27 novembre 2022
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Zorro est arrivé !

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Zorro est arrivé !

« En tout c’est l’opportunisme qui est vil, et le pire de tout est d’adorer l’opportunisme, et d’en faire une doctrine. » Alain

« Le quatrième pouvoir » est celui de la presse et des médias parce qu’il arrive à rivaliser avec les trois premiers pouvoirs qui sont l’apanage de l’État : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Mais ce quatrième pouvoir peut se révéler un immense relais pour un spécialiste de la manipulation.

En cette période de rentrée en France, qui marque comme tous les cinq ans le lancement de la course à l’Élysée, certaines chaînes de télévision ont donné des exemples édifiants. Le week-end passé, il y a eu l’interview de l’homme qui a giflé Emmanuel Macron et qui venait de sortir de prison. On ruminera longtemps sur l’intérêt rédactionnel de tendre un micro à un tel faible d’esprit.

Puis une émission d’une des nombreuses chaînes qui jalonnent notre paysage télévisuel a fait une tirade sur l’omniprésent Éric Zemmour et c’était là bien généreux d’offrir à ce triste sire des projecteurs pour le mettre en valeur.

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Quelques jours plus tôt, le CSA a quasiment acté la candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle en annonçant que son temps de parole serait dorénavant décompté. Depuis ce jour, Zemmour passe en circuit fermé sur tous les médias qui ne rêvent que de recueillir sa parole sacrée.

Tous les instituts de sondage s’écharpent pour le mettre en première ligne et s’en donnent à cœur joie, le voyant ramasser quelques points en plus comme si l’élection présidentielle française n’était qu’une course de petits chevaux de bois qui se déroulerait sous nos yeux d’enfants ébahis. 

On pourrait me rétorquer que l’élection surprise d’Emmanuel Macron, il y a cinq ans, doit énormément à un certain parti pris des médias (sur-représentation d’un candidat quasi-inconnu, articles complaisants de la part de journalistes travaillant dans des journaux dirigés par des amis du candidat, tribunes ouvertes à ses soutiens…) et des instituts de sondage dont l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande a su tirer parti. 

Mais il faut rappeler qu’Emmanuel Macron n’avait alors pas été condamné pour provocation à la haine  et à la discrimination raciale, il n’avait pas été accusé d’agressions sexuelles par maintes femmes et n’était pas à ce moment, n’est toujours pas aujourd’hui, un promoteur de la théorie raciste du grand remplacement et un admirateur nostalgique du maréchal Pétain de l’occupation allemande.

Les femmes et les hommes politiques sont très souvent montrés du doigt pour l’influence délétère qu’ils font peser sur le débat public, mais les chaines de télévision jouent, elles aussi, un rôle hégémonique. 

Hissons-nous tous ensemble à la hauteur de l’enjeu : cette élection présidentielle à venir, qui se déroulera dans le pays où nous sommes citoyens, et donc potentiellement électeurs, est un rendez-vous capital pour notre avenir commun et pour la République.

Auteur
Kamel Bencheikh, écrivain

 




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