13.2 C
Alger
AccueilA la uneQuand la nationalité cesse d’être un droit en Algérie !

Quand la nationalité cesse d’être un droit en Algérie !

Date :

Dans la même catégorie

APS : chronique d’un aplaventrisme institutionnel

Il fut un temps où une agence de presse...

L’inculture célébrée par un joueur !

On aurait dû finir sur la beauté du match....

Doit-on supporter l’EN ? Moi, non !

Cette semaine je suis allé visiter un détenu d’opinion...

Le gouvernement décide l’importation d’un million de moutons

Réuni ce mercredi 7 janvier 2026 sous la présidence...
spot_imgspot_img
- Advertisement -

Présentée comme une mesure exceptionnelle et juridiquement encadrée, cette réforme incarne l’exception qui confirme encore une fois l’arbitraire qui ronge l’Algérie.

Le ministre de la Justice adonc parlé. Il a parlé comme on récite un mode d’emploi. Long, précis, rassurant en apparence. Il a expliqué pourquoi, comment, dans quels cas, avec quelles garanties, l’État algérien pourrait désormais retirer la nationalité à certains de ses citoyens. Le tout emballé dans un vocabulaire juridique soigneusement choisi, fait pour calmer, pour endormir, pour donner à la menace la forme d’une procédure.

Mais derrière le vernis, le message est limpide: l’appartenance nationale devient conditionnelle. Elle se marchande. 

Voilà donc ce que l’Algérie propose à l’ouverture de l’année 2026. Non pas une vision économique. Non pas un projet social. Non pas une promesse de justice ou de développement. Mais un avertissement. Une épée administrative suspendue au-dessus des têtes. La peur comme politique publique.

Ce qui est en jeu n’est pas un détail juridique. C’est un basculement symbolique majeur. La nationalité algérienne, jusqu’ici considérée comme un fait de naissance, un lien irréversible entre l’individu et le pays, devient un instrument disciplinaire.

Elle n’est plus ce que l’on est. Elle devient ce que l’on mérite.

Le texte parle d’atteinte aux intérêts de l’Algérie, de loyauté, de stabilité, de menaces contre l’unité nationale. Des mots larges, extensibles, interprétables. Des notions politiques, pas juridiques. Des catégories suffisamment floues pour englober bien plus que des crimes avérés.

Ce n’est plus l’acte qui est jugé, mais l’intention supposée. Ce n’est plus le fait qui est sanctionné, mais la position.

Il faut le dire clairement, sans détour, sans tremblement.

Même durant la guerre de libération nationale, dans un contexte de violence extrême, l’Algérie n’a jamais institutionnalisé la déchéance de nationalité comme arme politique. Même face aux collaborateurs armés. Même durant les années noires, lorsque des groupes terroristes ont pris les armes, massacré des villages entiers, plongé le pays dans l’horreur, l’État n’a pas effacé l’appartenance nationale. Il a jugé, condamné, emprisonné, combattu. Mais il n’a pas rayé des Algériens de l’Algérie.

Aujourd’hui, en temps de paix proclamée, on instaure ce que la guerre elle-même n’avait pas rendu nécessaire.

C’est cela, le scandale historique.

Le ministre insiste: la mesure serait exceptionnelle, strictement encadrée, entourée de garanties. C’est toujours ainsi que commencent les dérives. L’exception est le mensonge fondateur de toutes les pratiques durables.

Car la décision finale ne relève pas d’un juge indépendant. Elle relève d’un décret. D’un pouvoir administratif. D’un sommet politique. Autrement dit: d’un rapport de force.

Dans un pays où la loi est vécue non comme une règle mais comme une menace potentielle, chacun comprend ce que cela signifie: ce texte sera appliqué selon l’humeur, le contexte, la cible, et lors de ces jours de douleur institutionnelle aiguë, quand le droit se tord sous les spasmes de l’arbitraire.

Le droit devient un outil. Pas de justice, mais de gestion.

Ce projet entérine une fracture déjà ressentie par la société. Il y aurait désormais deux catégories d’Algériens: ceux dont la nationalité est intangible, et ceux dont elle est révocable.

