Mais non, il ne s’agit pas de Marylin. James Monroe fut le cinquième Président des États-Unis. Les hommes politiques de ce niveau rêvent tous de laisser leur nom dans l’histoire mais peu accèdent au Panthéon qui associe un nom à une pensée ou à une idéologie. Marx fut de cela.
James Monroe avait théorisé et mis en place ce qu’on appellera la doctrine Monroe. Elle se résume par la formule, « L’Amérique aux Américains ». Cela ne vous dit rien ?
Mais oui, bien sûr, comment l’éviter, il s’impose tous les matins au monde, Donald Trump. Son slogan de la première campagne, America first, puis dans la seconde, Make America Great Again. Il n’a en fait rien inventé ni crée une autre doctrine, c’est tout simplement celle de James Monroe qu’il ressuscite. Ressusciter ? Nous reviendrons sur cela plus loin.
James Monroe annonce sa doctrine dans un message annuel au Congrès en 1823, un usage très commun dans les régimes parlementaires (y compris dans certaines monarchies constitutionnelles comme celle du Royaume-Uni.).
Le premier pilier de la doctrine Monroe est de refuser que le continent américain reste une terre de colonisation par les puissances européennes (ce qu’il a toujours été depuis Christophe Colomb et les suivants). La conséquence est que toute ingérence dans la souveraineté des états du continent sera considérée comme une action inamicale envers les Etats-Unis (un mot très diplomatique dans sa modération, on sait ce que cela veut dire en réalité).
Enfin, le troisième, ouvre la période qu’on appellera la politique isolationniste américaine. Eh oui, celle que Donald Trump a vendu aux électeurs de sa base. La différence, bien minime en fait, est que Donald Trump ne veut pas seulement dominer le continent par une promesse de protection, mais rattacher juridiquement plusieurs pays à la souveraineté américaine (Canada, Groenland et d’autres).
Pendant la Présidence de Théodore Roosevelt (pas Franklin Roosevelt qui fut Président plus tard), s’ajoutera ce qu’on appelle le « Corollaire ». L’Amérique justifiera dorénavant son intervention militaire pour maintenir l’ordre dans le continent américain.
Dès cet instant la doctrine est passée de la protection de ces pays contre l’Europe au droit de leur contrôle. En fin de compte d’une promesse d’une protection contre l’empire des principaux pays européens à la création d’un empire américain. L’influence américaine et surtout la maitrise internationale semble tout à fait contraire à la doctrine de l’isolationnisme ? Á première vue, oui, mais c’est explicable si on considère que les autres pays américains sont des territoires attachés à l’Amérique.
Les professeurs d’histoire et l’instituion scolaire, sans qu’on ne remette nullement en cause la compétence et la grande utilité, ont presque toujours, non pas dit un mensonge, mais ont été incomplets sur une vérité historique. Nous avons tous appris que l’isolationnisme américain a été le fait de la fin du 19ème siècle puis au début du 20ème et a pris fin lorsque l’Amérique est intervenue dans les deux guerres mondiales.
Un raccourci que complètent (et non rectifient) les historiens lorsqu’on atteint la maturité scolaire. Les États-Unis ne se sont jamais préoccupés des guerres européennes dans les premiers temps jusqu’à ce que leurs intérêts ou la protection de leurs territoires soient menacés. Il n’y a jamais eu véritablement la cessation d’un fond de la doctrine isolationniste Monroe. Barack Obama n’a pas fait moins que ses prédécesseurs concernant cette doctrine. Le slogan « America first » puis « Make America Great Again », c’est-à-dire s’occuper des problèmes américains et non de ceux des autres, les soutiens de Donald Trump ont été les seuls à y croire.
Ils avaient compris, les intérêts intérieurs américains d’abord, mais ils n’avaient pas compris le sens, ce sont les intérêts financiers du Président, ceux de sa famille (notamment ceux de son gendre), de ses amis milliardaires, de son ego et de sa folie de puissance.
Je lance un appel pour une cotisation mondiale afin d’expédier des livres d’histoire aux fanatiques et autres supporters de Donald Trump. Pour les élèves les plus attardés scolairement, il y en a beaucoup dans le clan MAGA, il faut y adjoindre des professeurs.
En attendant, l’inculture n’explique pas tout et ne peut être une excuse à tout.
Boumediene Sid Lakhdar


L’histoire du monde n’est pas aussi féconde, pour ne pas dire devient simple passe-temps, si elle n’éclaire pas notre propre condition, notre propre histoire. Ainsi qu’est-que «l’Amérique aux Américains» ou MAGA si elle ne nous ramène pas à la formule «l’Afrique aux Africains», prêtée à un roi numide ?
Cette formule est d’actualité depuis que les pays barbaresques, par des choix qui arrangeaient la colonisation, devinrent les pays arabes musulmans. Cette mutation est par ailleurs entérinée après les indépendances pour consacrer la même dépossession.