21 février 2024
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Pour une alternative démocratique en Algérie (PADA) déclare

PADA

Nous publions la déclaration de politique générale de la PADA.

L’Algérie continue de s’enfoncer dans une crise généralisée dont la cause première est la nature politico-militaire du système mis en place depuis l’indépendance par la force et la répression. 

Le peuple algérien dont la souveraineté a été confisquée, n’a pas cessé de revendiquer ses droits notamment depuis le mouvement populaire du Hirak, réclamant un changement radical pour une « Algérie libre et démocratique ». Cette aspiration populaire à un État de droit démocratique a été systématiquement réprimée et les Algériennes et Algériens n’ont d’autre choix aujourd’hui que le silence, la prison ou l’exil.

Sous une stratégie de la terreur, tous les champs d’expression citoyenne, politique et médiatique sont verrouillés par la promulgation de lois scélérates et liberticides bloquant et étouffant la société. Toute expression libre conduit à une détention arbitraire, dans des conditions carcérales pénibles, non exemptes d’atteintes à l’intégrité physique et suivie de peines lourdes après des procès iniques.

La dégradation de l’état des droits humains, le non-respect des conventions et pactes internationaux ratifiés par le pays a valu à l’Etat algérien plusieurs condamnations par les institutions des Nations unies. Les Rapporteurs spéciaux en visite en Algérie ont noté le net décalage du discours officiel avec la difficulté de faire respecter ses droits pour tout citoyen et constaté la non conformité des lois avec les engagements internationaux ainsi que l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique. Le degré de manipulation de la justice vient d’être illustré dans toute sa gravité par la parodie de justice dans l’affaire dite de Larbaa Nat Irathen.

Concernant la diaspora, PADA, organisation politique de la diaspora, s’élève contre la condition qui est faite aux Algériennes et Algériens en exil. Malgré un discours officiel louant cette composante de la Nation pour sa présence dans le monde, son potentiel économique, scientifique et culturel, la réalité est toute autre. La stratégie de la terreur du régime n’épargnant aucun citoyen algérien, les résidents à l’étranger ont tous un sentiment de crainte dès lors qu’ils prévoient de se rendre dans le pays. La peur de représailles pour une parole, un écrit, un rassemblement ou une marche, conduit à éviter tout voyage et ce dans la douleur et le déchirement parfois dans des situations familiales graves.

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Plusieurs militants de la diaspora sont condamnés à de lourdes peines par contumace pour leurs opinions quand d’autres sont interdits d’entrée (IETN) ou sont retenus illégalement par des ISTN ( interdiction de sortie du territoire national) pendant plusieurs mois, ou même mis en mandat de dépôt. PADA revendique le droit à la libre circulation garantie dans les textes de loi à toute Algérienne et Algérien et dénonce le scandaleux chantage que les autorités proposent aux militantes et militants de la diaspora sur engagement écrit : la liberté de circulation contre le renoncement à leur liberté d’expression et à leurs convictions militantes.

Sur la condition économique et sociale du pays, PADA déplore la chute profonde du pouvoir d’achat, l’accélération du déclassement social et de la précarisation voire de dénuement d’une partie importante de la population. Le changement structurel nécessaire pour une meilleure politique économique ne peut être envisagé dans un système toujours fondé sur l’économie rentière et informelle. Le rejet de la candidature de l’Algérie au groupe des BRICS illustre parfaitement cet état de déliquescence et de faillite des structures économiques du pays, malgré un très grand potentiel reconnu.

Dans la sphère primordiale de l’éducation nationale (école primaire, secondaire et supérieur), PADA dénonce avec gravité la faillite de tout le système éducatif fondé sur la primauté de l’idéologie sur le savoir et les décisions irrationnelles et intempestives dans l’enseignement des langues, tout en déplorant le recul de la place déjà bien fragile de tamazight.

En matière d’environnement, la situation de plus en plus préoccupante, aggravée par l’incurie des autorités, interpelle sur la nécessité de la préservation des ressources naturelles du pays qu’il faut savoir sauvegarder : capital forestier avec tous les moyens de lutte contre les incendies, barrage vert pour ralentir la désertification, protection de la Méditerranée, etc.

