La tension entre la Russie et l’Ukraine est toujours à son comble, entre affrontements armés dans les frontières est de l’Ukraine, cyberattaques, liquidations de responsables et opérations de manipulations.
Mercredi 31 décembre, le ministère russe de la Défense a publié un court-métrage affirmant qu’une attaque de drones ukrainiens avait visé le président Vladimir Poutine dans sa résidence située à 400 km au nord-ouest de Moscou. Kiev nie formellement ces accusations, qualifiant les allégations de « mensonge ».
Le clip, filmé de nuit, montre un drone endommagé tombé sur la neige au milieu d’une forêt. Le général Alexander Romanienkov, commandant des forces de défense antimissile russes, a décrit l’opération comme « terroriste », « planifiée avec précision » et « exécutée en plusieurs phases ». Selon lui, les trajectoires et les horaires des drones ont été minutieusement étudiés.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a précisé que 91 drones auraient été lancés lors de cette opération. Dans une séquence vidéo diffusée par le ministère, un homme en uniforme militaire, le visage masqué, montre ce qui serait un drone ukrainien de type « Chaklon B » dont la charge explosive de six kilos n’a pas explosé. « C’est rare de retrouver un engin non déclenché », affirme l’homme. Un autre court extrait, non vérifié de manière indépendante, présente un témoin prétendant avoir entendu des explosions lors de l’interception des drones.
Dans le même temps, des informations relayées par les agences russes font état de progrès militaires en Ukraine. Le général Valeri Guérassimov, chef d’état-major russe, a annoncé l’intention de Moscou d’étendre sa « zone tampon » le long des oblasts de Soumy et Kharkiv au cours de l’année 2026, soulignant les efforts des troupes russes pour consolider le nord-est du pays. Selon lui, cette mesure viserait à repousser les forces ukrainiennes et à sécuriser la frontière.
Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a qualifié ces plans de « fous » et promis une résistance forte, affirmant que Kiev continuera à défendre Soumy et Kharkiv face aux projets russes. L’attaque présumée sur la résidence de Poutine s’inscrit dans un contexte de quatre années de conflit sans cesse renouvelé et met en lumière la fragilité des négociations de paix.
Alors que la communauté internationale observe, la propagande et les vidéos de part et d’autre accentuent la guerre de l’information qui accompagne désormais les combats sur le terrain. Moscou insiste sur la gravité de l’incident, tandis que Kiev cherche à le relativiser, accusant la Russie d’utiliser ces accusations pour influencer l’opinion publique et ralentir les discussions diplomatiques.
Mourad Benyahia

