13 avril 2024
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Lounis Aït Menguellet revisité : « Amjahed » ou le combattant dupé

POESIE

Lounis Aït Menguellet revisité : « Amjahed » ou le combattant dupé

«Si tu savais ce pourquoi tu t’es sacrifié, tu serais encore en vie !» C’est par cette phrase dit la rumeur que Lounis Aït Menguellet concluait Amjahed. Il semble que ses producteurs l’en avaient dissuadé. Excès de zèle, censure ou précaution avenante envers notre chantre ? La rumeur ne le dit pas.

Il faut dire qu’il fallait un certain courage et un sens de la justesse et de la perfection pour traiter, avec des mots qui ne prêtent à aucune ambiguïté, le caractère pervers de cette indépendance arrachée par le sacrifice des uns et confisquée par la soif-de-pouvoir des autres. Tout cela en 1977 ! c’est-à-dire du temps où la moustache du patibulaire Boumediene frétillait de tout son mépris à l’endroit de tout ce qui rime avec Kabyle et Kabylie.  

À tout juste 27 ans Lounis venait d’entamer un long et périlleux périple pour disséquer la société et ses tares, ainsi que le pouvoir et ses fanfares. Un périple et un engagement qui le conduiront à la case prison. Nous y reviendrons. En attendant voici une traduction de Amjahed qui essaie de respecter autant que faire se peut la forme et le fond de l’œuvre. 

«Amjahed», le combattant dupé

J’ai vu la fille de la montagne

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Mon esprit en fut bouleversé

Sous un rocher elle s’était refugiée 

 

Comme toutes celles qui peuplent nos contrées

Son nom n’est jamais prononcé

Tenant son fils par la main elle pleurait

 

Son mari est mort en premier

Vers les balles il s’est précipité

Sa pièce d’identité par le vent emportée

 

Sur un croissant on t’a allongé

Une étoile en sus pour t’enterrer

À ta mort on applaudissait

Rep.

J’ai entendu le ciel gronder

La neige commençait à tomber

Une veille aux tablettes demandait

Son fils où était-il resté

Il t’a inventé le combat

Une place au paradis il te gardera

 

Sur un croissant on t’a allongé

Une étoile en sus pour t’enterrer

À ta mort on applaudissait

Rep.

J’ai entendu les balles siffler

La poussière enveloppait les collines

La veille implorait la fenêtre

Quand lui ramènera-t-on son garçon

Que ton cœur oppressé soit rassuré

Il est le Chef des moudjahidines

 

Sur un croissant on t’a allongé

Une étoile en sus pour t’enterrer

À ta mort on applaudissait

Rep.

J’ai entendu l’avion qui vrombissait

J’ai senti la montagne craqueler

La vielle cherchait l’endroit

Où son fils était tombé

N’aie crainte lui dirent-ils

Ton indépendance il la gagnera

 

Sur un croissant on t’a allongé

Une étoile en sus pour t’enterrer

À ta mort on applaudissait

Rep.

J’ai entendu la forêt s’agiter

L’affluent en écho se secouer

La vielle continue de chercher

Son fils où a-t-il été abattu

Aux côtés de ses frères il a été enterré

Parti au maquis tu aurais dû l’oublier

 

Sous le toit l’âtre s’est éteint

Les braises en cendres transformées

La vieille dans l’obscurité a veillé 

Guettant d’où son garçon surgirait

Étendard aide là à surmonter sa peine 

Quand on le lui livrera tel un paquet

 

Sur un croissant on t’a allongé

Une étoile en sus pour t’enterrer

À ta mort on applaudissait

Rep.

ait

Auteur
Kacem Madani

 




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