Les premiers vivent souvent loin du pays, possèdent d’autres passeports, investissent ailleurs, envoient leurs enfants étudier et s’installer à l’étranger. Les seconds sont sommés de prouver leur loyauté, leur silence, leur alignement.

La nationalité devient un privilège distribué par ceux qui en ont déjà plusieurs.

Il faut avoir le courage des mots. Ce texte rappelle une logique que l’Algérie connaît trop bien. Non pas par ses formes, mais par son esprit. Celui d’une citoyenneté hiérarchisée. Conditionnelle. Révocable.

Hier, le colon décidait qui était assimilable. Aujourd’hui, le pouvoir décide qui est loyal. Les robes ont changé. Le réflexe demeure.

Pendant que l’État menace de retirer la nationalité, des milliers de jeunes risquent leur vie en mer pour en changer. Pendant que le ministre parle de loyauté, des citoyens posent une question simple: si vous me l’enlevez, où m’envoyez-vous? Pendant que le pouvoir agite le spectre de la trahison, le peuple répond par une phrase glaçante: prenez-la, elle ne vaut plus rien.

Ce n’est pas une insulte. C’est un constat d’effondrement du lien civique.

Un pouvoir qui a un projet n’a pas besoin de menacer. Un pouvoir sûr de lui n’a pas besoin de trier ses citoyens. Un État qui croit en son peuple n’efface pas l’appartenance.

Ce texte ne protège pas l’Algérie. Il révèle une inquiétude. Une absence d’horizon. Une incapacité à proposer autre chose que la peur.

Et c’est peut-être cela, le vrai ridicule tragique de ce début 2026: au lieu d’ouvrir des chemins, on dresse des listes. Au lieu de construire, on exclut. Au lieu de rassembler, on conditionne.

Quand un État commence à gouverner par la menace identitaire, ce n’est jamais la nation qu’il sauve.

C’est le pouvoir qu’il tente de retenir.

Zaim Gharnati

Dans la même catégorie

APS : chronique d’un aplaventrisme institutionnel

Il fut un temps où une agence de presse...

L’inculture célébrée par un joueur !

On aurait dû finir sur la beauté du match....

Doit-on supporter l’EN ? Moi, non !

Cette semaine je suis allé visiter un détenu d’opinion...

Le gouvernement décide l’importation d’un million de moutons

Réuni ce mercredi 7 janvier 2026 sous la présidence...

Dernières actualités

spot_img

13 Commentaires

  1. L’Algerie depuis ce qui s’apparente à l’indépendance existe de et par le MENSONGE FONDATEUR …Ou comme l’a ÉCRIT feu R.MIMOUNI l’histoire de l’Algérie s’apparente au FLEUVE DÉTOURNÈ…Déchoir est un acte dont USENT les DESPOTES..les TYRANS et les DICTATURES PATENTÉES…Déchoir un acte de LÂCHETÉ qui ne peut être que l’œuvre misérable de DESPERADOS…les éliminations, physiques, les déportations l’embastillement…l’article 120 et bien d’autres moyens de PERSÉCUTION n’entameront cette OBSESSION permanante des ALGERIEN-NE-S pour leur LIBERTÉ et cette soif D’ÉMANCIPATION…la tyrannie peut imposer son dictat au peuple un jour…Elle finira comme toute choses un jour pour toujours…
    Solidarité avec les détenus d’opinion dans le goulag des caporaux…!!!!

  2. Sivoupli ji quiti l’ânejiri an 1975, je ni plu aucun papie ânejirien. Ji plore tou li jours, donni moi un passepor pour voyagi e voir li pay des mou3jizates e dé di melion de moudjahid. Sivoupli ion to tre vivi l’ânejiri..

  3. Le premier motif de déchéance de la nationalité: « Atteinte aux intérêts de l’Algérie » : Doit-on comprendre qu’il s’agit des individus qui ont dépouillé les richesses de l’Algérie et son peuple ? Je pense qu’on a même pas besoin de faire un schéma ni citer de noms. TOUTE L’ALGERIE LES CONNAIT…. et les vomit ! Alors OUI ! Commençons par cette engeance ! CHICHE !

    • Le ridicule est sous les feux de la rampe!

