Mexique–États‑Unis : tensions et diplomatie après les menaces de Trump

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La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum aux prises avec Trump. Crédit photo : DR

Les relations entre le Mexique et les États‑Unis traversent une période de tension après les déclarations du président américain Donald Trump, qui a évoqué la possibilité de lancer des opérations terrestres sur le sol mexicain contre les cartels de la drogue. Ces propos ont provoqué une réaction immédiate de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui a réaffirmé que toute intervention militaire unilatérale constituerait une violation grave de la souveraineté nationale.

Ce vendredi, Sheinbaum a indiqué qu’elle avait chargé son ministre des Affaires étrangères, Juan Ramón de la Fuente, de renforcer la coordination avec Washington. Elle a précisé : « Si nécessaire, il s’entretiendra directement avec le président Trump pour améliorer la coordination », selon Reuters. Cette démarche traduit la volonté de Mexico de privilégier la diplomatie et le dialogue institutionnel tout en affirmant ses limites face à la pression américaine. Pourtant, pour la présidente Claudia Sheinbaum, peu importe ce que l’on peut penser du régime de Nicolas Maduro, les États-Unis n’ont pas le droit d’intervenir dans la politique d’un autre pays en Amérique latine, ni de toucher à ses ressources naturelles, rapporte Rfi. Cela alors que Donald Trump ne cache plus ses intentions quant au pétrole vénézuélien.

Par ailleurs, dans une interview à Fox News, Trump a déclaré que les États‑Unis avaient déjà éliminé 97 % des drogues entrant par voie maritime et qu’il était désormais nécessaire de s’attaquer aux réseaux terrestres, accusant les cartels de contrôler de facto le Mexique. Cette rhétorique a suscité des inquiétudes à Mexico, où l’on considère qu’elle pourrait fragiliser la coopération bilatérale et déstabiliser la région.

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Claudia Sheinbaum a choisi une stratégie de prudence diplomatique : maintenir la coopération avec Washington, mais refuser toute intervention militaire. Elle a souligné que les mécanismes existants — échanges d’informations, assistance technique et programmes conjoints — suffisent à lutter contre le trafic de drogue et à éviter une escalade.

Les experts voient dans cette posture un équilibre délicat. Le Mexique doit collaborer avec son puissant voisin pour réduire les violences et les crises sociales liées aux cartels, tout en protégeant sa souveraineté et en évitant de reproduire le scénario vénézuélien, où l’intervention américaine a déclenché une crise politique majeure.

À Mexico, la rhétorique de Trump est perçue comme une pression politique plus que comme une menace militaire immédiate. Aucun plan concret d’intervention n’a été annoncé, mais la simple formulation « frapper la terre mexicaine » a suffi à déclencher une réaction diplomatique forte.

Cette situation illustre le dilemme permanent de la politique étrangère mexicaine : défendre la souveraineté nationale tout en participant à la lutte contre le narcotrafic. La présidente Claudia Sheinbaum privilégie la prudence et le dialogue institutionnel, affirmant l’indépendance du Mexique tout en préservant la stabilité nationale et régionale.

Mourad Benyahia 

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