion. Un nombre indéterminé d’Algériennes et d’Algériens sont sous le coup d’interdiction de quitter le territoire national.

Sofiane Ayache

1 COMMENTAIRE

  1. Un bon point. Le Parlement Européen a oublié de citer l’article 87 bis et ses victimes, kabyles en général, qui se comptent par centaines d’innocents.

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