La justice tunisienne a mis fin hier soir à l’une des affaires les plus médiatisées des deux dernières années. Les cinq responsables de l’association Tunisie, terre d’asile ont quitté la prison, condamnés à deux ans avec sursis.
Parmi eux : Sherifa Riahi, ancienne présidente, Iyadh Bousselmi, actuel président, Mohamed Ikbal Khaled, ex-maire de Sousse, Imen Ouardani, ancienne adjointe au maire, et Mohamed Jouaou.
L’affaire a éclaté dans un contexte tendu, avec un durcissement du discours officiel sur la migration et le rôle des ONG. L’enquête visait l’association pour constitution d’association de malfaiteurs, abus de fonction et obtention d’avantages indus.
Pendant plus de 19 mois, les prévenus ont été maintenus en détention préventive. Les avocats dénoncent une lecture pénale d’activités strictement humanitaires, et la durée de leur détention a suscité des polémiques dans les milieux juridiques et associatifs.
La sortie de prison s’est déroulée sous les yeux des médias et sur les réseaux sociaux. Un direct Facebook a montré Sherifa Riahi quittant l’établissement pénitentiaire, saluée par ses partisans.
Cette libération relance le débat sur la criminalisation de l’action civile en Tunisie, et met en lumière le fragile équilibre entre sécurité, politique migratoire et droits humains.
Mourad Benyahia

