
La responsabilité individuelle (envers la collectivité nationale) est le corollaire indissociable de la liberté, en étant même son pendant naturel.
En effet, pour être véritablement responsable, le citoyen doit pouvoir avant tout disposer d’un éventail de choix qui lui permet d’exercer son libre arbitre, tout en ayant acquis la culture qui l’éclairera dans son jugement.
Or, l’accès à cette culture et à cette pluralité de choix et d’opinions ne peuvent exister sans la liberté, condition sine qua non de l’autonomie individuelle. Ainsi, la responsabilité n’a véritablement de sens que si elle repose sur le libre arbitre, lequel suppose un affranchissement du déterminisme politique et du conditionnement idéologique qui pèsent sur la conscience des individus.
Synonymes de diversité et donc de richesse, la liberté de conscience, de pensée et d’expression jouent un rôle fondamental dans ce processus d’émancipation individuelle. Privé de la liberté, la responsabilité se réduit alors à une simple obéissance mécanique, dépourvue de sens et de portée éthique.
Il apparaît dès lors avec évidence que la responsabilité individuelle est foncièrement incompatible avec toute forme d’autoritarisme ou de totalitarisme. Là où ces régimes d’un autre temps sévissent, c’est-à-dire là où l’individu est privé de libertés fondamentales et où chaque aspect de son existence est soumis à l’emprise d’un pouvoir centralisé et coercitif, la notion même de responsabilité s’évanouit.
Enfermé dans l’obscurantisme, privé de toute latitude décisionnelle ou simplement ignoré dans ses choix, l’individu se voit réduit à un état de servitude, empêché d’agir en acteur du destin collectif pour n’être plus qu’un rouage d’un système uniformisé et sans âme.
Dans un tel contexte, la responsabilité devient une fiction, car elle ne peut s’épanouir que dans un espace où l’autonomie et la réflexion critique sont possibles.
Ces régimes autoritaires sont paradoxalement frappés d’une incohérence manifeste, à même de vous laisser perplexe. En effet, il n’est pas rare que des dirigeants ayant fait le choix du totalitarisme exhortent leurs administrés qu’ils ont eux-mêmes asservis à faire preuve de responsabilité. Cette injonction contradictoire survient le plus souvent lorsque le domaine concerné échappe largement à leur emprise ou qu’ils ne peuvent instaurer un contrôle étroit.
Ainsi, on reproche par exemple à des citoyens de refuser d’assumer leur responsabilité citoyenne en refusant de cautionner des simulacres de scrutins, de manquer de civisme, de faire preuve de désinvolture face leur environnement, d’indiscipline sur la route, sans pour autant leur n’accorder ni leur garantir les conditions nécessaires à l’exercice de leur liberté.
Cette situation met en lumière un paradoxe structurel dans la relation entre gouvernants et gouvernés : comment oser exiger une conduite responsable lorsque les moyens d’agir en conscience sont drastiquement entravés dans le but de d’accaparer le pouvoir indument, sans légitimité populaire ? Cette dissonance entre les attentes et la réalité tend à concevoir la responsabilité comme un fardeau, plutôt que comme un engagement librement consenti.
L’absence de libertés, synonyme d’enfermement politique et d’embrigadement idéologique, transforme radicalement le rapport entre le pouvoir et ceux qui lui sont assujettis. En démocratie, le citoyen est à la fois libre et responsable : il inspire confiance aux dirigeants, car il est en mesure d’exercer son libre arbitre dans le respect des règles communes. À l’inverse, dans un régime autoritaire, il n’est ni libre, ni responsable.
Considéré comme immature, il est réduit à un simple exécutant, privé de toute véritable capacité de choix et de discernement.
Par la contrainte, le pouvoir l’enferme dans une posture de soumission, de laquelle découle une attitude à la fois hypocrite et pernicieuse : la docilité feinte pour avoir été imposée masque une duplicité insidieuse, car l’obéissance ne découle plus d’une adhésion sincère, mais d’une contrainte.
La tentation de la transgression est latente ; elle se manifeste dès que le contrôle s’éclipse. Cette duplicité et cette hypocrisie sont les symptômes d’un système qui nie la dignité humaine en refusant aux individus la possibilité de s’engager librement et de manière authentique.
