8 décembre 2022
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Pour une grammaire de vie !

L’emprise du pragmatisme et ses dérives sur la vie s’accentue de jour en jour. Un mode concurrentiel se propage partout où l’on va, laissant ainsi très peu de chances pour les gens qui continuent à croire à des chimères, les valeurs notamment. Les pauvres ! Ils ne veulent pas voir le monde tel qu’il est fait mais plutôt tel qu’ils le voudraient être. Et pourtant ils souffrent ! Combien c’est ridicule !

Aujourd’hui, le monde est plein de mensonges qui au fait servent à quelque chose : l’AVOIR ! Pourquoi mentir ? Derrière, il y a l’intention d’avoir, c’est évident, nul doute ! Un mensonge orné de magnifiques discours dont l’apparence est universelle. Quant à leur portée, elle est transâgienne. Mais on doit quand même dire que l’on se réjouit de les avoir à l’oreille. On a besoin de ces discours là pour continuer à appartenir à cette apparence en chair et en os, ou comme on dit chez nous : l’être humain. Un être jamais vu, sinon mal défini !

Les valeurs ! Ces doxas qui hypnotisent les êtres de ce temps, n’ont jamais été question de sublimation de l’esprit et de l’âme humains. Car elles ont été conçues dans ce bas-monde par des bas mondiens qui ne connaissent à leur endroit absolument rien. Sinon, d’où viennent les valeurs ? De quoi sont-elles faites ? Et pour quelles fins sont-elles faites ou conçues ?

Les valeurs sont des choses dignes de mépris vu leur caractère utilitariste. J’adhère parfaitement à l’idée de Nietzsche selon laquelle tout ce qui est surnaturel est un mépris de la vie. Donc cela donne l’équation suivante : tout ce qui n’est pas de la terre (Par terre j’entends vie) n’est rien.

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Cher lecteur, je vous apprends rien, si je dis qu’il y a une seule vérité qui est d’ailleurs axiomatique : on se sert de la valeur pour déguiser, du moins, nos vice, désir, faiblesse, égoïsme, etc. qui pourraient être perçus par autrui comme atteinte à notre je ne sais quoi intégrité, ou à la limite notre qualité d’être humain. Encore une fois le paraître de ce que l’être n’est pas passé en premier, le reste s’y greffe de facto.

L’idée qui fait qu’au risque de voir le monde se défaire et plonger par conséquent dans un chaos total, on a fondé des valeurs dont l’interprétation dépend entièrement de la conjoncture que l’on traverse selon qu’elle soit bonne ou mauvaise, provient de notre refus de la réalité telle quelle. On a tendance à la maquiller par des discours valorisant : « Ce monde de fiction a tout entier sa racine dans la haine de la nature (de la réalité !), il est l’expression d’un profond malaise causé par la réalité… Le seul qui ait des raisons de mentir pour s’évader de la réalité, qui est-il ? Celui qui en souffre », affirme Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra. C’est la vérité ! Une vérité que l’on a créée et qui change suivant nos désirs et intentions surtout. Une vérité qui découle de la conception que l’on donne à notre acte.

Contrairement aux valeurs, une grammaire pour vivre en être s’avère plus pertinente et rentable qu’une théorie de l’absolu qui sous-tend les valeurs. Elle aura pour fonction de régler les rapports paraitre-paraitre. Elle pourrait en effet comprendre toutes les règles du vivre « en être » et non du vivre « en semble ». Ce dernier figurant comme un si ce n’est le plus grand mensonge du début de ce troisième millénaire.

La grammaire dont il est question repose sur trois principes. Ces principes sont empruntés à ce que j’appellerai théorie de la qualité. Leur fondement constitue lui-même leur justification. Plus précisément, leur qualité dépend directement de notre appréciation personnelle : je veux dire notre vérité à nous. La grammaire dont je vous parle pourrait fonctionner selon les principes suivants : l’intérêt commun, la durabilité (pour combien de temps ?), le caractère humain étant donné que ce dont je parle ici ne peut concerner que les êtres auxquels je ressemble le plus.

Ces axiomes vont nous permettre d’établir des liens plus concrets et clairs sans ambiguïté quelconque. En d’autres mots, on peut s’entendre surtout en négociant, on peut apprendre également que pour avoir et il faut surtout pouvoir donner. Une conception, pour le moins qu’on puisse dire, pratique et paraît convenir à notre vie d’être pragmatique par définition, jusqu’à preuve de contraire.

Dr Belkacem Hamaïzi

Département des langues étrangères, ENS de Sétif-Messaoud Zeghar- Algérie

Membre du laboratoire des Stratégies d’Enseignement de la Littérature : une Notion en Mouvement, Université de Batna 2

Membre du projet de recherche : « Formation des enseignants de FLE en Algérie : de l’analyse des besoins à l’élaboration d’un référentiel professionnel authentique ».

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