5.9 C
Alger
AccueilMise en avantQuand la rumeur devient un enjeu politique : le pouvoir face au...

Quand la rumeur devient un enjeu politique : le pouvoir face au spectre d’une grève des commerçants

Date :

Dans la même catégorie

Nouveau code de la route : Saïd Saayoud et la tentation répressive

​Tel un praticien refusant de voir son patient succomber,...

Le gouvernement décide l’importation d’un million de moutons

Réuni ce mercredi 7 janvier 2026 sous la présidence...

Algérie : la grogne !

Cette année 2026 débute sur les chapeaux de roues. Le...
spot_imgspot_img
- Advertisement -

Plus qu’une simple rumeur, l’appel à une grève des commerçants a agi comme un révélateur des inquiétudes du pouvoir face à une possible extension de la contestation sociale, dans un contexte où chaque perturbation supplémentaire est perçue comme une source de déstabilisation aux effets difficiles à maîtriser.

La rapidité de la riposte institutionnelle traduit moins la crainte d’un arrêt effectif de l’activité commerciale que celle d’une convergence des colères sociales déjà à l’œuvre dans le secteur des transports et sur le terrain du pouvoir d’achat. Le feu de la dissidence couve…

Dès la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’appels anonymes invitant les commerçants à fermer leurs boutiques ce jeudi 8 janvier, les organisations syndicales censées défendre leurs adhérents volent au secours du pouvoir.

Ni une ni deux, l’exécutif et l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) ont enclenché une stratégie de neutralisation fondée sur deux leviers : la délégitimation de l’initiative et l’occupation immédiate de l’espace médiatique. Il y a quelques jours c’était l’UGTA qui était appelé à intervenir…

Dans une conférence de presse, le secrétaire général de l’UGCAA a ainsi  rejeté catégoriquement toute idée de grève, qualifiant les appels diffusés sur des pages Facebook anonymes, basées à l’étranger, de « rumeurs malveillantes » sans lien avec les commerçants ni avec l’organisation syndicale. Le discours officiel s’inscrit dans une rhétorique désormais rodée, où les mobilisations non encadrées par les structures reconnues sont disqualifiées au nom de la stabilité nationale et de la lutte contre les tentatives de déstabilisation.

Le secrétaire général de l’UGCAA, Issam Bedrici, a franchi un pas supplémentaire en imputant ces appels à des « ennemis de l’Algérie », une accusation qui contribue à déplacer le débat du terrain socio-économique vers celui de la sécurité nationale. Ce glissement discursif, fréquent dans la gestion des tensions sociales, permet de marginaliser les revendications potentielles en les assimilant à des manœuvres extérieures, tout en appelant à la « responsabilité nationale » des acteurs économiques.

Au-delà du discours, cette mobilisation révèle une réelle appréhension du pouvoir face à un possible élargissement du front social. La grève des transporteurs — chauffeurs de bus, taxis et conducteurs de camions de marchandises — se poursuit en effet depuis plusieurs jours, affectant directement la mobilité des citoyens et le fonctionnement des marchés. Dans ce contexte, l’entrée en scène des commerçants, même à l’état de menace, constituerait un facteur de déséquilibre majeur.

Conscient de cette fragilité, l’exécutif a multiplié les signaux d’apaisement. Parmi les mesures annoncées figure la révision d’une instruction récente de la Banque d’Algérie relative au dépôt des liquidités dans les comptes bancaires, une revendication centrale des commerçants. S’y ajoutent l’assouplissement des procédures d’ouverture de comptes et la promotion des moyens de paiement électroniques, présentés comme des réponses pragmatiques aux contraintes du secteur.

Les craintes gouvernementales portent notamment sur l’approvisionnement des marchés. Des perturbations ont déjà été signalées dans la distribution des fruits et légumes, conséquence directe de la grève des transporteurs de marchandises. Une fermeture des commerces de proximité — boulangeries, épiceries, marchés de détail — risquerait d’alimenter une spirale de pénuries et de hausses de prix, dans un contexte marqué par l’érosion continue du pouvoir d’achat.

Sur le terrain des transports, la situation demeure tendue. Les appels syndicaux à la reprise du travail sont restés sans effet, plongeant des milliers de travailleurs, d’étudiants et de fonctionnaires dans des difficultés quotidiennes de déplacement.

La perspective d’une augmentation des tarifs du transport public est évoquée, au risque de provoquer de nouvelles tensions sociales dans une société déjà éprouvée par la baisse du niveau de vie.

Dans ce climat, la gestion du social apparaît de plus en plus comme un exercice d’équilibrisme, où la prévention des mouvements collectifs prime sur le traitement structurel des causes du malaise. 

La rapidité avec laquelle l’appel à une grève des commerçants a été étouffé traduit une préoccupation centrale des autorités : éviter toute jonction entre les différents foyers de contestation avant qu’ils ne deviennent politiquement ingérables.

La rédaction

Dans la même catégorie

Nouveau code de la route : Saïd Saayoud et la tentation répressive

​Tel un praticien refusant de voir son patient succomber,...

Le gouvernement décide l’importation d’un million de moutons

Réuni ce mercredi 7 janvier 2026 sous la présidence...

Algérie : la grogne !

Cette année 2026 débute sur les chapeaux de roues. Le...

Dernières actualités

spot_img

1 COMMENTAIRE

  1. Nous ne sommes pas dupes ! Les seuls ennemis de la nation ce sont Tebboune et Chengriha ainsi que ceux qui les soutiennent et les laissent saccager le pays sans réagir. Les algériens sont conscients et lucides : la main de l’étranger n’est pas chez nos commerçants ou nos chauffeurs de bus, la main de l’étranger est à EL mOURADIA.
    Tebboune est un poison pour l’Algérie et en plus, de plus en plus Mohamed Tebboune s’accapare le pouvoir à El Mouradia. ABDELMADJID Tebboune n’ayant qu’une ou deux heures de capacité de travail par jour

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici