24 avril 2024
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Mouloud Hamrouche : 40 ans de langue de bois, pas le moindre mea-culpa !

POLEMIQUE

Mouloud Hamrouche : 40 ans de langue de bois, pas le moindre mea-culpa !

Tout comme l’enfer, l’erreur c’est les autres !
C’est le résumé que dégage « impasses, menaces et issues » de l’homme au parapluie (sobriquet à prendre au sens affectif du « monde meilleur » qu’on nous promettait pendant les années Chadli, paix à son âme, pour nous faire oublier le faciès de Boumediene l’endurci.

Un slogan vide et démagogique que le génie du peuple avait très vite détourné pour le transformer en « pour un monde meilleur, il faut partir ailleurs », comme pour annoncer les prémices du fléau « harraga » qui ne s’estompe guère depuis des dizaines d’années).

Dresser un état des lieux en versant dans des généralités qui ne donnent aucune valeur ajoutée aux débats et à nos problèmes de fond est à la portée de tout citoyen.

Au lieu de ces évidences servies dans un vocabulaire qui a bien du mal à sortir des formules macérées dans une cuvée de quarante années de langue de bois, il eut été bien plus judicieux de dresser une liste des erreurs et des écueils à éviter pour que se construise la nouvelle Algérie.

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Une Algérie résolument tournée vers ce monde auquel elle est connectée, et qui lui a permis d’oser se libérer de ces chapes de peur et d’inertie que le système a posé sur elle, croyant sceller à jamais sa destinée dans un moule de soumission hermétique à tout démêlé.

Pourtant, un simple regard sur le rétroviseur du temps laisse apparaître des erreurs politiques monumentales qu’il est impossible d’ignorer. L’ensemble de ces erreurs gravite essentiellement autour du cocktail malsain politique-religion qui a fait émergé de gigantesques forces d’inertie dont on continue encore à payer le prix.

À cet égard, on attend de notre ancien premier ministre qu’il reconnaisse et assume explicitement une violation grave, celle d’avoir agréé des partis anticonstitutionnels (comme quoi, même concoctée à leur unique profit, la constitution n’a jamais été respectée) qui ont fait perdre au pays trente années d’avancées !

On attend d’un hiérarque du système qu’il énonce explicitement, sans ambiguïté et en termes clairs : « la religion est un frein qu’il est de notre devoir d’extraire de l’attelage politique pour faire avancer le pays ! nous avons eu tort de l’avoir encouragé ! pour une Algérie apaisée et rayonnante d’universalité, ne reproduisez pas les erreurs du passé ! ».

Telle mise en garde prononcée par un ancien premier ministre aurait plus de valeur que des répertoires de formules et de discours rectilignes ou sinueux.

Cette simple consigne vous ferait rentrer dans l’Histoire pour racheter de nombreux écarts, les vôtres et ceux du système que vous avez servi en toute fidélité.

Ce genre de mea-culpa n’est pas seulement souhaitable mais nécessaire pour déblayer les chemins d’un apaisement collectif auquel tout le monde semble attaché !

De tels mea-culpa sont essentiels pour la suite, ne serait-ce que pour sauvegarder ce pacifisme généralisé que le monde entier ne cesse de nous envier !

De tels mea-culpa sont décisifs pour écarter ces vociférateurs qui s’imaginent qu’il suffit d’une formule sortie tout droit de leurs neurones barbouillés par les appels d’une djahilia obsolète et amorale, pour se situer au-dessus d’une mêlée resplendissante de sagesse et de morale !

Les partisans d’une régression inféconde conjuguée à tous les temps, à l’image de Chems-Eddine Chitour, sont à l’affût pour nous rejouer le coup du « Lla mithaq, Lla destour, kalla Allah, kalla Rassoul ».

Notre professeur ès-versets n’en appelle pas moins à la création d’un comité de sages ! Une proposition à applaudir des mains et des pieds si ce n’était cette formule accolée à l’appel : « la constitution n’est pas le coran » !

Entièrement d’accord, notre vénérable cheikh ! On peut même compléter la formule en y rajoutant « heureusement ! ».

Un comité de sages, après tout pourquoi pas ? Mais il faut que notre honorable cheikh comprenne et assimile le fait que nos comités de sages d’antan n’avaient aucun lien avec la religion ! Bien que nos délégués de quartier se réunissaient souvent après « sallat el-asr », le cheikh qui dirigeait la prière se retirait discrètement pour ne pas froisser Dieu et mêler son omniscience aux petites affaires de la cité.

Il est grand temps que tout le monde comprenne et adhère au fait que la religion saine est celle du cœur et pas celle du geste offensif ou du ton agressif. Il est du devoir de tous de l’éloigner des flancs pervers de la politique et d’en protéger les contours salubres de cette même politique !

Voilà suivant quelles trajectoires intellectuelles vous vous devez de faire valoir le poids des ans et autant d’expérience cumulée, monsieur l’ancien premier ministre !

Tout le reste n’est que vocabulaire et envolées lyriques qui ne font que s’empiler en pschitt imperceptibles emportés par le vent. Des pschitt de la même teneur que ceux de nos mise-en-gardes d’observateurs éloignés de quelconque manette et autre levier de commande. À la différence qu’il ne coule en nous que ce désir partagé par ces millions de visages rayonnants qui aspirent à construire une Algérie de travail et de mérite sans attendre quelconques lauriers en retour !

En lisant vos contributions, on reconnait bien la logique du politicien du sérail, partagé entre le besoin de ne pas rater le TGV Algérie et la gymnastique terminologique qui consiste à ménager les petits potes des Tagarins ! Mais s’il y a un message à faire passer aux petits copains de l’ombre, c’est qu’on ne peut pas réussir l’Algérie de demain avec les mêmes hommes, le même système et les mêmes recettes de 57 années d’échec !

Il est temps pour vous tous de passer la main et le flambeau à cette jeunesse avide de meilleurs lendemains, car demain leur appartient !

Pourquoi cherche-t-on à en briser les élans, bon sang ? N’avez-vous donc pas d’enfants, petits et grands ?

Dj’nanek wa dj’nani tab ya si Mouloud ! Eldjazaîr, dj’nan w’ladna wa w’ladkoum !

Confions leurs charrues et bœufs, ils sauront transformer nos thivhirines en jardins d’Eden à inciter envies et thismines !

Bikouli ihtiram,

Auteur
Kacem Madani

 




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