26 janvier 2023
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AccueilPolitiquePétrole : quota de l’OPEP et production réelle, la différence ?  

Pétrole : quota de l’OPEP et production réelle, la différence ?  

Encore une fois, la presse étatique qui a la lourde tâche de transmettre les informations en aval s’emballe et fait de même pour les autres qui semblent faire une lecture tout à fait erronée d’abord du communiqué du ministère de l’Energie et des mines disponible sur son site internet  puis de ses déclarations directes aux différents médias (01) à l’issue de la 26e réunion ministérielle dite communément OPEP-Non-OPEP.  

Officiellement, il est bien mentionné que l’organisation a confirmé le plan d’ajustement décidé lors de la 19e réunion ministérielle OPEP –Non-OPEP. Cette décision « étant programmé dans son agenda », n’a absolument rien à voir avec le conflit en cours entre d’une part la Russie/Otan et l’invasion russe en Ukraine.

Il était d’abord difficile d’imaginer que la Russie en tant que membre influent dans cette organisation étant présente, on s’aventurerait comme l’a fait l’Agence International de l’Energie (AIE) à discuter ou à prendre position sur ce conflit qui mènerait droit vers son  éclatement après les acquis considérables qu’elle a réalisés sur le terrain. 

Elle a donc libéré comme prévu 400 000 barils /jour à partager entre ses membres à l’exception des exemptés de quota pour des raisons diverses.

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L’Algérie qui avait à la date de la réunion 980 000 baril/j passera avec ce quota à 1 million 2000 barils.

Cette décision est reprise fidèlement « pour l’Algérie, son niveau de production de pétrole sera d’un million deux milles barils par jour (1002000b/j) » jusqu’à la prochaine réunion de ses membres qui se tiendra le 31/03/2022.

Donc il s’agit bien d’un niveau de production autorisé par l’assemblée OPEP-Non-OPEP et qu’elle devra s’engager à ne pas dépasser. Souvent, certains membres  dépassent le quota autorisé, des mesures seront prises contre eux mais si un autre  n’arrive pas à ce quota pour des raisons techniques imprévues, cela n’a rien à voir avec ses engagements. 

Donc l’Algérie, qui a toujours respecté ses engagements envers les organisations auxquelles elle adhère, dispose d’une autorisation de produire jusqu’à ce niveau mais si elle ne peut pas, cela n’a rien à voir avec ses engagements.

Il s’agit d’une capacité potentielle autorisées de produire mais en aucun cas une obligation d’y arriver à le faire comme tentent de l’insinuer de nombreuses manchettes de journaux à commencer par l’Agence Presse service (APS) titre « Pétrole: la production de l’Algérie dépassera 1 million de b/j en avril » (02) automatiquement tous les autres médias  nationaux et internationaux la suivent dans cette logique qu’il s’agit bien d’une production réelle et non un niveau de production autorisée. Et si pour une raison ou une autre, Sonatrach ne produit pas ce niveau ? Si ce cas arrive, elle n’aura à rendre compte à personne sauf à ses responsables.

Enfin, de nombreux sites ont tenté de semer la confusion que cette offre de l’OPEP-Non-OPEP serait liée à la crise ukrainienne pour stabiliser le marché. 

Non seulement, il ne l’a pas fait pour cela mais si tel était le cas, elle rentre pleinement dans le cadre de ses prérogatives qui est la recherche d’un prix consensuel consommateurs/producteurs.

Rabah Reghis           

(01)- https://www.energy.gov.dz/?article=la-38me-runion-du-jmmc-et-la-26me-runion-ministrielle-opep-non-opep-02-mars-2022

(02)-https://www.aps.dz/economie/136406-petrole-la-production-de-l-algerie-depassera-1-million-de-barils-jour-en-avril-prochain 

 

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