La question vitale des ressources hydriques doit faire l’objet d’études approfondies et d’une politique pertinente d’exploitation (mer, bassin versant, albien) et de la répartition judicieuse de cette ressource de plus en plus rare.

Concernant l’énergie, d’autres sources d’énergie sont à développer comme le solaire et l’éolien à côté de la production gazière.

La protection de l’environnement doit être encadrée par un arsenal juridique en conformité avec les conventions internationales. Les lanceurs d’alerte écologistes doivent être protégés et non réprimés et emprisonnés comme c’est le cas aujourd’hui.

Dans le domaine de la politique étrangère, PADA regrette que l’Algérie ait perdu sa place et son crédit au sein de la communauté internationale ainsi que de la pertinence dans son activité diplomatique, souvent menée à l’encontre des intérêts du pays.

Dans cette époque troublée et chargée de menaces imposant une consolidation du front intérieur, le pouvoir préoccupé exclusivement par son sort et non par celui de la Nation, n’hésite pas à cultiver les facteurs de division et à fragiliser la cohésion de la société, tout en maintenant et renforçant sa politique qui a conduit à la rupture avec le peuple algérien.

Sur la scène internationale, PADA espère un apaisement dans les conflits mondiaux et soutient les parties de la paix dans les zones de combat en Ukraine, Proche Orient, Sahel et ailleurs.

Au Proche-Orient, PADA dénonce l’agression militaire israélienne contre la population civile palestinienne de Gaza, vivant sous blocus depuis 2005, privée des besoins vitaux et subissant des bombardements aveugles et continus causant des victimes civiles par milliers. Des experts de l’ONU, de même que des spécialistes en droit international et humanitaire s’accordent pour parler d’un génocide en cours.

PADA, indigné par le refus d’un cessez-le-feu, garde espoir tout de même que le droit international puisse enfin être respecté et que le lourd sacrifice de toutes ces vies humaines aboutisse rapidement à une solution politique à deux États pour que le peuple palestinien puisse vivre libre et en paix sur ses terres, telles que reconnues par la résolution 242 des Nations unies.

Dans le traitement de cette guerre asymétrique les dirigeants des pays arabes ont démontré, une fois de plus, leur pusillanimité et leur duplicité. Ce conflit a également révélé les failles morales et la politique flagrante du double standard des décideurs occidentaux et des médias mainstream. Il est à craindre de graves conséquences à cette attitude tels que le renforcement des dictatures dans le monde et la mise en difficulté de tous les mouvements luttant pour la démocratie, les droits humains et le respect du droit international.

Un autre conflit meurtrier qui est passé sous silence est la situation préoccupante régnant au Sahel, dans la région de l’Azawad à la frontière sud de l’Algérie. Plusieurs informations crédibles font état de violences, de massacres et de déplacements de populations depuis ces dernières semaines.

Les pays de la région et particulièrement l’Algérie ainsi que la communauté internationale sont interpellés sur cette autre tragédie afin de jouer de leur influence pour faire cesser les violences inacceptables sur les civils de l’Azawad et trouver des solutions avec les peuples de la région, l’une d’entre elles pouvant être la réactivation de l’accord d’Alger et sa réelle application.

Dans cette situation de grand trouble d’un monde en mutation, la dangereuse impasse politique dont est responsable la dérive autoritaire du régime actuel face à la profonde désillusion et souffrance du peuple, dans un pays en totale régression, ne peut conduire que vers le pire. PADA appelle toutes les forces patriotiques et démocratiques algériennes à travailler à une perspective politique pouvant redonner de l’espoir au peuple algérien et amener au changement de son destin.

En ce 10 décembre 2023, PADA s’incline devant la mémoire des Algériennes et des Algériens morts le drapeau à la main pour l’indépendance de l’Algérie lors des manifestations du 11 décembre 1960.

Libération de tous les détenus d’opinion !

Vive l’Algérie libre démocratique et plurielle !

Paris le 10 décembre 2023

Pour une Alternative Démocratique en Algérie

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