13 juin 2024
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AccueilA la uneAmira Bouraoui ou la citoyenneté du vivant !

Amira Bouraoui ou la citoyenneté du vivant !

Amira Bouraoui

Tebboune a beau fustiger la décision des autorités tunisiennes de laisser partir la militante et journaliste Amira Bouraoui, il ne peut infléchir le droit lorsqu’il s’agit d’une citoyenne issue d’un pays du droit.

Désormais, les millions d’euros d’aide octroyés à Kais Saied, au détriment de la famine qui gagne notre propre pays, n’auront pas suffi pour racoler le concubin tunisien. Si Tebboune mettait autant de vaillance et d’orgueil à rapatrier les oligarques mafieux et anciens ministres véreux, tous planqués en France, le monde occidental, civilisé et libre, ne trouverait pas ce simulacre d’orgueil de basse-cour ubuesque.

Il s’enfonce un peu plus dans le cambouis, Tebboune, en convoquant son ambassadeur en France, lui, qui, au su et au vu de la France qui fait et défait les hommes de pouvoir en Algérie, manque de légitimité.

D’ailleurs, ce manque de légitimité a fait de lui l’instrument d’avilissement le plus sournois du monde. Pire que la guerre que l’on déclare à son ennemi juré, plus pernicieux qu’une propagande fascisante, plus pervers qu’une démocratie de façade. C’est une dépendance à la France, irréversible et mortelle.

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Comme si que Tebboune pouvait se permettre de se fâcher avec l’autorité du pays qui détient entre ses mains sa longévité. Si la France opère à cœur ouvert, lorsqu’il s’agit de piller les richesses du pays, elle sait aussi détricoter les mêmes liens, de façon aussi subtile qu’avilissante, lorsqu’il faut rappeler à ses sujets, des anciennes colonies, que la démocratie est versatile.

De quoi et auprès de qui Tebboune pourrait-il s’offusquer ou s’indigner quand dans le pays qu’il gouverne avec une main de fer, les geôles se remplissent d’opposants aussi rapidement que les caisses de l’État se vident?  Comment peuvent-ils, lui et les généraux à la tête du pouvoir, l’ignorer, alors que la plupart d’entre eux sont des Français de papier, ne se soignent que dans des hôpitaux français, n’habitent l’Algérie que le temps d’une escale, et ne se goinfrent qu’avec du bio made in France?

Ne pas leur remettre Amira Bouraoui, c’est leur rappeler que l’amour claudiquant entre Alger et Paris est comme l’opium. Ni l’un ni l’autre ne tient sa promesse.

La militante et journaliste Amira Bouraoui a eu la vie sauve grâce à sa nationalité française qui l’élève au statut de respectabilité citoyenne et de droit humain.  C’est à ce statut de dignité et de respectabilité humaine que rêve l’écrasante majorité du peuple algérien. C’est peut-être cette condition humaine du vivant, qui nous manque jusqu’alors, pour que naisse une révolution.

Mohand Ouabdelkader

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