      Il aurait été plus judicieux de rajouter l’article 87 ter et tout est clair.

      Qu’ils aient l’honnête politique de nommer les visés directement par cette mascarade! Ce sont les vrais citoyens qui combattent pour la un Algérie ALGÉRIENNE, démocratique, sociale et équitable telle qu’elle à été sacralisée par le congrès de la soummame et la révolution.
      Ces gens combattent de l’étranger puisqu’ils n’ont le droit de parole au pays sinon … au cachot!
      Ah! Les … Chakib, Bouchouarab, les Ouyahya, Bouteflika (Saïd), Sellal … (condamnés et emprisonnés pour être déloyaux ) doivent être déchus de la nationalité Algérienne et la question: qui va les reprendre en tant que … déchus de leur pays donc personna non grata?
      Décidément, au lieu d’un programme économique, social, justice, développement, … , la montagne à donc accouché d’une souris.
      Le ridicule ne tue pas et … encore une fois … quel dommage!

  4. 99,99 pour cent des algériens rêvent de quitter l’Algérie… Qui donc en Algérie posséde la citoyenneté algérienne ? Nous sommes en prison, nous sommes en enfer et c’est connu, un detenu, un damné n’a aucun droit. Ma prétendue nationalité algérienne, je suis prêt à l’échanger contre n’importe quelle autre nationalité d’un pays démocratique. Tous nos généraux ont des passeports dorés ou des doubles nationalités… C’est dire ue même nos généraux considérent que la nationalité algérienne n’a de toute façon aucune valeur.

  5. Les traités internationaux et la convention de l’ONU de 1961, ont stipule une règle d’or : il est interdit a un état de rendre apatride ,’
    L’Algérie respecte les droits des apatrides présents sur son sol (Traité de 1954), mais elle ne s’est pas engagée internationalement à ne jamais créer d’apatrides (Traité de 1961).
    En conséquence, cette réforme concerne spécifiquement les émigrés et a fortiori les binationaux !

    • Le fait que boumediene prenne le pouvoir par un coup d’État, le même dictateur décréter que l’Algérie serait arabe, est la cause primaire des tensions politiques actuelles, qui sont toujours vécues par le régime comme étant  » ces ennemis de la nation « ! Même régime honorer ce dictateur sanguinaire qui a imposé cet État anti Kabylie et anti Algérie Algérienne!
      Cette Algérie exclue de fait l’identité Amazigh de la constitution! La mystification consiste à introduire faisaient folklorique, ainsi pour vendre le produit touristique de cette Algérie arabe on utilisera Saint Augustin, Massijissa, mais les valeurs laïques de thamzgha seront domestiquée et  » sacralité oblige », vous êtes islamique par décret!
      La loi électorale arabocentrique, imposera d’ avoir des signatures dans chaque départements, imaginez un kabyle demander des signatures dans ces régions où l’on refuse Thamazight dans les écoles! Ils le peuvent! Grâce à cet État arabiste anti Amazigh! Peut on feindre d’arrêter un pseudo intellectuel pour avoir dit individuellement ce qui est pratiqué institutionnellement?
      Donc, d’ abord ce passeport esthétiquement ne ressemble en rien l’identité Algérienne mais juste une des provinces de la oumma islamique. Puis les valeurs humanistes laïques Amazigh sont étrangères à ce texte constitutionnel. La question est: que faire sinon de reconnaître que cet arabislamisme ne crée pas de lien mais une masse. Si par le passé cette massification à servi au régime à feindre les enjeux le future, par les pressions extérieures, imposera un changement, voulut ou subit.
      La solution du cabotage ne merchera pas. Une phase de dialogue contraignant est une urgence, croire limiter ce dialogue qu’aux amis du système, plus les partis politiques( rappelons le, que sans fraude tous les partis réunis ne ressembleront pas 20% des électeurs potentiels)!
      Avoir le sens de l’État c’ est avoir en ligne de mire le pays solide et brise- vent et pas les fougères…

    • bien vu, mais je rajoute un peu de precision: Leurs Zeuros ! Le Baril est destine’ a $4/baril d’ici Aout-Septembr prochain et il va falloir commander un tas de materiel de chine…et les cawkew, les chinoix n’aiment pas…

