7 décembre 2022
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Baisse brutale des exportations du gaz algérien, selon MEES

Gaz

Dans sa livraison du 8 juillet 2022, la revue MEES qui publie hebdomadairement des analyses de pointe sur les développements pétroliers et gaziers dans la région du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord a lancé une « alerte » sur une baisse brutale (fall Sharply) des exportations du gaz algérien vers l’Europe.

Il est fort probable que le niveau de ces exportations  ne dépasserait pas celui de l’année 2020 d’ici la fin de l’année 2022. (01). Selon cette analyse, le flux de gaz de l’Algérie vers l’Europe a diminué de -18%  et celui du  Gaz naturel liquéfié (GNL) serait, selon cette revue, le plus faible depuis 15 ans.

L’analyse précise que cette chute n’a rien à voir avec la demande européenne qui « réclame » des approvisionnements plus importants face à une pénurie de gaz en provenance de la Russie. Les observateurs étrangers sont déroutés par les chiffres révélés à la réception des enlèvements qui contrarient les déclarations rassurantes faites par les responsables du secteur de l’énergie algérien et se demandent si Sonatrach pourrait se rattraper d’ici la fin de l’année 2022.

Pour plus de détails sur les deux formes de gaz, les flux du naturel qui se fait à travers les deux sorties de gazoduc, celui du Medgaz qui sort en Espagne et approvisionne ce pays ainsi que le Portugal et parfois  la France à travers les deux interconnexions des Pyrénées et le Transmed approvisionne la deuxième économie de l’Europe : l’Italie via la Tunisie.

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Les exportations par ces deux gazoducs ont chuté de  -18%  «en glissement » pour atteindre 24,7 milliards de m3 au premier semestre 2022, bien qu’à partir des niveaux records de 2021 (02). En ce qui concerne le GPL, l’analyse de MEES fait un constat alarmant sur le niveau d’exportation par shipping qui atteint le niveau le plus faible depuis 15 ans.

Ainsi, pour l’ensemble des pays : la Turquie, la France, l’Italie, l’Espagne, le Royaume Uni et les autres pays du monde, Sonatrach a exporté durant le semestre 2022 (H dans le graphe : half Year), 5,06 millions de tonnes de GPL. Juste pour un rappel pour la crédibilité de ce chiffre, il n’est pas loin de celui avancé par l’Organisation des Pays exportateurs du Pétrole (OPEP) dans son rapport de dimanche 29 mai 2022 repris par l’Agence presse service qui situe les exportations du GNL du trimestre dans la fourchette de 2,5 à 3 millions de tonnes (03).

Et pour la comparaison chiffrée en 2008, l’Algérie a exporté  durant la même période semestrielle 8,95 millions de tonnes et l’année la plus difficile dans le monde celle de 2020 on en a vendu 5,72 millions de tonnes. Pourtant, le 7 juillet dernier, le ministre de l’Energie  Mohamed Arkab avait annoncé que l’Algérie pourrait atteindre une vente de GPL de 22 millions de tonnes en 2022 (04).

D’autre part, aujourd’hui dimanche, le PDG de Sonatrach a publié un bilan dans lequel il précise que le groupe dont il est en charge « envisage d’augmenter la production globale d’ici la fin de l’année de 3 à 4% » (05) Comme toujours, le chiffre phare sur lequel s’appuie tous les responsables pour cacher l’essentiel est celui du chiffre d’affaire du même période entre 2021 et 2022.

Ainsi lit-on dans ce bilan, la recette réalisée fin mai 2022, a atteint 21,5 milliards de dollars contre 12,5 milliards de dollars durant la même période en 2021 soit une hausse de 70%. Plus attractif voire curieux, on attendrait un chiffre d’affaire de 50 milliards de dollars au lieu des 58  annoncé précédemment.

Mais aucun rapport, ni bilan ne donne cette évidence que les prix moyens du baril du pétrole ont atteint en moyenne à ce jour près de 107 dollars le point le plus  haut à 139,13 dollars le baril et celui le plus bas 77,04 dollars le baril. Ce dernier, le plus bas est moins que la moyenne annuelle de 2021 qui s’est terminé à 70,2 dollars le baril.  Cela voudra dire qu’il n’existe aucun effort intensif sinon celui de la variation de la flambée des prix qui ont favorisé cette recette. Cette inquiétude des observateurs étrangers est à prendre au sérieux au lieu de multiplier les ennemis.

Rabah Reghis

Renvois

 (01)-https://www.mees.com/

(02)-https://www.mees.com/2022/7/8/oil-gas/algeria-to-europe-gas-flows-fall-sharply-in-the-first-half-of-2022/1a54ad40-feb5-11ec-9a46-4deda0fc0651

(03)-https://www.aps.dz/economie/140384-oapec-l-algerie-un-des-pays-hautement-fiable-en-matiere-d-approvisionnement-en-gaz-de-ses-clients#:~:text=Apr%C3%A8s%20les%20%22hausses%20in%C3%A9dites%20et,la%20demande%2C%20explique%20le%20rapport.

(04)-https://www.dzairdaily.com/algerie-pourrait-vendre-22-millions-metres-cubes-gaz-2022/

(05)-https://www.ouvalalgerie.com/hakkar-des-pays-de-leurope-de-lest-veulent-le-gaz-algerien-%ef%bf%bc/?fbclid=IwAR3_xSCftjlPqK2y52zKbG7x9YMwsdgZK7XB2lzs8c2vMrIlzrLVSvMAllU

 

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