Dans ces régimes autoritaires, l’autorité repose sur la coercition. Cette coercition doit donc être omniprésente et sans cesse renforcée. Elle est sollicitée sans répit face aux stratégies de contournement développées par les individus.
Pour échapper au carcan du système imposé, ces derniers sont en effet enclins à tricher dès le moment où ils jugent qu’il est possible de déjouer la vigilance de l’autorité. Aussi, dans une fuite en avant permanente, les institutions répressives exigent toujours plus de moyens, de personnel et de dispositifs de surveillance.
L’État, pour préserver son emprise, se voit ainsi contraint d’imposer toujours plus de verrouillages, en révisant son cadre juridique dans le sens d’un raidissement, de multiplier les organes de coercition, d’en créer de nouveaux, et de les détourner de leur vocation pour les dédier à la répression.
Cette escalade répressive illustre la fragilité des régimes autoritaires, incapables de s’appuyer sur le consentement libre des citoyens et donc condamnés à user de la force pour se maintenir.
Pire encore, ce processus amène « l’État profond » à opérer des incursions dans le processus décisionnel et à s’arroger des pouvoirs considérables, allant jusqu’à s’imposer en entité autonome supplantant le pouvoir politique.
En somme, un pouvoir qui se prive du consentement éclairé de ses administrés se retrouve obligé de pallier l’absence d’une adhésion volontaire par une emprise croissante, au prix d’une tension permanente entre l’appareil répressif et la population.
À l’inverse, une société fondée sur la liberté et la responsabilité favorise une relation de confiance entre gouvernants et gouvernés, où l’autorité ne s’exerce plus par la contrainte mais par l’adhésion aux principes de justice et de bien commun.
Ce n’est qu’en garantissant aux citoyens la possibilité d’agir en conscience et en autonomie que l’on peut espérer une société véritablement responsable et harmonieuse. Une société harmonieuse, où chaque citoyen est à la fois acteur et garant du bien-être commun, repose sur un équilibre judicieux entre liberté individuelle et responsabilité collective.
En conclusion, la liberté et la responsabilité sont les deux faces d’une même médaille, indissociables et interdépendantes. Les dissocier conduit, inévitablement, soit à l’anarchie, soit à l’oppression. Il est donc essentiel que chaque individu puisse exercer pleinement sa liberté tout en assumant les conséquences de ses choix.
C’est cet équilibre qui garantit la stabilité d’un pays et c’est en lui que réside la clé d’une société juste et respectueuse de la dignité humaine.
Hamid Ouazar, ancien député de l’opposition
La liberté et la responsabilité sont effet indissociables.
On peut objecter néanmoins que ces concepts ne peuvent s’exercer en dehors d’une société. On est libre et responsable au sein d’une société d’individus qui partagent les mêmes droits et obligations.
UN PEU D’HISTOIRE
Dans le cas de l’Algérie, un certain consensus a existé pour mettre fin au régime colonial. Après la guerre, il y eu le ´sept ans ça suffit’ (sev3 snin barakat). En d’autre termes, comme au 19 siècle, les gens se sont dits ´ils ont gagné et, ne pouvant plus nous défendre car déjà épuisés, attendons des jours meilleurs’.
On en est à ce point. Peut-on faire société dans ce contexte, appeler ça un consensus social ?
ÉCONOMIE
Que ce soit par le passé ou au cours de l’époque moderne et contemporaine, la démocratie, libre arbitre et responsabilité, ont toujours été conditionnés par la diversité des acteurs économiques. C’est cette diversité qui impose la gouvernance par des conseils, des parlements, par la démocratie en résumé; pas l’inverse.
Si, en Kabylie, des conseils ont existé depuis des siècles, c’est parce que la priorité terrienne est morcelée entre autant de familles qu’il y a dans la cité. Dans un tel contexte, il est impossible que la féodalité ou la royauté s’installent. En remontant encore plus loins, au 5e siècle grec, le rôle de l’individu – libre et responsable et non plus la famille – n’a été reconnu qu’au moment où une large classe de commerçants, d’artisans et autres de professions a pris de l’ampleur et éclipsé le rôle des propriétaires terriens, traditionnels détenteurs de l’autorité dans la cire.
