2 octobre 2022
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Algérie : Riposte internationale interpelle Mme Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme

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Algérie : Riposte internationale interpelle Mme Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme

L’ONG Riposte internationale interpelle Mme Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, sur la détérioration encore une fois de la situation des droits de l’homme en Algérie, où le peuple (le Hirak) algérien continue à manifester pour exiger sa citoyenneté, sa dignité et à lutter pour un Etat de droit, écrit-elle.

Madame Michelle Bachelet, votre excellence,

Le 18 février dernier le pouvoir militaire algérien, sous couvert de sa façade civile, le chef de l’État désigné M. Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé des mesures « de grâce » en faveur d’une trentaine de détenus d’opinion qui pouvaient laisser penser que cela était le prélude à un climat d’apaisement pouvant ouvrir la voie à un dénouement de la crise politique en Algérie.

Votre Excellence,

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Il faudrait tout d’abord préciser que pour les détenus d’opinion n’ayant pas encore été jugés, il ne s’agissait que d’une liberté provisoire, ce qui ne les met nullement à l’abri d’un emprisonnement ultérieur. Aussi cette mesure ne touche pas l’ensemble des détenus d’opinion et certains demeurent à ce jour en prison.

Votre Excellence,

Ceci démontre cette dictature militaire érige le délit d’opinion en « épée de Damoclès » qui continue à peser sur les citoyens. C’est pour quoi les imposantes marches populaires, suspendues pour cause de pandémie, ont repris en masse sans pour autant changer la nature des revendications des manifestants, à savoir le départ de la junte au pouvoir et l’instauration d’une véritable démocratie, ce qui bien sûr n’est pas du goût des dirigeants qui multiplient les enlèvements, arrestations, et emprisonnements arbitraires. En fait, ils reprennent d’une main ce qu’ils ont donné de l’autre.

Votre Excellence,

Bien plus grave encore, la répression policière s’abat sur les manifestants sans distinction d’âge ni de sexe et les nombreuses vidéos qui circulent attestent de la brutalité de la répression dont usent les services de sécurité qui n’ont pas hésité à recourir à la torture et aux violences sexuelles de certains détenus dans les locaux du centre Antar de Ben Aknoun sur les hauteurs d’Alger.

Il va sans dire également que le pouvoir tente à chaque fois d’empêcher les marches par un verrouillage systématique des villes et par des intimidations à outrance. À cette répression qui viole le droit humain le plus élémentaire, à savoir celui de manifester pacifiquement et d’exprimer ses opinions politiques, se sont ajoutées des révélations récentes sur des cas avérés de traitements inhumains et dégradants y compris la torture et le viol de Walid Nekiche et Brahim Laalami, dans des centres spécialisés de la police politique et qui sont attestés par des témoignages des victimes elles-mêmes et divulguées lors des audiences dans les tribunaux.

Votre Excellence,

Même si nous savions que ces pratiques font partie depuis des dizaines d’années de l’arsenal répressif de la dictature aux commandes de notre pays, il n’en demeure pas moins que les révélations faites par les victimes de ces traitements dégradants infamants et indignes ont dévoilé au grand jour la pratique de la torture érigée comme moyen de bâillonner le citoyen et instiller en lui la peur.

Votre Excellence,

Cette dictature qui clame aux yeux de l’opinion internationale qu’elle a satisfait à l’ensemble des revendications populaires ne peut plus cacher sa face la plus hideuse, à savoir l’emploi de la torture et qui ne saurait demeurer impunie.

Votre Excellence,

Plus grave encore, le ministre de la Justice vient de présenter un projet de loi sur la déchéance de la nationalité pour tout citoyen algérien résidant à l’étranger « qui portent de graves préjudices aux intérêts de l’État ou qui portent atteinte à l’unité nationale ». En mobilisant des notions juridiques aussi vagues que dangereuses comme « atteinte à l’unité nationale, ou aux intérêts de l’État », l’on assiste à une dérive extrêmement grave du régime portant atteinte au droit à la nationalité pour faire des apatrides et qui vise à briser la mobilisation remarquable de la diaspora algérienne, en soutien au hirak. Cette escalade dans la répression et le bâillonnement des Algériens y compris ceux résidents à l’étranger révèle au grand jour les desseins d’une junte militaire qui resserre jour après jour son emprise sur notre société.

Votre Excellence,

Aussi, nous faisons appel une nouvelle fois à votre honorable institution en tant que gardienne du respect des droits humains pour interpeller avec fermeté et détermination les dirigeants de notre pays pour qu’ils cessent leur politique de répression et de diktat que nous subissons et les contraindre à ouvrir la voie à des négociations pour l’instauration d’un État de droit et des libertés en Algérie.

Nous saluons votre récente intervention à la session du Conseil des droits de l’homme, mais à l’évidence il en faut bien davantage pour faire entendre la voix de la raison et de la sagesse à cette dictature qui nous étouffe.

Votre Excellence,

Le peuple algérien qui s’exprime depuis deux années déjà avec un pacifisme exemplaire, salué à travers le monde, continue de souffrir et il est à craindre qu’il ne puisse plus supporter ces exactions et ces humiliations quotidiennes du régime, au risque d’une explosion de colère induisant un embrasement de tout le pays, voire au-delà des frontières.

Votre Excellence,

Toute personne attachée aux valeurs humaines ne peut rester indifférente à de telles violations des droits élémentaires des Algériens et l’organisme que vous présidez ne peut laisser cette situation prendre une tournure dramatique alors que nous sommes convaincus que votre engagement clair et sans réserve pour le respect des droits humains en Algérie fera sans doute reculer cette menace et contraindra le régime à reculer.

Paris le 05 mars 2021

Pour le Bureau Exécutif Riposte International

Ali Aït Djoudi, président

 




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