3 octobre 2022
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Ourida : Miss printemps, Italie, 1956

Impérieuse culture du terroir 

Ourida : Miss printemps, Italie, 1956

Ourida, c’est l’une des plus belles voix des années 1950 et 1960, et c’est, en premier lieu, les tubes « A Ddada l’wali » et « Walaɣ tassekurt ». 

Au-delà de ces deux succès très populaires, d’autres chansons comme « Ijreḥ wul », « D lxiq ay xaqeɣ », « Amnɛac », « A ya fruk amelḥan », ou encore « Teḍṛa yidi a yemma », etc. circulent sur YouTube. Musicalement, ce dernier titre n’est pas sans rappeler « Habeena » de Farid El-Atrache. Signalons aussi le remarquable « Ay aɛziz », interprété en duo avec Farid Ali. 

Il est à regretter que l’on ne trouve nulle part de biographie conséquente la concernant. Les seuls éléments que l’on a pu récolter sont les suivants :

De son vrai nom Louisa Khalfallah, Ourida est née à Alger. Elle entre à la radio algérienne au début des années cinquante. Elle fait ses débuts dans la chorale féminine et enfantine dirigée par Mme Lafarge, de 1953 à 1962. 

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Fait remarquable : elle est élue « Miss printemps » au festival international du folklore qui a eu lieu en Italie, en 1956. Ourida, c’est donc une belle voix et le charme méditerranéen à la fois ! 

Malgré ces éléments très succincts, cela ne nous empêche pas de l’écouter et l’apprécier. La piste ci-après contient ses deux plus grands succès « A Ddada l’wali » et « Walaɣ tassekurt ». La séparation est toujours au menu pour être chantée à toutes les sauces mélancoliques. 

La traduction ci-après de « Walaɣ tassekurt » démontre, si besoin, toute la finesse, toute la fantasmagorie véhiculées par le verbe kabyle. 

C’est pour cela, encore une fois, que se pose la question d’un enseignement sérieux de Tamazight. De telles fables divertissantes, à la Jean de la Fontaine -de surcroit bien interprétées- ne peuvent que contrecarrer les effets néfastes de « tebat yadda abi lahabi » et tutti quanti. Le terroir regorge de contes d’éveil, seul moyen de contrecarrer cette fabrique du parfait salafiste qu’est devenue notre École (*). 

« Walaɣ tassekurt », j’ai vu une perdrix

J’ai vu une perdrix

Pleurer sous l’olivier

Son mari est parti

Il a changé de pays

 

Arbre citronnier

Sache jouir de la vie

Reste bien dressé pour exister

La mort ne fait que s’emparer

 

Arbre Pommier

Qui soigne les blessures

Celui qui est esseulé

Comment peut-il s’égayer

 

Arbre Oranger

Tes louanges j’ai chanté

S’il est bien traité

Apaisé il est enchanté

 

Arbre Pêcher

Laisse l’oiseau picorer

Si son cœur est gai

Il ne fera que crâner

 

Arbre Amandier

Aux amandes appréciées

Celui qui des Dieux est consacré

Ne peut être ensorcelé

 

Sur l’arbre Jasmin 

Se pose un coucou    

De son chant il se lamente

Du temps où il était douillet.

 

(*) Voir l’excellente chronique d’Amine Zaoui sur le journal Liberté :

https://www.liberte-algerie.com/chronique/lecole-est-le-plus-grand-parti-islamiste-en-algerie-522

Auteur
Kacem Madani

 




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