L’Algérie a hypothéqué cette option après l’essor des hydrocarbures. Elle a même pris le chemin inverse de celui qui mène à la responsabilité et au libre arbitre. La dictature issue de ´Sev3 snin barakat’, au lieu d’évoluer par la force des choses, par l’économie, vers le consensus s’est trouvée au contraire confortée.
La concentration des sources de richesse dans un secteur donné n’est pas propre à l’Algérie. C’est le cas des féodalités du Golf qui brillent par leurs grattes ciels et leurs voitures rutilantes mais où personne n’a vraiment envie d’y vivre.
Après, évidemment, un pouvoir comme celui de l’Algérie a toujours tendance a compenser l’absence de consensus pour faire société. Il n’a pas à réinventer la roue; la brutalité et l’abrutissement font bien l’affaire. Sur le plan économique, il a toujours intérêt à accentuer la concentration de l’ économie quitte à détruire des secteurs entiers. Il renforce ainsi l’assise matérielle du pouvoir tout en réduisant les moyens de la société de s’exprimer. Ça lui permet de décréter qui doit bénéficier de quoi, à sa guise, au mépris des règles les plus élémentaires du travail et du mérite. Le pétrole et le gaz y pourvoient.
Un tel pouvoir a aussi intérêt à ramener le niveau de conscience des peuples et des individus et leurs possibilités d’exercer leurs libre arbitre au niveau du néant.
Au passage, quoi de mieux pour un tel pouvoir que de détruire toutes formes de solidarité qui ne seraient pas décrétées par lui. Et comme il faut bien faire semblant, amuser un peu, en lieu et place de la vitalité de la société quoi de mieux que l’islamisme, le foot pour tenir en laisse les peuples devenus masses. Quoi de mieux que l’éventail de l’ennemi partout et à tous les coups et, s’il n’existe pas, il faudrait tout simplement l’inventer.
on ne construit pas un pays avec une religion à la place d’une civilisation/culture et comme langue étrangère l’Arabe à la place de la langue maternelle pour transmettre des valeurs ancestrales…Un arbre ne peut pas grandir sans ces racines, au mieux ça donne de la mauvaise herbe
Thajmaath est une assemblée citoyenne à l’avant garde de la vraie démocratie pour une société paisible et harmonieuse qui remplace les gouvernements politiques corrompus et dirigistes……Attention dans thajmaath on commence par jmaaliman= au nom de toutes les croyances pour n’exclure personne donc pas de religion, juste du bon sens. Encadrée par des sages, la parole est libre dans le respect de chacun où la conduite de chaque citoyen dans la société doit être exemplaire. Il n’y avait de tribunal ni de flic, juste des citoyens libres mais responsable non seulement personnelle mais aussi collective ( en Kabylie, quand j’étais enfant il suffit qu’ne personne âgée quand connait pour lui témoigner du respect par Da et donc on fait de telle sorte à ne pas faire de bêtise, si non ils nous rappellent à l’ordre comme des parents), une société où chacun fait attention à l’autre. C’est une honte pour un Kabyle citoyen dans sa société authentique que de commettre des délits, dont certains valent un bannissement (rejetés par toute la population, y compris par leur familles). Les parents encourage la droiture, la responsabilité, la connaissance car le poète, le savant est écouté, admiré.
Tajmaath a surtout pour rôle aussi de veiller à tout instant aux besoins de tous les citoyens qui nécessitent une aide par des actions d’entraides comme la Touiza ou autre.
Chaque peuple a son identité, la civilisation Berbère avait sa propre culture acquise sur des milliers d’années pour savoir comment s’autogérer individuellement et collectivement , comme celle de l’occident qui avait débouché sur la démocratie qu’on ne peut exporter, à moins d’une mauvaise copie.
Chaque civilisation a son histoire, mais malheureusement la notre qui a fait la grandeur de l’Afrique du nord à une époque, on a tendance à l’oublier voir pire la nier.