22 juillet 2024
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Un si grand brasier de Kamel Bencheikh, déconstruction d’une dictature

« Un si grand brasier » de l’écrivain algérien Kamel Bencheikh, paru en mars 2024 aux Éditions Frantz Fanon, offre une perspective poignante sur l’Algérie des années 1970 à travers le prisme du monde agricole.

L’auteur situe son roman dans une période tumultueuse de l’histoire algérienne, marquée par les séquelles de la guerre d’indépendance et la lutte pour une identité nationale. Cette toile de fond historique est intimement liée aux changements profonds qui affectent le monde agricole algérien.

L’auteur dépeint avec finesse et réalisme les défis auxquels font face les agriculteurs algériens à la suite de l’imposition de la fameuse révolution agraire. Il explore les difficultés économiques, les tensions sociales et politiques, ainsi que les aspirations individuelles et collectives dans un contexte de modernisation forcée.

Kamel Bencheikh utilise une prose riche et évocatrice pour immerger le lecteur dans les paysages ruraux de l’Algérie. Son écriture subtile permet de saisir les nuances des relations humaines et des luttes intérieures des personnages, souvent en lien avec leur terre et leur héritage culturel.

Le roman aborde des thèmes universels tels que la résilience, la quête de liberté et l’attachement à la terre, tout en examinant des enjeux spécifiques à l’Algérie post-indépendance, comme la décolonisation économique et les tensions entre tradition et modernité. Bien que situé dans les années 1970,

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«Un si grand brasier» résonne avec les préoccupations contemporaines, notamment la durabilité agricole, les droits fonciers et les défis socio-économiques dans les régions rurales. En conclusion, Un si grand brasier se distingue par sa capacité à capturer l’essence complexe du monde agricole algérien à un moment clé de son histoire.

À travers une prose captivante et une exploration profonde des personnages et de leur environnement, Kamel Bencheikh offre une contribution significative à la littérature sur l’histoire et la société algériennes, tout en invitant à une réflexion plus large sur les dynamiques de pouvoir et les aspirations humaines universelles.

Situé dans l’Algérie des années Boumediene et de la révolution agraire, le roman explore les bouleversements sociaux et politiques de l’époque, mais aussi les transformations économiques qui touchent le monde rural.

Kamel Bencheikh décrit de manière évocatrice les paysages agricoles algériens, leurs beautés et leurs défis, offrant ainsi une toile de fond importante pour l’histoire. Ses personnages sont des agriculteurs ou des habitants ruraux dont les vies sont profondément affectées par les décisions prises dans le cadre de la révolution agraire.

Leur relation à la terre peut symboliser la stabilité, mais aussi la vulnérabilité face aux conflits et aux changements.

Le roman explore des thèmes tels que la lutte pour la survie, l’impact des troubles politiques sur l’agriculture, la désillusion face aux promesses non tenues du progrès agricole, ou encore la résistance culturelle à travers les pratiques agricoles traditionnelles.

Au-delà de ce roman, l’écrivain Kamel Bencheikh est reconnu pour son engagement laïque, un aspect essentiel de son parcours personnel. En tant qu’intellectuel et écrivain, il a souvent pris position en faveur de la laïcité, soulignant l’importance de la séparation entre la religion et l’État, particulièrement dans le contexte des pays musulmans comme l’Algérie.

Son engagement laïque se manifeste à travers ses écrits et ses interventions publiques, où il plaide pour une société où les droits individuels et les libertés fondamentales sont respectés, indépendamment des croyances religieuses. Il critique les dérives fondamentalistes et milite pour un espace public où les différentes croyances peuvent coexister sans domination religieuse.

Cet engagement laïque est également un reflet de son propre parcours, marqué par une éducation dans un environnement où les tensions entre tradition et modernité étaient palpables.

En défendant la laïcité, Kamel Bencheikh cherche à promouvoir un modèle de société, capable de garantir l’égalité des droits pour tous les citoyens.

Hafida Zitouni

3 Commentaires

  1. Je Cite:
    « 
    (1) Son engagement laïque se manifeste à travers ses écrits et ses interventions publiques, où il plaide pour une société où les droits individuels et les libertés fondamentales sont respectés, indépendamment des croyances religieuses. Il critique les dérives fondamentalistes et milite pour un espace public où les différentes croyances peuvent coexister sans domination religieuse.

    Je commence par souligner la redendance des 2 phrases. « Il plaide pour une societe’… » et « Il critique les dérives fondamentalistes et milite pour … »
    =>> Plaider et militer-critiquer, sont 2 actions differentes.
    Plaider c’est arguer et militer-critiquer c’est se plaindre dans les faits. c.a.d. c’est faire du tappage dans une marche, tout en marchant(amplifiant la masse du troupeau de la marche) mais en ALLANT DANS LA MEME DIRECTION. La plaidoirie devient soudainnement une espece d’argumentation sur la maniere d’aller dans le meme sens(direction), comme la « vitesse », sans JAMAIS REMETTRE EN CAUSE la Direction.

