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Camus m’avait raconté des balivernes 

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En ces premiers jours de l’année, une des réflexions d’Albert Camus est venue à mon esprit. Pour lui, sans être capable de reproduire mot à mot la citation, « ce qui compte n’est pas la réalisation d’un vœu mais la capacité d’en refaire ».

Les vœux réciproques de bonheur et de chance pour la nouvelle année ne se sont pas taris, avant et après minuit de la fin d’année et se poursuivront pendant quelques jours. Dès le premier de l’an, je me suis rendu  compte qu’il y avait une personne à laquelle je ne les avais pas souhaités, c’est à moi-même.

Car pour le début d’une année de chance, je pouvais espérer mieux. Il n’y a pas plus parlant que des exemples de la vie courante, ceux que je vais présenter se sont réellement passés avec la nouvelle année qui m’accueillait. J’ai tenu à vous en faire part, l’écriture modère les humeurs.

Plus de lait dans le frigidaire et les magasins ont cette curieuse habitude de fermer ce jour-là. Vous rendez-vous compte, être obligé de me passer du café au lait pour me retourner vers le café noir (j’ai l’excentricité de le boire uniquement à l’extérieur, dans les cafés). Je n’ai rien fait de mal dans ma vie pour être soumis à cette condamnation.

Puis ensuite, comme tous les matins, direction l’ordinateur pour rédiger une chronique lorsque l’inspiration est immédiate. Et voilà que mon ordinateur se bloque au démarrage. J’ai dit à la nouvelle année que c’était bien suffisant comme cela, j’avais entendu ses vœux mais qu’il fallait maintenant arrêter de me souhaiter toutes les chances. Il était 9 h du matin, j’en avais déjà fait le plein.

Mais le bonheur qui tape à votre porte est insistant. Une rapide lecture du relevé bancaire numérique m’apporte une autre carte de vœu, un plaisantin avait retiré en Hongrie 19 euros avec les références de ma carte bancaire. Pour lui, les souhaits de chance pour la nouvelle année ont bien été exaucés. Et si l’information m’en avait été transmise sur la nature de sa dépense et que ce soit pour acheter du lait, je l’aurais poursuivi jusqu’au bout du monde pour l’étrangler.

Et cela ne s’est pas arrêté de toute la journée. Il parait évident qu’Albert Camus n’a jamais goûté au café au lait, ne connaissait ni le prix d’un ordinateur neuf, ni la valeur des fichiers perdus et encore moins ce qu’est un compte bancaire piraté. Et je lui fais grâce de toutes les déconvenues de la journée, il est bien connu que le grand écrivain avait un esprit déjà assez torturé pour que je lui en rajoute. 

Comme pour la météo, Henri Bergson fait la distinction entre le temps mesurable, dont celui de la fin de l’année, et le temps ressenti. Bergson nous dit que la nouvelle année permet de mettre des limites artificielles de la durée du temps afin d’avoir l’illusion de maitriser nos vies. 

L’affirmation d’une illusion persiste chez Spinoza (si pour les deux premiers exemples, c’est de connaissance que je les cite, il m’a fallu une rapide recherche sur l’illusion pour en trouver un autre).  « Les résolutions sont souvent une illusion de liberté. Nous sommes déterminés par nos désirs, pas par un changement de date ».

Camus m’avait donc raconté des balivernes puisque, selon lui, ce qui compte est la capacité de réitérer les vœux plus que leur réalisation.

Je me rends compte finalement que j’avais oublié de me souhaiter une bonne chance pour la nouvelle année car je n’avais pas besoin de les renouveler. Ma chance est tous les matins des nouvelles années.

Cette chance est qu’elle se réveille à mes côtés et la certitude que nous parcourions une nouvelle année, ensemble. Pas besoin d’en évoquer d’autres en souhaits. Pas de lait dans le frigo, un ordinateur qui bloque ou un piratage du compte bancaire, est-ce plus important que cette chance qui dure depuis 39 ans ?

Boumediene Sid Lakhdar

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