18 août 2022
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Saïd Sadi : le Boumediénisme est de retour

Boumediene

Dans une contribution publiée sur ADN-Med à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance, l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, soutient que « le boumediénisme est de retour » en Algérie (*).

Sans verser dans des analyses de hauts vols, petits rappels historiques pour comprendre qui est Boumediene et sa dérivée « le boumediénisme », à travers une analyse de Leïla Benmansour reprise du journal El-Watan daté du 30 décembre 2007 (**) :

Houari Boumediene était inconnu au bataillon jusqu’au coup d’État du 19 juin 1965.

Et comme si l’injure de ce coup d’État ne suffisait pas à ce peuple qui pleurait encore ses morts de la guerre de libération, il avait fallu qu’il marquât son règne en mettant en résidence surveillée celui qui avait donné sa vie pour que le peuple algérien puisse vivre dans la liberté et la dignité dans son propre pays, et ici nous nommons Ferhat Abbas.

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Comme si un homme âgé alors de 77 ans, et qui sortit malade des prisons de Ben Bella, allait rendre les armes et déchoir Houari Boumediene du piédestal où il s’était placé sans demander l’avis du peuple !

Ferhat Abbas raconte dans son livre laissé pour la postérité L’indépendance confisquée : « Le 10 mars 1976, à 7h30, la police frappa de nouveau à ma porte. C’était le commissaire de police de Kouba, accompagné de deux policiers en civil. Il venait me signifier que j’étais placé en résidence surveillée dans ma propre villa. Il m’informa que mon téléphone allait être coupé et que toute visite était interdite. Ma pharmacie était confisquée et mon compte en banque bloqué.

Cette situation dura jusqu’au 13 juin 1977. Ce jour-là, à 22h, un inspecteur de police vint m’informer que la surveillance policière autour de ma demeure était levée et que je pouvais circuler librement. Mon passeport ne me fut rendu qu’après la mort de Boumediene, survenue le 28 décembre 1978. Quant à ma pharmacie, elle ne me sera restituée qu’en janvier 1982.

J’ai supporté cet arbitraire sans me plaindre. Je le considérais, dans le régime sous lequel nous vivions, comme étant dans la nature des choses. L’Algérie tout entière n’était-elle pas soumise au bon plaisir du pouvoir personnel et prisonnière de l’autoritarisme ? Lorsque le pouvoir ne repose sur aucune légalité et encore moins sur la légitimité, ces excès sont prévisibles » (pp 13-14).

Par le coup d’Etat du 19 juin 1965, Houari Boumediene a administré un coup de massue à la démocratie, et il a fait entrer Algérie d’un million et demi de chahid dans le chaos dont notre peuple aujourd’hui encore paye le prix fort.

Ceux qui vécurent la période boumediéniste, s’ils pouvaient parler, ils parleraient tous de dictature. Les prisonniers politiques à la suite du coup d’Etat se comptaient par milliers. Et le seul fait que personne ne pouvait élever la voix, que même en famille, ou entre amis, on chuchotait, et on avait peur les uns des autres, démontre du climat qui régnait à l’époque.

La fronde contre les francophones, contre la jeunesse estudiantine, contre les jeunes filles, contre les couples… C’était bien à l’époque de Boumediene. Ces années boumediénistes — marquées par la peur du gendarme, où tout un chacun avait peur de sortir, tant le risque de ne pas revenir chez soi était omniprésent.

Ces années boumediénistes où le peuple était confronté quotidiennement aux pénuries, même la pomme de terre algérienne que l’on trouvait sur les marchés de Paris était introuvable sur le marché algérien.

L’autorisation de sortie du territoire national instaurée sous l’ère Boumediene et qui était plus avilissante que le visa d’aujourd’hui, laissant le peuple prisonnier dans ses frontières.

Ce tableau sombre ressemble à s’y méprendre à cette Algérie nouvelle qui ne cesse de se renouveler en termes de désarroi collectif, de prisonniers politiques et de lendemains incertains.

Kacem Madani

(*)https://www.adn-med.com/2022/07/05/algerie-boumediene-hante-le-soixantieme-anniversaire-de-lindependance-par-said-sadi/

(**)https://www.elwatan.com/archives/idees-debats/les-points-noirs-du-boumedienisme-30-12-2007

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5 Commentaires

  1. La terreur de la dictature de boumediene n’avait réussi à faire taire tout le monde. Tot le monde ne « chuchotait » pas. D’abord il y eut l’attentat à la Foire d’Alger contre boumediene qui n’a pas réussi malheureusement, puis toute la génération de chanteurs engagés kabyles à leur tête Imazighen Imoula, et les « poseurs de bombes » qui a ébranlé le pouvoir en 1976. La résistance contre la dictature n’a jamais été étouffée.

  2. Oui il y’a une certaine similitude entre le régime de Boumediène né après le renversement d’un autre dictateur(Ben Bella) et celui de l’Algérie nouvelle né après la chute de Bouteflika qui voulait un 5° mandat malgré son lourd handicap.Rappelons nous aussi que ce même Bouteflika a honteusement modifié la Constitution pour rester au pouvoir…à vie.Après moi le déluge doivent se dire tous ces dictateurs que rien n’arrête pour garder le pouvoir absolu à vie.N’empêche que certains de nos compatriotes adorent encore Boumediène pour ce qu’il a fait subir à l’Algérie.Si la maladie ne l’avait pas emporté à 46 ans(né en 1932?),il serait encore là car il n’aurait eu que …90 ans âge somme toutes normal pour un dictateur qui se veut éternel et irremplaçable.

  3. Boumedienisme ? Et quand il s’agit de Sadi, comment on dit ? Heueu … ça eut pu être : Le Mahdi, mais cen’est pas le mot.

    Sauf que j’ai quelques doutes, car selon Addi lui même qui conduit le train de la régression , nous avons effectivement embarqué quelques anciens mais nous n’avions pas fini notre voyage. Il y a encore des anciennes figures à embarquer.

    Mais je crois que le plus musulman d’entre nous ne ne nous dit pas tout. Boumediène ne reviendra pas tout seul, il paraît qu’il ramènera avec lui l’Emir Abdeqa et Hadj Messali.

    Sauf si Sadi voudrait conjurer le sort en nous faisant peur. Je vois d’ici ceux qui se disent, si c’est vrai que Boumedienne revient, mieux vaut reprendre Sadi.

  4. Saïd Sadi à tout à fait raison. Sauf que le régime militaire instauré par Houari Boumediene le 19 juin 1965, après avoir embastillé son compère Ben Belle lors du Coup d’Etat précédent contre le GPRA (avec, rappelons-le, le soutien actif de Ferhat Abbas) est toujours aux manettes. Il est vrai les références idéologiques à la Badissiya sont plus explicites, sous la Nouvelle République instaurée par Gaïd Salah.

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