    (1) En défendant la laïcité, Kamel Bencheikh cherche à promouvoir un modèle de société, capable de garantir l’égalité des droits pour tous les citoyens.

    Vous ne vous rendez pas compte du DANGER de ce truc  » LAICITE’ « . C’est la definition du mot meme qui se retrouve complement TORDU et TORTURE’ !!! S’agissant de la Laicite’ des Institutions, et NON d’individus, il s’agit de ne pas admettre de Lois Religieuses dans la Jurisprudence Publique. J’evite le cas de l’avortement et propose un autre exemple: Interdire la vente et la consommation du Porc. Est-ce une Loi legitime?
    La reponse est qu’elle est non-Republicaine mais Sacre’e pour les Musulmans et Jouifs, mieux encore pour la Majorite’.
    Si vous interroge tous les Algeriens, l’ecrasante MAJORITE’ vous dira que l’INTERDICTION est DEMOCRATIQUE puis qu’elle repond aux croyances de la vaste majorite’ – ce qui la rend « democratique. »
    Mais, n’est-ce pas la UN DENI DE JUSTICE ET DE PROTECTION envers la Minorite’ n’a pas de probleme avec le porc???
    D’ou vient la Complication?
    La reponse est la Question meme de vouloir « regulariser/codifier dans la Loi » la Consommation de la viande de porc.
    La question se transforme en la legitimite’ de cette Action, que prennent des gens assumons legitimemment elus. Jouissant d’une telle legitimite’ Democratique, c.a.d. un Musulman elu dans un pays a majorite’ Musulmane, un/e tel/le Elu est-il/elle PERMIS/E d’aborder le sujet(codification de la consommation de viande de porc) ???
    La reponse elementaire est OUI, des lors qu’assurer la Sante’ Publique, du moins minimiser les risques, est une fonction de la Responsabilite’ Publique. Similairement, cette responsabilite’ PUBLIQUE l’Oblige a PROTEGER les Droits de TOUS LES PERSONNES sur le territoire, c.a.d. incluant les etrangers, legaux ou pas, etc.
    Voila ou ca va COINCER !!!
    Pour un/e Musulman, surtout le/a pratiquant/e La Loi Divine prend precedance sur la loi Humaine(republique). Voila que Dileme se presente et se met a table sans meme etre invite’ !!! C’est de l’indescence, mauvaise education, imposture, c’est un MANQUE D’ETIQUE.
    Biensur vous me poserez la question: Qu’est-ce que l’Ethique?
    Tirée du mot grec « ethos » qui signifie « manière de vivre », l’éthique est une branche de la philosophie qui s’intéresse aux comportements humains et, plus précisément, à la conduite des individus en société.

    Ou, pour simplifier, « l’Ethique est l’ensemble des regles qui regulent le comportement et la consideration d’une personne des et envers les autres.

    Je ne cherche pas a foutre un coup de pied dans la MDR, mais il le faut bien. Toutes les religions etalent leur secret quelque-part, ou ils decommande ou carrement INTERDISENT l’INTIMITE’ avec ceux qui ne partagent pas les valeurs, c.a.d. la MEME ETHIQUE. – Ce qui introduit la notion de PROXIMITE’ entre les personnes – Depuis la proximite’ geographique jusqu’a la proximite’ biologique. Et sans le moindre doute que ce chemin mene vers le lac Racisme. Et on arrive via la riviere PROMISCUITE’, au sens large. Cependent au large ce n’est que de la parole, c.a.d. les signaux a projeter pour surmonter la distance. Mais la parole rapproche !!! Elle provoque le rapprochement, car les mots n’ont de sens que celui qu’on leur donne, c.a.d. l’echo renvoye’ par le subconscient.[Jacque Lacan].
    Et certains mots sont plus forts que d’autres. Ils provoque l’action !
    L’Anglais(langue) a une expression pour ceux engouffre’s dans ce monde de promiscuite’: MOTHER FUCKERS !
    Et c’est ainsi que je conclus avec ce theorem fondamental: La religion qui s’incruste dans la politique ou a la politique qui s’en nourrit, ne peut produire que la promiscuite’ – qui a son tour produit le NEPOTISME qui se traduit en CORRUPTION. La Corruption tue la DEMOCRATIE.

    Toutes les societe’s sont corrompus. La difference est dans le degre’ !

  2. Merci pour cette excellente recension. L’analyse est véritablement au plus juste de ce que nous offre ce très beau roman. Entre spécificité algérienne et universalité, entre la géographie des lieux et l’histoire de la population de ces mêmes lieux, avec une mise en récit qui chaloupe entre description au bistouri et poésie émouvante, « Un si grand brasier » nous plonge dans l’étendue des affres semées très tôt par les confiscateurs des espoirs algériens.

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