22 mai 2022
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Quand la chute du dinar fausse les calculs

DECRYPTAGE

Quand la chute du dinar fausse les calculs

La dépendance de l’Algérie des importations pour couvrir ses besoins en consommation a de graves conséquences sur l’avenir. Avec une production nationale quasi nulle, le pays importe en devises alors qu’il paie ses employés en dinars.

Les poussées vertigineuses de l’inflation mettent l’économie face à des défis majeurs, auxquels aucune augmentation salariale n’est en mesure de produire de l’effet sur le niveau de vie des citoyens.

D’après une enquête menée, courant 2019, par l’Office National des Statistiques (ONS), auprès de plus de 700 entreprises algériennes, l’évolution globale des salaires entre 2018 et 2019 a connu une hausse de 2%.

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Une évolution «relativement plus importante» dans le secteur privé avec 2,28%, étant constatée contre +1,8% pour le secteur public. Globalement et par qualification, cette évolution est de l’ordre de +1,28% pour les cadres, +1,46% pour les agents de maîtrises, et de près de +3% pour le personnel d’exécution, apprend-on  de cette enquête.

Quant au secteur public, la hausse de salaire en 2019 par rapport à 2018 est de 1,17% pour les cadres, 1,62% pour les agents de maîtrises et 2,67 pour les agents d’exécution. En revanche, dans le secteur privé, la hausse étant de 1,41% pour les cadres, 1,26% pour les agents de maîtrise et enfin 3,07% pour les agents d’exécution.

Mais ces augmentations salariales ont-elles vraiment un impact sur le niveau de vie en Algérie? Force est de constater que non, hélas ! Pour cause, la chute permanente de la valeur du dinar a non seulement brisé l’élan de ces petites augmentations, mais aussi détruit la véritable valeur marchande des salaires perçus. Ces derniers sont régulièrement tirés vers le bas, suivant la courbe baissière de la valeur du dinar.

D’ailleurs, depuis 2019, le dinar a perdu plus de 17 % de sa valeur face au dollar américain. Entre 2020 et 2021, le même dinar en a perdu presque 8 %. Ces taux de change ont une incidence directe, très négative sur les évolutions salariales.

Cela dit, il sera inutile d’augmenter le salaire d’un travailleur, si ce dernier est payé avec une monnaie faible, régulièrement en chute. En gros, entre 2019 et 2021, la véritable valeur d’un salaire de 50 mille dinars a baissé de 15 jusqu’à 17 %, voire 20 % en raison de la dévaluation du dinar. Cela signifie que les augmentations légères de 2 % au niveau des salaires n’ont produit aucun effet palpable sur l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages. L’équation est d’autant plus compliquée  pour l’exécutif que, si le salaire augmente en volume de 2 %, il perd plus de 15 % en valeur, en même temps !

Auteur
Kamal Guerroua

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