  6. Tout le monde comprend qui est visé par cette « loi ».
    Mais ce que cela montre est l’extrême faiblesse du régime, car, comme il a été dit à juste titre, même pendant la guerre de 1954, la déchéance de nationalité n’a pas été appliquée ne serait que contre les « traîtres » et les collaborateurs, les harkis, etc. De même, même contre des terroristes islamistes qui avaient mis l’existence de l’Algérie en péril, cette mesure n’a pas été appliquée… Car en fait, tant que l’ennemi n’est pas Kabyle on le comprend et on lui pardonne. La meilleure illustration est la célérité avec laquelle les « procès » d’un certain Belghit se sont sucés, pour qu’il ne passe pas plus de 2 mois derrière les barreaux, entre sa mise en garde à vue et la grâce présidentielle. Pour les détenus Kabyles, on fait traîner les choses, on les laisse en détention provisoires, sans procès, pendant mois et même des années… et surtout pas question de grâce, ni de procès dans des délais normaux…

    Comme tout ça ne suffit pas, on brandit, à présent, la déchéance de la Nationalité Algérienne, comme si l’Algérie apprenait à ces falsificateur de l’Histoire, à ces véritables traîtres, à ces maquisards de mars 1962 (on les appel les martiens) et leurs descendants.

    On joue à la devinette ? Quel est celui qui aura l’honneur d’être le premier à être déchu de la nationalité algérienne ?

    Vous connaissez la réponse, j’en suis sûr…. 🙂

  7. Bien fait ! Surtout aux zmagrettes ! Ils ont cre’e une jamahiria d’abus et tout ce que vous savez. Puis il y a d’autres qui cherchent a vous donner une vraie nationalite’, celle de la nation a lquelle vous appartenez, et sience radio sur LMA. EN tout court ce que teboune vous dit, bla rabek tu sors une paire de moustache ou je fais de toi ma poule, ma copien sur le cote[‘. Fahamatoune? Nooo, biensur que no. a masturbation virtuelle c’est mieux ! Et bien, bon appetit ! Vous aurez pu sortir le 15 decembre dernier faire une petite marche avec un drapeau d’une vraie republique, mais vous preferez la jamahiria. ET bien voila, vous etes toutes les hyabibettes du habibou tabtozo ! Mais biensur que non, vous etes des intellectuettes, c’ets ceux qui sont rete’s labas qui vont vous la liberez et vous, vous savez tout, vous allez rentrer la leur gerer… Vous les prennez pour des demeure’s et c’est vous qui l’etes !

  8. Les détendeurs du pouvoir en place mènent une guerre totale contre le peuple en mettant tout les moyens dont l’état dispose, l’armée , la police , la gendarmerie , les indicateurs , ses serviteurs ,l’argent du pétrole ainsi que la justice avec tout les montages juridiques possibles même ridicules pour un seul et unique but se perpétuer au pouvoir et continuer à spolier les richesses du pays.
    Le peuple pour eux devra être des simples sujets sensés obéir et se soumettre , toute tentative ou de volonté d’émancipation autant que citoyen libre , il sera non seulement combattu mais aussi il sera déchu de ses liens avec sa propre terre parce que il ose défier les propriétaires auto proclamés du pays.
    Je suis convaincu que ce régime est prêt à tout pour garder ses privilèges et ne changera jamais sa politique qui aboutira a céder le pouvoir ou le partager sauf exception.

  9. Le MAK est la seule organisation visée par cette ignominie, on va essayé de la teinter avec 2 ou 3 individus qui n’ont rien avoir pour faire diversion, mais, à un problème politique qu’à posé le MAK, on lui oppose l’armée pour lui répondre comme si il avait déclaré la guerre, maintenant, on sort l’artillerie de la nationalité pour priver les enfants de ceux qui se sont sacrifier pour cette terre d’y revenir, de la spoliation institutionalisée par les enfants de ceux qui ont confisqués l’indépendance, la politique des ignares, les généraux et le président désigné, l’exclusion, l’injustice et la haine, le trio qui va provoquer la dislocation de ce pays volé

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici